Pascale Morinière | Gai, gai, marions-nous !
LA TRIBUNE DE PASCALE MORINIERE - Avec le mois de mai, la saison des mariages reprend et confirme un regain d'intérêt pour cette forme d'union. Longtemps concurrencé par le PACS, le mariage semble retrouver une place centrale dans les choix des couples. Un retour qui interroge sur les attentes des jeunes générations et le sens donné aujourd'hui à l'engagement.
Droits image : Pascale Morinière, médecin généraliste et présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (AFC) ©DRGai, gai, marions-nous ! Le mariage est encore plébiscité par les jeunes couples alors que le PACS a maintenant un peu plus de 25 ans. Eh bien étonnamment, le mariage reprend de la vigueur alors qu’on nous annonçait qu’il serait supplanté par le PACS !
Après la période Covid, la chute des mariages et le rattrapage dans les années suivantes, nous assistons depuis 2 ans à une augmentation du nombre de mariages. Ils sont passés d’un peu plus de 224 000 en 2019 à 251 000 l’année dernière, soit une augmentation de 12% en 6 ans. Dans le même temps, les PACS sont restés très stables autour de 197 000. Nous verrons ce que réservera l’année 2026, bien sûr, mais il y a aujourd’hui plutôt un regain d’intérêt pour convoler en justes noces !
Le PACS aura-t-il remplacé les fiançailles ?
Le PACS se dissout le plus souvent, dans près de la moitié des cas, parce que le couple se marie mais n’a pas exactement le sens des fiançailles. Les fiançailles sont une étape explicite en vue du mariage. Le PACS est souvent l’étape qui permet aux jeunes couples d’acheter ensemble un bien immobilier ou d’accueillir leur premier enfant.
Le PACS et le mariage se sont peu à peu rapprochés l’un de l’autre. Les juristes parlent de « matrimonialisation » du PACS avec, par exemple, l’obligation d’assistance mutuelle réciproque. Désormais, il est surtout intéressant de se marier en vue de la fin du mariage, c’est paradoxal ! Le mariage permet d’obtenir une pension alimentaire en cas de divorce ou une pension de réversion en cas de veuvage, ce que le PACS ne permet pas. Cela nous rappelle que le mariage est un mode d’union protecteur des plus faibles au sein de la famille. Historiquement, la femme et les enfants.
Pourquoi ne pas confondre totalement ces deux modes d’union ?
Simplement, parce que le mariage crée plus de devoirs : la fidélité, la direction commune de la famille, un patrimoine commun. Même si la différence s’est amenuisée, elle persiste. Plus de devoirs pour les couples mariés entraine donc plus de droits.
Confondre les deux reviendrait à faire disparaitre le mariage. Vous savez peut-être que le taux annuel de séparation est d’environ 11% pour les unions libres, contre 2% pour les PACS et seulement 1% pour les mariages. Le mode d’union le plus solide, et donc le plus bénéfique à la société, est le mariage.
Comment aider les couples à s’y retrouver dans ce « menu conjugal » ?
Sans doute en proposant une préparation à la conjugalité en mairie. C’est l’une des propositions politiques des AFC. Connaitre et comprendre les différents régimes avec leurs implications fiscales et patrimoniales afin de s’engager en toute connaissance de cause. Et se former dans le même temps à la résolution non violente des conflits afin que les couples soient aidés à traverser les inévitables crises.


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




