Pascale Morinière | La fin de vie en deuxième lecture au Sénat
LA TRIBUNE DE PASCALE MORINIÈRE - Alors que le Sénat examine à nouveau le texte sur l'aide à mourir, le débat sur la fin de vie demeure particulièrement sensible. Les sénateurs s'opposent notamment sur la place des soins palliatifs et sur l'encadrement de l'euthanasie et du suicide assisté.
Pascale Morinière, médecin généraliste et présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (AFC) ©DRLa proposition de loi sur les soins palliatifs a été votée par l’Assemblée en février et, hier après-midi par le Sénat. Elle est donc définitivement adoptée. Mais ce n’est pas le cas du texte sur « Le droit à l’aide à mourir » qui est examiné en séance publique au Sénat en deuxième lecture depuis hier et jusqu’à demain. Il n’y a aucune chance que le Sénat adopte le même texte que l’Assemblée.
Les deux chambres sont particulièrement divisées puisque l’Assemblée soutient une position ultra libérale sur la fin de vie alors que le Sénat tente, lui, d’encadrer l’euthanasie et le suicide assisté en les limitant à la toute fin de vie.
Peut-on réellement encadrer ces pratiques?
Je crois que les exemples étrangers répondent de façon éloquente à cette question. Tous les pays qui les ont légalisées, la Belgique, les Pays Bas, le Canada… ont vu les critères s’élargir progressivement jusqu’à inclure les mineurs, les personnes souffrant de troubles psychiques voire de polypathologies. Aujourd’hui, 8% des décès au Québec sont dus à une euthanasie. Ce ne sont pas des exceptions mais un phénomène important et en pleine croissance. Le seul rempart solide et structurant est l’interdit de donner la mort, rempart de toute société civilisée. Le vrai progrès pour la fin de vie est le développement des soins palliatifs. À la fois un développement de l’offre et un développement de la recherche pour améliorer la prise en charge.
Que faut-il pour développer les soins palliatifs ?
Deux choses : Une volonté politique et des budgets suffisants : c’est-à-dire 100 millions d’euros supplémentaires par an comme le prévoit l’actuelle stratégie décennale. Accompagner dignement les plus fragiles est la marque d’une société vraiment humaine. Comment croire que l’euthanasie resterait une exception pour ceux qui la demandent alors que les finances publiques sont en pleine crise et que notre système de soins est en grandes difficultés ? On parle d’ultime liberté, mais qu’est-ce qu’une liberté contrainte par l’absence de ressources ?
Que serait-il utile de faire aujourd’hui ?
Aujourd’hui, il est utile d’écrire à ses sénateurs pour leur demander de ne pas voter ce texte transgressif. Nos auditeurs peuvent le faire simplement avec le site des AFC www.ensemblepourlavie.afc-france.org
Il faut remercier les sénateurs qui s’opposent et encourager les autres à rejeter la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Leur légalisation serait une honte pour notre pays. Le sondage des AFC et de la Fondapol a largement montré que les Français étaient opposés à l’idée de pouvoir organiser une méthode de suicide les uns des autres.
Aujourd’hui, nous pouvons tous agir et encourager nos élus. Quelques minutes suffisent pour cet acte citoyen.


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




