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RCF [3/5] L'étranger dans la pensée sociale de l'Église
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[3/5] L'étranger dans la pensée sociale de l'Église

Un article rédigé par Margot Maignet - RCF, le 26 juin 2024  -  Modifié le 28 juin 2024
Pour bien comprendre [3/5] Pour bien comprendre… L'étranger dans la pensée sociale de l'Église

La place des étrangers dans notre société est un sujet qui divise. Certains veulent rétablir les frontières nationales pour interdire strictement l'entrée de migrants sur le territoire quand d’autres veulent régulariser sans distinction et sans limites tous les réfugiés, demandeurs d'asile ou sans papiers. Pour le père Stalla-Bourdillon, ancien aumônier des parlementaires, ce sujet représente un enjeu politique majeur. Il comprend que cela puisse alimenter des craintes dans notre société, même chez les chrétiens. 

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Lors du vote de la loi Asile et Immigration en décembre dernier, les évêques de France se sont exprimés sur le sujet, appelant à “résister à la tentation de réduire les questions migratoires à des enjeux sécuritaires, de terrorisme ou de délinquance”. Le père Stalla-Bourdillon apporte l’éclairage de la doctrine social de l’Église sur notre rapport à l'autre. Il cultive “la conviction très profonde que se trouve en tout Homme, quel qu'il soit, d'où qu'il vienne, quelle que soit sa richesse ou sa pauvreté, une richesse inconnue : un don de Dieu qui vient à moi à travers lui”. 

Pourquoi les questions migratoires cristallisent-elles tant d'inquiétude ?

Un peuple, une population ou une nation, vit selon des principes qui la gouvernent. Ils sont imposés et réfléchis par ses membres. “Les principes et lois qui gouvernent la France n’ont pas été réinterrogés, questionnés ou expliqués depuis très longtemps” observe le théologien. C’est une perte de sens qu’il dénonce : “alors, on les vit, on les critique, on s'en affranchit, et puis on finit par être, par l'effet de la mondialisation, confrontés à la proximité d’autres modes culturels, différents et qui finissent par devenir visibles et s'imposer”. Cela peut générer de la crainte quand cette culture qui nous est inconnue n’est pas “rencontrée ou expliquée”.  Et cette peur conduit bien souvent à la violence : “et donc à la volonté de répondre de façon immédiate, et un peu simpliste”.

Se mettre à l'écoute du pape et des évêques 

Les évêques ont appelé à garder en mémoire les situations d'accueil et d'intégration réussies qui ont enrichi notre pays depuis de nombreuses années. Le pape François a fait de l'accueil des migrants un des thèmes principaux de son pontificat, en multipliant les gestes forts. Il a choisi d'aller, lors de son premier voyage comme pape, à Lampedusa, lieu symbolique de la traversée de la Méditerranée. Il a eu ces mots lors de sa visite à Marseille au mois de septembre dernier. “Ceux qui se réfugient chez nous ne doivent pas être considérés comme un fardeau à porter. Si nous les considérons comme des frères, ils nous apparaîtront surtout comme des dons. Le père Stalla-Bourdillon soutient le pape dans sa démarche “sa responsabilité est d'encourager les chrétiens à toujours voir dans le migrant la dignité inaliénable d'un enfant de Dieu, d'une créature qui porte en elle l'empreinte de son créateur”. 

Les principes que le pape évoque ressortent, à mon sens, de l'exigence absolue de ne jamais perdre notre humanité. Nous perdons notre humanité lorsque nous cessons de voir l'humanité de l'Homme qui vient à nous.

Éduquer la société au sujet de la migration.

Pour le père Stalla-Bourdillon l’objectif est simple : on accueille autant qu'on peut, on accueille de tout son cœur et avec les moyens qu'on a”. Les élections législatives nécessitent de faire appel à “l'intelligence des peuples” assure le théologien. Il s’inquiète du fonctionnement du système électoral français : “on invite les citoyens à voter sans les inviter avant à réfléchir correctement ou à se demander ensemble ce qui est en jeu”. Il considère que le mode opératoire est à repenser, pour la survie de la démocratie : “notre démocratie est faible parce qu'on utilise le droit de vote dans des consciences qui n'ont pas été suffisamment préparées et travaillées. Dans la perspective des élections de dimanche 30 juin, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Eric de Moulin-Beaufort, a appelé à un sursaut d'humanité face au fait des migrations : “nous pouvons en France encore recevoir comme des frères et sœurs en humanité celles et ceux qui viennent chez nous dans l'espoir d'une vie meilleure”.

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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