Pascale Morinière | La subsidiarité
LA TRIBUNE DE PASCALE MORINIÈRE - Connaissons-nous vraiment le principe de subsidiarité ? Dans sa première encyclique "Magnifica humanitas", le pape Léon XIV revient sur cette idée de la Doctrine sociale de l’Église : prendre les décisions au plus près des personnes concernées, là où la vie se vit vraiment.
Pascale Morinière ©DRLa publication de la première encyclique de Léon XIV, "Magnifica humanitas", c'est aussi l’occasion pour le pape de revenir sur la Doctrine sociale de l’Église. L’encyclique de Léon XIV commence par un long rappel des grands principes de la Doctrine sociale de l’Église, ou DSE. Pour le pape, l’enjeu de l’IA est d’abord anthropologique avant d’être technique. D’où son insistance pour redonner les principes de ce qui devrait fonder le rapport au monde de toute personne de bonne volonté. Tout d’abord la dignité de la personne humaine, principe fondateur de la DSE : la dignité de toute personne est inviolable et indépendante de son utilité ou de son état de santé. Le second principe est celui du bien commun, qui n’est pas la somme des intérêts particuliers mais un équilibre entre les droits et les devoirs qui permette le développement intégral de chacun et de chaque groupe social. Le troisième est le principe de subsidiarité qui veille à prendre les décisions au plus près des personnes concernées. Enfin, le quatrième, la solidarité, appelle au partage des biens et des responsabilités au sein de toute la famille humaine.
Un principe méconnu
Ce principe de subsidiarité est peut-être le moins connu. Il est pourtant essentiel pour l’organisation de la vie sociale. Il rappelle que les choix et les décisions doivent être pris par l’autorité la plus proche des personnes concernées. Ce principe soutient que les institutions internationales, l’État, les collectivités, ne devraient intervenir que lorsque les niveaux inférieurs ne peuvent agir seuls. C’est un principe qui protège les initiatives locales, les familles et les corps intermédiaires de la toute-puissance de l’État.
Par exemple, la restriction de l’instruction en famille, l’encadrement excessif par l’État des écoles confessionnelles, ou des normes européennes très détaillées sur l’aménagement du territoire rural vont contre le principe de subsidiarité.
Les effets du centralisme
L’échelon supérieur, l’État, l’Europe, se substituent aux parents, aux églises, aux états alors que ceux-ci sont capables et légitimes pour faire par eux-mêmes les choix qui les concernent. Cela entraîne une perte d’efficacité car les mêmes solutions ne sont pas applicables partout. Cela provoque également une diminution de la responsabilité des citoyens et un accroissement excessif du pouvoir bureaucratique central.
Par exemple, on a vu au début de l’épidémie de Covid les ARS incapables d’avoir la souplesse nécessaire pour organiser la diffusion des masques, des tests ou des consignes sanitaires. Autre exemple, les coups de frein à la politique familiale qui ne donnent plus aux familles de la classe moyenne les moyens et donc la liberté de prendre un congé parental au cours des premières années de vie de leur enfant.
La subsidiarité est à la fois une question de dynamisme du tissu social et de respect des personnes. Sans doute une idée féconde pour les prochaines élections et pour l’avenir de toute notre société !


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.



