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Pour Bertrand Mazas (OCH), "on ne triche pas avec le handicap"
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Pour Bertrand Mazas (OCH), "on ne triche pas avec le handicap"

RCF,  -  Modifié le 8 juin 2018
Samedi 9 juin se tiendra la première nuit du handicap, une nuit de fête pour les personnes handicapées. Un bel événement dont RCF est partenaire.

Sortir les personnes handicapées de l'isolement

Cette nuit est avant tout l’occasion de permettre la rencontre entre personnes handicapées et personnes valides, de faire la fête ensemble. "Ce qui est au cœur de notre souhait, ce sont les personnes fragiles qui ont un handicap qui nous invitent à faire la fête. Ce sont eux qui viennent nous montrer leurs talents, leurs richesses, leur enthousiasme, leur joie de vivre" lance ​Bertrand Mazas, coordinateur de cette première nuit du handicap, membre de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH), ajoutant que ce genre de soirée est conçue pour faire tomber les préjugés et les idées reçues.

Beaucoup de personnes n’ont pas dans leur entourage de personnes handicapées, et peuvent être effrayées par ces malades. L’enjeu aujourd’hui, pour Bertrand Mazas, est de dépasser ces appréhensions. "Le handicap fait peur, c’est très lourd à porter. C’est une réalité au quotidien qui est pour les personnes, pour leur entourage, quelque chose de terrible. Il isole et il marginalise. C’est intéressant de se retrouver pour un moment de fête, pour sortir de l’isolement, dans un lieu public. On ne veut pas cacher le handicap, mais on veut aller à la rencontre des gens. Il faut créer des espaces de rencontre" ajoute Bertrand Mazas.
 

Un handicap bien souvent invisible

Reprenant les mots du pape François sur la culture de la rencontre, le coordinateur de la Nuit du Handicap explique qu’il faut créer une culture de la rencontre "parce que le handicap ça isole, ça marginalise, ça fragilise. Il y a en France plusieurs millions de personnes qui sont touchées par un handicap, et il y en a 80 % dont le handicap est invisible. C’est très dur à vivre. Il faut non seulement que les gens puissent se retrouver et puis que les personnes qui ont cette fragilité sortent de l’isolement".

Quand on est face à quelqu’un de si différent, il n’est pas forcément aisé de faire le premier pas. Pour Bertrand Mazas, la rencontre est très simple. "Il faut se laisser faire. Il faut ouvrir son cœur. Ne pas avoir d’a priori. Le handicap est une différence terrible, mais il y a plein de différences entre nous. Il faut accepter de se laisser toucher. C’est un travail sur soi-même. On est dans une relation d’homme à homme, pas dans une relation de système. Mais c’est une relation qui nous bouleverse » lance-t-il encore. « La personne fragile a une transparence, une vérité. Elle ne triche pas. On a en face de nous des gens qui sont pleinement humains. Ils sont l’incarnation de l’humanité" précise Bertrand Mazas.
 

Des personnes libérées de la "tyrannie de la performance"

Cette Nuit du Handicap, qui se déroule dans toute la France, se déroulera donc sur les places, pour être visible, et pour remettre les personnes handicapées au cœur et au centre de nos cités. C’est donc aussi un événement politique. "Le handicap est quelque chose d’extrêmement lourd à porter, et la solidarité au sein d’une société fait que nous devons nous préoccuper de ceux qui ont des difficultés. C’est une réalité" ajoute Bertrand Mazas qui réfute l’idée qu’il s’agisse d’un événement politique.

Pour ce dernier, "les personnes handicapées ont une capacité à créer de la relation. Elles sont libérées de la tyrannie de la performance, de la normalité, de la performance. Elles ont un talent fou pour vous sortir de là. Pour elles, la vie est simple, alors qu’en fait elle est tellement compliquée au jour le jour".

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