Pascale Morinière | Natalité en baisse : un tournant démographique préoccupant
L’INSEE s’apprête à annoncer les chiffres de la démographie pour l’année 2025. Sans surprise, une chute de la natalité sera annoncée et un nombre de décès identique ou supérieur à celui des naissances. Autrement dit, un solde naturel négatif.
Pascale Morinière © DRDerrière ces données se profile une question centrale : celle de l’avenir démographique du pays.
Une natalité en recul constant
Sans surprise, l’INSEE annoncera une chute de la natalité et un nombre de décès identique ou supérieur à celui des naissances, autrement dit, un solde naturel négatif. La natalité ne permettait plus depuis 1974 de renouveler les générations. Le solde naturel restait positif en raison de l’allongement de la durée de la vie. Nous nous apprêtons à franchir une étape particulièrement préoccupante puisque nous nous rapprochons d’un solde naturel négatif. L’INSEE a déjà donné les statistiques des 11 premiers mois de 2025. Sur cette période la natalité a baissé de 2,4% par rapport à 2024. Nous devrions donc avoir perdu environ 15 000 naissances d’une année à l’autre.
Des choix budgétaires au détriment des familles
Dans ce contexte, le congé supplémentaire de naissance de deux mois, entré en vigueur au 1er janvier, pourrait apparaître comme un soutien bienvenu aux familles. La mesure constitue en effet un progrès pour les parents concernés. Toutefois, son financement interroge.
Ce congé est compensé par un report de l’augmentation des allocations familiales, qui intervenait jusqu’à présent lorsque le deuxième enfant atteignait 14 ans. Désormais, cette revalorisation n’aura lieu qu’à ses 18 ans. Une logique de vases communicants qui revient à donner d’une main ce que l’on retire de l’autre. À terme, le congé de naissance devrait coûter 600 millions d’euros, tandis que l’économie réalisée atteindrait 1,3 milliard d’euros. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale se traduit donc par des économies réalisées sur le dos des familles.
Alors que la branche famille de la sécurité sociale est déjà bénéficiaire en raison de la baisse des naissances et donc des dépenses pour les familles. En 2024, le bénéfice était de 1,1 milliard en 2025 de 400 millions. Ces excédents servent à financer les retraites et la maladie. Autrement dit, nous choisissons collectivement de ne pas investir
dans la famille, c’est-à-dire dans l’avenir de notre nation, pour faire face au papy boom. C’est une politique de courte vue car sans nouvelle génération, notre modèle social de solidarité entre les générations ne pourra pas tenir. Prôner un soutien massif pour les familles n’est pas une revendication catégorielle mais c’est la condition même de notre avenir commun. Il serait temps de comprendre que nous devons investir dans les familles !


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.



