Polémique autour d'un mariage de milliardaires chinois au Mont-Saint-Michel
Comment un couple de milliardaires chinois a-t-il pu célébrer son union dans l'abbatiale du Mont-Saint-Michel ? Dix jours après cet événement très médiatisé, le recteur du sanctuaire tient à clarifier la situation. Contrairement à ce que certains ont pu croire, il ne s'agissait pas d'un mariage religieux.
© Gilles Detot / PexelsLe 1er juin dernier, la mannequin Mingzi et l'entrepreneur milliardaire Mario O. se sont dit oui dans l'abbatiale du Mont-Saint-Michel. Après leur rencontre à Shanghai en 2017 et un mariage civil en 2019, le couple a souhaité sceller son union dans ce lieu emblématique du patrimoine français.
Un événement qui a surpris et suscité de nombreuses réactions, notamment chez les catholiques. Pour comprendre comment cette cérémonie a pu avoir lieu, Don Pierre Doat, prêtre de l'église Saint-Pierre au Mont-Saint-Michel et recteur du sanctuaire, rappelle d'abord le statut particulier de l'abbaye. « L'abbaye du Mont-Saint-Michel a été désaffectée du culte catholique au moment de la Révolution et n'a jamais été reconsacrée », explique-t-il. Propriété de l'État depuis cette période, elle n'est donc pas officiellement affectée au culte catholique comme le sont les églises relevant de la loi de 1905.
Un lieu religieux au statut très particulier
L'abbaye appartient aujourd'hui à l'État à travers le Centre des monuments nationaux. Dans les années 1960, une convention a toutefois été conclue avec le diocèse de Coutances afin de permettre le retour d'une présence monastique et l'organisation de célébrations liturgiques.
Selon Don Pierre Doat, cette situation fait du Mont-Saint-Michel une exception en France. « Le Mont-Saint-Michel est le seul de ces grands sites devenus biens nationaux à conserver une présence monastique et une vie liturgique quasi quotidienne ». Le recteur précise que la cérémonie organisée dans l'abbatiale relève d'une décision du Centre des monuments nationaux. « Ils organisent des concerts, des expositions. Là, ils ont accepté la privatisation du monument pendant une journée. Nous n'avons pas été consultés, seulement informés », souligne-t-il.
« Il ne s'agit pas d'un mariage religieux »
Décorée de milliers de fleurs, la cérémonie a parfois été présentée comme un mariage célébré au Mont-Saint-Michel. Une interprétation que dément fermement Don Pierre Doat. « Il ne s'agit pas d'un mariage religieux. Ces personnes étaient déjà mariées civilement depuis plusieurs années dans leur pays », rappelle-t-il. Le couple a simplement choisi de privatiser l'abbaye afin d'y réunir ses proches.
De notre point de vue de catholiques, on ne peut pas considérer que cette cérémonie soit un mariage
Le recteur souligne également qu'une abbaye n'est traditionnellement pas un lieu destiné à accueillir les mariages. « Il n'y a jamais eu de mariage à l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Le droit de l'Église ne prévoit pas ce type de célébration dans une abbaye », déclare-t-il. « De notre point de vue de catholiques, on ne peut pas considérer que cette cérémonie soit un mariage », conclut-il.


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