Pascale Morinière | Proposition de loi sur l'aide à mourir, troisième lecture
LA TRIBUNE DE PASCALE MORINIÈRE - Est-il trop tard pour manifester contre la loi sur le « droit à l’aide à mourir » ? Cette loi est revenue ce lundi 22 juin à l’Assemblée nationale pour une troisième lecture. Mais les députés apparaissent de plus en plus divisés. Alors que nous nous trouvons à la toute fin du processus législatif, des manifestations contre l’euthanasie sont organisées cette semaine. Analyse de Pascale Morinière.
Pascale Morinière ©DRHier après-midi, la loi sur le « droit à l’aide à mourir » était de retour à l’Assemblée nationale. Alors que les débats se poursuivent entre les députés, des manifestations sont organisées cette semaine contre l’euthanasie.
Une Assemblée divisée
Il y a, d’un côté, les défenseurs du texte, qui veulent contribuer à en faire le marqueur sociétal du deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron. Et, de l’autre, les défenseurs de la vie, qui ne croient pas qu’un tel texte constituerait une simple « exception d’euthanasie » pour quelques cas isolés, mais qu’il deviendrait progressivement la norme, proposée à chacun en fin de vie.
Au milieu, de nombreux députés restent indécis, en particulier la trentaine d’anciens suppléants arrivés à l’Assemblée à la suite de l’élection de leur titulaire lors des récentes élections municipales. Plus le temps passe, plus ces indécis s’opposent au texte, parce qu’ils prennent conscience de ses conséquences pour les plus fragiles. Si la proposition de loi avait été votée par 64 % des députés juste avant la dissolution de 2024, ils n’étaient plus que 53 % à la soutenir en février dernier. Au Parlement écossais, la même évolution s’est produite, aboutissant au rejet du texte en mars dernier.
Des manifestations prévues contre l’euthanasie
Hier soir ont eu lieu des mobilisations organisées par Vita dans 53 villes françaises pour dire haut et fort que « nos mourants ne sont pas des encombrants ».
Ce soir, 23 juin, Les Éligibles et leurs aidants, c’est-à-dire l’association de toutes les personnes qui seraient, dès à présent, concernées par la proposition de loi, organisent un rassemblement aux Invalides, à Paris, à 18 h 30, pour exprimer leur refus de ce texte.
Enfin, dimanche prochain, le 28 juin à 16 h, aura lieu un grand rassemblement citoyen, soutenu par de très nombreuses associations et personnalités de tous horizons, afin de redire, une nouvelle fois, notre opposition à cette proposition de loi.
Des manifestations en toute fin du processus législatif ?
Dans Magnifica humanitas, Léon XIV rappelle que « personne n’est sans responsabilité ». Il relève aussi qu’il existe « une tentation », « celle de penser que les problèmes sont trop grands et nous trop petits ». Il ajoute qu’il s’agit « d’une forme subtile de capitulation, souvent déguisée en réalisme ». Enfin, il souligne que « la civilisation de l’amour ne naît pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fidélités faisant barrage à la déshumanisation ».
Pour toutes ces raisons, et même si l’on n’a encore rien fait jusqu’à présent, il peut être bon de se déplacer pour dire, par sa présence, que nos consciences se rebellent face à une telle évolution de la société.
« On ne peut pas passer en force »
La loi Leonetti avait été votée à l’unanimité, et la loi Claeys-Leonetti à la quasi-unanimité. Sur de tels sujets, on ne peut pas passer en force contre la conscience de très nombreux Français. Cela créerait une profonde division au sein du corps médical, des familles et, plus largement, de l’ensemble de la société.


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




