Pierre Jacquand | "Je suis content d'être parmi nous"
« Je suis content d’être parmi nous ! » Cette parole manifeste la joie ardente de faire partie d’un collectif. Elle parle aussi de la réalité du besoin existentiel d’appartenir à une communauté.
Pierre Jacquand ® DR« Je suis content d’être parmi nous ! » Cette belle phrase a été prononcée par Pauline, membre de la communauté de l’Arche à Lyon. Mais laissez-mois vous raconter une histoire qui s’est passée à L’Arche à Bouaké en Côte d’Ivoire. Il y a quelques années ce pays a sombré dans la guerre civile, dans une violence extrême, dans un chaos invraisemblable.
Urgence en Côte d'Ivoire
La communauté de L'Arche devait fuir dans l'urgence, quitter Bouaké le plus rapidement possible, sans attendre. Contre toute attente tous les membres de la communauté ont choisi d'attendre. Le temps nécessaire pour se rassembler, se réunir, reconstituer la communauté, faire communauté comme on dit. Quand tout le monde était là, les personnes accueillies, les assistants, le responsable de communauté, les administrateurs, ils ont quitté Bouaké. Pas chacun de son côté mais ensemble.
Quelle beauté ! Quel signe ! Cette communauté, cette famille unie dans le chaos.
A cet instant précis, chaque membre aurait pu dire comme Pauline ce matin :
« Je suis content d’être parmi nous ! »
L'importance d'une telle phrase
Je crois que dans une communauté, de L’Arche à Bouaké ou ailleurs, chaque personne est reliée à une infinité d’autres personnes. Toute sa vie prend sens dans les relations : « nous sommes reliées, donc je suis » pourrait-on dire.
Et là nous approchons la vision de la personne humaine portée par L’Arche comme par beaucoup de vos auditeurs j’en suis sûr. L’être humain n’est pas un individu mais une personne. Cela change tout. Cela paraît peu de chose, mais pourtant c’est là que se joue le grand clivage : à l’individu supposé maître de son corps et de son existence, depuis le début de la vie jusqu’à la mort, confiant dans ses seules performances et liant son bonheur à l’accumulation de richesse, s’oppose la personne.
La personne telle que nous la voyons à L’Arche, est reliée à ses semblables. Elle déploie sa liberté dans l’interdépendance. Elle assume ses compétences comme ses fragilités. Et surtout elle s’épanouit dans une communauté fondée sur la confiance. Et ainsi avec Pauline et tous les autres nous pouvons dire : « Je suis content d’être parmi nous ».


Depuis plus de 60 ans, L’Arche rassemble sous le même toit des personnes avec et sans handicap intellectuel qui choisissent de vivre, travailler et grandir ensemble.
Les communautés de L’Arche, présente dans 37 pays, partagent une vision commune « En révélant la valeur unique de chaque personne, les relations mutuelles entre les personnes avec et sans handicap intellectuel nous transforment. Cette expérience révèle au monde que chacun d’entre nous y a une place. » Extrait de La Charte des Communautés de L’Arche
En 2026, L’Arche en France, ce sont 40 communautés, 2000 personnes avec handicap mental, 1400 salariés et plus de 1000 bénévoles. Plus d’information sur www.arche-france.org




