Pascale Morinière | IVG : 259 400 avortements en 2025, un record qui doit nous faire réagir
Plus d'un quart de million d'IVG en 2025, et si le vrai sujet n'était pas de repousser le délai légal à 16 semaines, mais de remonter aux causes ?
Pascale MorinièreLe nombre d'IVG pratiquées en 2025 a été communiqué ce 22 septembre 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. La France atteint un nouveau record d'avortements recensés.
Des chiffres qui interpellent
Avec 259 400 avortements, l'augmentation atteint près de 3 %. C'est un nouveau et triste record pour le pays. Ce chiffre est aussi très élevé par rapport aux autres pays. Le taux de recours français, de 17,8 IVG pour 1 000 femmes, est le plus haut parmi nos voisins européens. À titre d'exemple, l'Allemagne compte 105 000 IVG par an, alors que sa population dépasse la nôtre de 14 millions d'habitants.
16 semaines, jusqu'où ira-t-on ?
Dans ce contexte, il est incompréhensible que la feuille de route santé sexuelle 2026-2030, publiée début septembre par le ministère, envisage d'allonger encore le délai légal, pour le faire passer de 14 à 16 semaines, soit quatre mois de grossesse. Le ministère dit souhaiter l'effectivité du droit à l'IVG, qu'il juge toujours insatisfaisante.
Il s'agit d'une demande sans limite, qui revient régulièrement. Le même motif avait été invoqué il y a trois ans pour passer de 12 à 14 semaines. Il y aura toujours des femmes qui regretteront leur grossesse, quel qu'en soit le terme, et cette logique sans butoir finirait par aboutir à l'avortement jusqu'au terme. Ne vaudrait-il pas mieux travailler à prévenir les grossesses non désirées plutôt qu'à étendre sans fin le champ du drame de l'avortement ?
Mieux connaître son corps pour mieux maîtriser sa vie
Le programme EVARS, l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, n'est pas attaché à aider les jeunes à mieux se connaître eux-mêmes. L'immense majorité des Françaises méconnaît ce qui se passe durant le cycle féminin, sans parler de leurs conjoints.
L'éducation affective et sexuelle est aujourd'hui essentiellement comportementale, alors que la biologie élémentaire reste méconnue des jeunes comme des adultes. Ils ne disposent donc pas de la liberté et de l'autonomie nécessaires pour prendre en charge leur vie sexuelle de manière responsable.
Prévenir plutôt que subir
Au-delà de l'éducation, comme pour tous les problèmes de santé publique, il faut inviter à travailler sur les facteurs de risque. La première étude qui montre que la consommation de sel augmente le risque d'hypertension date de 1904, et on a dès lors encouragé à diminuer le sel. Le même travail devrait être mené pour l'avortement.
Certains facteurs sont déjà connus, comme le faible niveau socio-économique ou la déscolarisation. Les identifier précisément permettrait de prévenir, et donc de faire diminuer le nombre de grossesses non désirées.
L'avortement, une question de regard ?
Comme le disait Simone Veil, l'avortement lui-même est un drame. Pour les féministes d'aujourd'hui, le drame est de ne pas pouvoir avorter, quel qu'en soit le terme. Il reste à progresser et à s'accorder sur cette question. Plus d'un quart de million d'IVG chaque année devraient nous faire réagir !


Chaque mercredi à 6h46 et 17h22 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




