Pascale Morinière | De l'argent sur le dos des familles
LA TRIBUNE DE PASCALE MORINIÈRE - Fin juillet, un rapport conjoint des inspections générales des Finances, l’IGF, et des Affaires sociales, l’IGAS, a proposé des mesures pour réaliser des économies en matière de politique familiale. Il préconise de faire 4,2 milliards d’économies, dont 2,5 milliards à court terme.
Pascale Morinière ® DRIl s’agissait d’une revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales demandée par le premier ministre. Les deux inspections recommandent ainsi de transformer en un forfait de 125 euros la majoration de 10% des pensions de retraite actuellement attribuée aux personnes ayant eu trois enfants et plus. Soit une économie de 1,1 milliard d'euros. En élevant 3 enfants ou plus ces familles ont davantage contribué à mettre au monde la génération suivante. Elles ont cependant eu une moindre capacité d’épargne, il est légitime de les soutenir au moment de la retraite. Un abaissement de 10% du plafond du quotient familial qui génèreraient 580 millions de recettes fiscales supplémentaires. A chaque fois que ce plafond est réduit, les familles concernées voient leurs impôts augmenter avec une injustice flagrante : plus elles ont d’enfants, plus leur imposition augmente
D'autres mesures étonnantes
Il y a aussi la prise en compte des revenus des parents pour le calcul des aides
personnalisées au logement des étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents. 550
millions d’économies pour l’Etat mais 200 000 foyers qui perdraient le bénéfice des APL.
Toutes les autres mesures tendent dans ce même sens qui consiste à faire porter les efforts fiscaux sur les familles comme si celles-ci étaient des niches fiscales. En effet, après avoir reculé de 24% entre 2010 et 2025, les naissances continuent de diminuer en France en 2026. La baisse est encore de 1,1% pour le premier semestre 2026. En cette rentrée scolaire, le nombre d’élèves diminue de 125 400 élèves dans le premier degré.
La réflexion devrait porter sur la meilleure manière de soutenir les familles et non de leur
faire les poches comme si les enfants étaient des signes extérieurs de richesse !
Faut-il réfléchir à l’optimisation des dépenses en prévision des budgets de 2027 ?
Le rapport ne précise à aucun moment quelle serait l’utilisation des sommes économisées.
Par ailleurs, la branche Famille de la Sécurité sociale a encore généré un excédent de 1,2
milliard d’euros en 2025. Si ces économies et excédents étaient réinvestis pour soutenir les
familles, les associations familiales et les syndicats n’auraient pas fait montre d’une telle
opposition. Or, ce n’est pas le cas. La question est de savoir ce que nous voulons. Les familles et les enfants sont la clé de notre avenir commun. Une réflexion de fond est à mener en vue des élections à venir !


Chaque mardi à 6h44 dans la Matinale, Pascale Morinière, des Associations familiales catholiques (AFC), réagit à l'actualité qui concerne la vie des familles.




