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Peut-on envisager un changement de régime en Iran ?

Peut-on envisager un changement de régime en Iran ?

Un article rédigé par Mélanie Niemiec - RCF, le 4 mars 2026 - Modifié le 12 mars 2026

Les affrontements s’intensifient en Iran. Pendant ce temps, la France rapatrie ses ressortissants qui le souhaitent. Selon le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, plusieurs vols Air France sont prévus dans la journée pour "faciliter leur retour dans les meilleures conditions". Didier Idjadi, sociologue, réfugié politique iranien, estime que cette situation critique peut laisser imaginer un changement de régime en Iran. 

Allocution télévisée d'Emmanuel Macron le soir du 3 mars 2026 ® Matthieu Delaty, Hans LucasAllocution télévisée d'Emmanuel Macron le soir du 3 mars 2026 ® Matthieu Delaty, Hans Lucas

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région". C’est ce que précise un communiqué publié par l’Elysée le 1er mars, avant de préciser que "des actions défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones" pourraient potentiellement être autorisées à l’avenir. Au lendemain de cette publication, Jean-Noël Barrot, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères français, a affirmé lors d’une conférence de presse que la France "se tient prête à participer" à la défense de ses alliés dans la région. Pour autant, ces déclarations ne constituent pas une entrée en guerre officielle de la France.

Changement de régime : est-ce possible ?

L'Iran traverse une crise majeure depuis fin 2025. Aux manifestations massives durement réprimées et à la crise économique s’ajoute l’opération militaire "Epic Fury" lancée par Israël et les Etats-Unis le 28 février. Cette campagne de frappes aériennes d’une précision inédite a éliminé le guide suprême Ali Khamenei. La veuve de l'ex-shah d’Iran, Farah Pahlavi, a appelé le peuple à "s'unir autour d'une transition pacifique", rappelant cependant que la mort de Khamenei ne "signifie pas automatiquement la fin du système" iranien. Pour Didier Idjadi, la situation actuelle nécessite "une réponse unifiée de l'Europe en collaboration avec les États-Unis". Il souligne le danger que représente l’actuel régime iranien non seulement pour le Moyen-Orient, mais aussi pour le monde entier, menaçant la paix et la sécurité internationale. Dans ce conflit avec l’Iran, le sociologue identifie trois objectifs. Le premier est celui du peuple iranien, voulant être "libéré d’un régime barbare". Le deuxième est celui d'Israël, qui a "toujours souhaité un changement de régime à Téhéran", précisément parce que "la république islamique d’Iran est contradictoire avec l’existence même d'Israël". Enfin, l’objectif américain est d'empêcher l’Iran d'accéder à l’arme nucléaire. Alors, même si les objectifs semblent converger et qu’un changement de régime en Iran est théoriquement possible dans le contexte actuel, il reste hautement incertain.

La crainte de représailles terroristes 

Les ramifications économiques de cette crise ne sont pas négligeables, surtout quand une partie significative du pétrole mondial (20% à 25%) transite par les zones actuellement sous tension. Face à ces circonstances, Emmanuel Macron a annoncé renforcer la vigilance en France, en particulier concernant les menaces terroristes potentielles. La France renforce sa posture défensive dans la région avec le déploiement du porte-avions Charles‑de‑Gaulle en mer Méditerranée et de la frégate Languedoc à Chypre. Le but est de protéger ses intérêts et alliés. La France se présente comme puissance de stabilisation : elle se tient prête à contribuer à la défense des pays du Golfe touchés par les ripostes iraniennes, tout en refusant, à ce stade, d’entrer dans une logique offensive de guerre ou de changement de régime imposé de l’extérieur. Le risque de propagation du conflit au territoire européen est pris au sérieux, soulignant ainsi la nécessité de mesures de sécurité accrues pour prévenir de potentielles représailles. C’est d’ailleurs pour cette raison que Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, s’est ouvertement opposé à cette guerre dans une récente allocution, affirmant que son pays "ne sera pas complice de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts".
 

L'invité de Louis Daufresne © RCF Notre Dame
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'Invité de Louis Daufresne
L'invité de Louis Daufresne © RCF Notre Dame
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