Pascale Morinière | Retour de la loi Fin de Vie à l'Assemblée
LA TRIBUNE DE PASCALE MORINIERE – Le 16 février, les débats sur la loi du « droit à l’aide à mourir » sont revenus à l’Assemblée. En janvier, le Sénat avait rejeté le texte, obligeant les députés à repartir sur la version votée en mai dernier. Des modifications ont déjà été apportées lors de son examen préalable en commission, et la suppression d’une phrase fait réagir.
Pascale Morinière © DRLe changement le plus marquant est la suppression d’une phrase : « Une souffrance psychologique ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir ». Ce qui signifie qu’avec une pathologie grave, récemment aggravée mais sans souffrance particulière, un malade pourrait être euthanasié. Par exemple, un diabète qui s’aggrave avec des signes d’artérite ou une maladie de Parkinson un peu plus invalidante, avec un patient éprouvé psychologiquement, permettraient si l’Assemblée votait le texte, qu’il ait accès à l’euthanasie ou au suicide assisté.
Des conséquences sur la recherche médicale
Je ne suis pas certaine que nous ayons pris la mesure de ce que le texte entrainerait en matière de recherche médicale. Les pays qui ont légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté ont tous vu l’arrêt des progrès en matière de soins palliatifs. Je me demande si des découvertes thérapeutiques majeures pourraient encore avoir lieu demain. Lorsqu’en 1885, Louis Pasteur sauve le petit Joseph Meister de la rage, l’aurait-il fait s’il lui avait été conseillé d’adoucir la fin de vie de l’enfant avec une « aide à mourir » ? Plus près de nous, le Pr Christian Cabrol aurait-il osé pratiquer une greffe cardiaque en 1968 ? L’équipe de l’Institut Pasteur aurait-elle découvert le virus du Sida en 1983 ? C’est bien parce qu’à chaque génération des soignants refusent la fatalité ou l’inéluctable pour leurs patients qu’ils font évoluer la médecine.
L’issue fatale, essentielle à la recherche de nouvelles solutions ?
Inéluctablement, les soignants ne seront plus autant taraudés par le désir de trouver des solutions pour leurs malades. On leur dira « obstination déraisonnable », « acharnement thérapeutique », et ils seront encouragés à baisser les bras au lieu de se battre pour la santé et la vie. La perspective de l’issue fatale a toujours été un puissant aiguillon pour trouver de nouvelles solutions afin de la repousser. Ne renonçons pas à prendre soin !


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




