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Pollution microplastiques : Pour Fabrice Amedeo la situation est «délicate mais pas désespérée»
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Pollution microplastiques : Pour Fabrice Amedeo la situation est «délicate mais pas désespérée»

Un article rédigé par Claire le Parc - RCF Sud Bretagne,  -  Modifié le 29 septembre 2021
3 questions à (Sud Bretagne) Fabrice Amedeo :" La situation est délicate mais pas désespérée"

Le skipper Fabrice Amedeo vient d'achever son tour de France «Ocean Calling». Objectif : mesurer la pollution microplastiques le long de nos côtes.


 

Le skipper Fabrice Amedeo ©fabriceamedeo Le skipper Fabrice Amedeo ©fabriceamedeo

               Il est de retour dans le Morbihan... Le skipper Fabrice Amedeo vient de terminer un tour de France un peu particulier. Son objectif : mesurer les niveaux de pollution aux microplastiques le long de nos côtes. Une façon pour le navigateur d'aller au-delà du défi sportif. «D’habitude, ce sont les scientifiques qui s’adaptent à mes contraintes liées à la performance du bateau. Là, je vais mettre mon bateau à disposition avec un protocole beaucoup plus contraignant à bord pour réaliser les prélèvements», confiait Fabrice Amedeo avant le lancement du projet océanographique Ocean Calling. Ce qui a notamment séduit les scientifiques de l’Ifremer, de l’université de Bordeaux et de l’IRD : la possibilité de réaliser des mesures à 1,5 milles des côtes et à une vitesse réduite.

 

Malgré un départ contrarié, suite à un incident survenu à bord de son Imoca Nexans – Art et Fenêtres, le marin a finalement quitté Dunkerque le 27 juin, à bord d’une plus petite unité de 32 pieds. Un navire moins exigeant, qui a permis d'embarquer un filet Manta de 300 microns pour réaliser des mesures en surface. Des prélèvements qui viennent compléter ceux, plus en profondeur du capteur océanographique.
 

Des constats inquiétants pour le navigateur français

 

Le tour de France achevé, tous les prélèvements réalisés viennent d'être envoyés dans les laboratoires scientifiques qui suivent le projet.«Nous devrions avoir les résultats dans quelques semaines ou quelques mois», annonce Fabrice Amedeo. Difficile donc pour le navigateur de dresser un bilan. Mais les constats sont là : «J'ai observé des choses sur l'eau. Quand on est en Manche et en Atlantique on voit assez peu de déchets… Ce qui n'est pas le cas dans la Méditerranée.» Un constat appuyé par le processus de prélèvements. «Le protocole scientifique prévoyait de s'arrêter 3h à l'embouchure des fleuves et de changer les filtres toutes les heures, raconte le skipper. A l'embouchure de la Loire et de la Garonne j'ai fais trois fois 50 minutes, donc j'étais proche du protocole. En revanche, à l'embouchure du Rhône il ne fallait que 12 minutes pour que les filtres s'obstruent de microplastiques. Ce qui veut dire, a priori, que la Méditerranée est très très polluée. Je pense que les données scientifiques vont aller dans ce sens et seront assez dramatiques.»

 

Une observation qui n'a pas étonné Fabrice Amedeo : «C'est une mer fermée soumise a une très forte pression anthropique. Les scientifiques m'avaient prévenu qu'on pouvait s'attendre à une concentration de microplastiques en Méditerranée 100 fois supérieure à celle de l'Atlantique et de la Manche.» Réponse donc dans quelques semaines....

 

« La situation est délicate mais pas désespérée » - Fabrice Amedeo

 

Une fois les résultats communiqués, une campagne de sensibilisation sera lancée, notamment à destination des écoles. «80 % des pollutions en mer et dans les océans viennent de la terre, rappelle le skipper. En changeant nos habitudes et nos comportements nous pourrons sauver les océans. La situation est délicate mais pas désespérée.»

 

En attendant, Fabrice Amedeo poursuit son engagement. Prochaine étape : la publication, courant septembre, des prélèvements réalisés au cours de l'édition 2020 du Vendée Globe. Le navigateur prendra ensuite le départ de la Transat Jaques-Vabre, en novembre. «Cette année, on ne va pas arriver au Brésil mais en Martinique et on va traverser la zone de concentration des microplastiques en Atlantique Nord qui intéresse beaucoup les scientifiques», explique le marin. L'occasion, une fois de plus, d'associer, compétition et exploration scientifique.

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©Pixabay
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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