Pascale Morinière | L'échec de la réforme du complément de mode de garde
Six mois après la réforme du Complément de libre choix du mode de garde (CMG), l’Observatoire national de la petite enfance et l’UNAF dressent un bilan alarmant : 55% des familles perdent des aides, même parmi les classes moyennes et monoparentales, avec des baisses allant jusqu’à 150 € par mois. Alors que le « réarmement démographique » est invoqué, cette mesure freine les parents, modifie leurs choix professionnels et décourage la natalité en chute libre.
pascale morinière @DRUn bilan alarmant six mois après la réforme du CMG
La réforme du Complément de libre choix de mode de garde pour les enfants d’âge préscolaire a eu lieu il y a 6 mois. Dans le maquis des aides attribuées par les Caisses d’allocations familiales, il y a ce fameux CMG ou « complément de mode de garde » pour les familles qui font garder leur enfant par une assistante maternelle, c’est-à-dire une « nounou ». Le CMG vise à soutenir financièrement les parents qui font appel à une assistante maternelle pour un ou plusieurs de leurs enfants.
Le calcul du CMG a été modifié au 1er septembre dernier afin de « soutenir financièrement » les familles ayant des « besoins d’accueil importants ou des revenus modestes », et rapprocher les coûts de l’accueil individuel de ceux de l’accueil collectif. Autrement dit, il visait les parents ayant besoin de temps de garde importants, les revenus modestes et pour que le reste à charge des parents soit proche de celui qu’ils auraient dans un accueil collectif.
Un premier bilan fait à 6 mois par l’Observatoire national de la petite Enfance montre que cette réforme crée 55% de familles perdantes. Il y a une minorité de gagnants et une majorité de perdants, comme le souligne l’UNAF, l’Union nationale des Associations familiales : "la réforme devait soutenir les familles à revenus modestes : or la grande majorité de ces perdants appartient aux classes moyennes ou modestes et inclut beaucoup de familles monoparentales". Cette perte peut même aller jusqu’à 150€ par mois pour certaines familles. La réforme devait aider les familles ayant des “besoins d’accueil importants” : or elle crée des perdants pour toutes les durées d’accueil, même les plus longs.
Enfin, certains parents perdent totalement cette aide alors que le CMG était un dispositif à caractère universel jusqu’alors.
Des familles désorganisées face à un "réarmement démographique" en trompe-l’œil
Une enquête de l’UNAF auprès de près de 1800 familles montre que 12% des parents ont diminué leur nombre d’heures de garde et que 30% envisagent de le faire. Par ailleurs, 35% des parents ont dû modifier leur organisation professionnelle. Enfin, plus d’un quart des parents déclarent renoncer ou reporter l’accueil d’un autre enfant. Cette conséquence est un comble alors que la natalité est en chute libre !
En 5 mois, au moins deux mesures anti familles ont été prises : celle-ci et le décalage de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans. L’expression « réarmement démographique » est une formule martiale qui n’est qu’un leurre pour cacher l’absence de volonté politique de faire réellement face à la difficulté des Français d’accueillir le nombre d’enfants qu’ils souhaitent.
J’espère que les débats en vue de la prochaine présidentielle feront émerger ce sujet comme étant un enjeu vital pour notre pays !


Chaque mercredi à 6h46 et 17h22 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




