Pierre Chalard : « Nous avons la joie d’accueillir de plus en plus d’enfants d’hospitaliers »
Du 3 au 8 août, le diocèse de Clermont vivra son pèlerinage annuel à Lourdes, présidé par l’archevêque Mgr Kalist. À quelques jours du départ, Pierre Chalard, président de l’Hospitalité Clermont-Auvergne, revient sur l’esprit de ce rendez-vous, son organisation et l’engagement des hospitaliers, qui sont cette année 225 à prendre le grand départ.
Pierre Chalard préside depuis décembre 2020 l'Hospitalité Clermont-Auvergne © RCFRCF : Cette année encore, plusieurs centaines de pèlerins du diocèse de Clermont, accompagnés par l’Hospitalité Clermont-Auvergne et la Pastorale du handicap, vont vivre une semaine forte à Lourdes. Depuis 1921, l’Hospitalité accompagne ce pèlerinage…et vous ?
Pierre Chalard : Cette année sera mon 37e pèlerinage comme hospitalier. Cela représente beaucoup de souvenirs, mais aussi un profond ancrage dans une tradition. L’Auvergne est une terre mariale. Très tôt, l’appel de Lourdes a trouvé un écho chez les Auvergnats : venir à Lourdes pour rencontrer le Christ et se convertir à lui, comme l’a demandé la Vierge Marie à Bernadette. Depuis 1921, l’Hospitalité accompagne les pèlerins qui ne pourraient pas vivre ce pèlerinage seuls, même si le lien entre les Auvergnats et Lourdes est encore plus ancien.
L’Hospitalité, ce sont des moments d’entraide, de fraternité et de convivialité. Comment les décririez-vous ?
Un pèlerinage, c’est d’abord quitter son quotidien, ses habitudes, sa routine. En laissant derrière soi cette "carapace" du quotidien, on devient plus disponible pour les autres. Cela favorise naturellement les rencontres, les échanges, les moments de partage avec les pèlerins accompagnés, mais aussi entre hospitaliers, pendant le service comme dans les moments de détente.
Nous faisons l'expérience de la présence du Christ dans nos frères
Vous revenez chaque année à Lourdes, comme beaucoup d’hospitaliers. Qu’est-ce qui explique cet attachement ?
J’ai l’habitude de dire qu’il existe autant de raisons de venir à Lourdes qu’il y a d’hospitaliers. En revanche, il n’y a qu’une seule raison d’y revenir : à Lourdes, dans l’entraide, les sourires, la fraternité, les émotions partagées, nous faisons l’expérience de la présence du Christ dans nos frères. C’est cela qui nous appelle à revenir. Lourdes est un lieu d’espérance, et le thème de cette année, centré sur la Visitation – « Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » –, nous le rappelle.
Beaucoup de jeunes vous ont rejoints ces dernières années ?
Les jeunes ont toujours eu leur place dans l’Hospitalité. On peut devenir hospitalier à partir de 16 ans. Mais nous avons aussi la joie d’accueillir de plus en plus d’enfants d’hospitaliers. Cette année, ils seront un peu plus d’une quinzaine. J’aime les appeler les "graines d’hospitaliers". Ils vivent déjà, à leur manière, cette démarche de pèlerinage. C’est une aventure intergénérationnelle : les plus jeunes côtoient les plus anciens, et nous partons tous ensemble comme une grande famille.
Les missions confiées aux bénévoles sont nombreuses et variées. Peut-on les détailler ?
Nous accompagnons des pèlerins qui nécessitent parfois des soins importants. Nous avons la chance de compter parmi nous des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes, mais la majorité des hospitaliers sont de simples bénévoles, sans formation médicale. Ils assurent l’accompagnement au quotidien : le service en chambre, les repas, les déplacements, la logistique, l’animation ou encore l’organisation des célébrations. Nous accompagnons les pèlerins du départ de Clermont jusqu’au retour, il y a donc de nombreuses missions à assurer.
Un tel pèlerinage demande une organisation considérable. Ce sont plusieurs semaines d’investissement en amont ?
Absolument, alors même que nous partons pour l’édition 2026, nous préparons déjà celle de 2027 puisque les dates sont désormais connues. L’organisation commence plus d’un an à l’avance : les inscriptions, les dossiers médicaux, les réunions, l’animation, mais aussi toute la préparation du matériel que nous stockons dans notre local diocésain. Il faut s’assurer que tout soit prêt pour le départ.
Utilisez-vous uniquement votre propre matériel ?
Non. Nous disposons de notre propre matériel, mais nous louons également sur place certains équipements, comme des fauteuils roulants ou des lève-personnes, grâce notamment à l’accueil Notre-Dame. Ce matériel représente un coût important, tout comme son entretien. C’est pourquoi nous organisons chaque année différentes actions, comme notre participation à des marchés de Noël. Elles permettent à la fois de renouveler le matériel et d’aider financièrement certains pèlerins à pouvoir partir.
Si la chaleur est importante, nous modifierons certains lieux de célébration
Combien d’hospitaliers participent au pèlerinage cette année ?
Nous serons environ 225 hospitaliers, accompagnés d’une quinzaine de jeunes de moins de 16 ans, et nous accompagnerons près de 60 pèlerins malades ou en situation de handicap.
Cet été est marqué par de fortes chaleurs. Comment comptez-vous adapter le pèlerinage à ces conditions, et le modifier au besoin ?
Il faudra faire preuve d’adaptation. Si la chaleur est importante à Lourdes, nous modifierons éventuellement certains lieux de célébration pour privilégier les espaces plus frais. Nous avons également prévu des solutions pour hydrater régulièrement les pèlerins, ainsi que des ventilateurs dans les chambres. Notre priorité est que chacun puisse vivre ce pèlerinage dans les meilleures conditions possibles.
Quels seront les grands temps forts de cette semaine à Lourdes ?
Le pèlerinage est rythmé par plusieurs rendez-vous incontournables : la messe à la Grotte, la messe internationale, la procession eucharistique et la procession mariale aux flambeaux. Ce sont des moments très attendus. Nous vivrons également des célébrations propres au diocèse de Clermont, comme la messe avec l’onction des malades, qui rassemblera tous les pèlerins du diocèse.
Et le grand départ lundi, pour quelle heure ?
Les hospitaliers se retrouveront dès 6h30 le lundi 3 août. Les premiers bus de pèlerins partiront autour de 8 heures, tandis que les bus médicalisés prendront la route vers 9 heures.


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