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Padre Guilherme, le prêtre DJ qui veut "sortir de l'église" pour aller à la rencontre des jeunes au Maredsous Sound Festival

Padre Guilherme, le prêtre DJ qui veut "sortir de l'église" pour aller à la rencontre des jeunes au Maredsous Sound Festival

Un article rédigé par Théo Leunens - RCF Namur, le 29 août 2026 - Modifié le 29 août 2026

Prêtre portugais et DJ, Padre Guilherme était la tête d’affiche de la première édition
du Maredsous Sound Festival. À travers la musique électronique, il entend rejoindre
un public qui ne fréquente pas nécessairement les églises et transmettre un
message d’espérance.

Monseigneur Lejeune, évêque de Namur, était aux côtés du Padre Guilherme et d’Anne-Sophie Montoisy, directrice de RCF Sud BelgiqueMonseigneur Lejeune, évêque de Namur, était aux côtés du Padre Guilherme et d’Anne-Sophie Montoisy, directrice de RCF Sud Belgique

Un prêtre derrière les platines, un casque sur les oreilles et des milliers de personnes devant lui. Padre Guilherme a une nouvelle fois mélangé musique électronique et foi, le soir du 28 août à l’abbaye de Maredsous. Le prêtre-DJ portugais était la tête d’affiche
de la première édition du Maredsous Sound Festival.

 Nous savons qu’il n’y a pas tellement de gens qui vont à l’église. Donc, nous devons sortir de l’église et la musique, c'est une façon de le faire...

Mais derrière l’image étonnante du prêtre devenu DJ, Guilherme Peixoto revendique surtout une autre manière d’aller à la rencontre du public. "Nous devons sortir de l’Église", explique-t-il en substance. Pour lui, la musique est un moyen parmi
d’autres de rejoindre celles et ceux qui ne franchissent pas habituellement les portes d’une église.

"Je suis prêtre à l’extérieur de l’église, partout", explique-t-il. La fonction de DJ lui permet précisément d’être présent dans des lieux où l’Église est moins spontanément représentée.

"Laisser une petite graine d’espoir"

Padre Guilherme ne présente toutefois pas ses concerts comme des messes déplacées sur une scène. La musique est d’abord, selon lui, un langage qui peut permettre de toucher des personnes différentes. "Tous les arts différents que nous avons, les peintures, les sculptures, l’architecture, sont bons pour parler de Dieu", estime-t-il.

La musique électronique peut donc, à ses yeux, trouver sa place dans une démarche d’évangélisation. Pas uniquement auprès des jeunes d’ailleurs. Il rappelle que ce style musical rassemble aujourd’hui plusieurs générations.

Lorsqu’il se retrouve face à plusieurs milliers de personnes, son objectif n’est pas de provoquer immédiatement une conversion. Il espère plutôt provoquer une réflexion, même minime. "Je ne sais pas si je peux toucher tous les cœurs présents lors de mes concerts, mais je travaille pour ça", explique-t-il. Son rôle serait davantage de "laisser cette petite graine d’espoir et de foi" et de laisser ensuite chacun faire son chemin.

Une conception qui repose sur une idée centrale : le prêtre n’est pas celui qui peut tout contrôler. "Au final, c’est Dieu qui convertit, ce n’est pas moi", résume-t-il.

Entre dancefloor et Église

L’association entre musique électronique et foi peut pourtant surprendre. Padre Guilherme en est conscient. Il assume le caractère inhabituel de sa démarche et reconnaît que certaines personnes peuvent ne pas l’apprécier.

Pour lui, cela ne doit cependant pas empêcher l’Église d’expérimenter de nouvelles manières d’aller vers les autres. Il rappelle que, tout au long de son histoire, l’Église a utilisé les formes artistiques et culturelles de son époque pour transmettre son message.

"L’Église n’a pas inventé les peintures, elle n’a pas inventé les vitraux", souligne-t-il. Elle les a utilisées pour parler de Dieu. À ses yeux, la musique électronique s’inscrit dans cette même logique : partir de la culture contemporaine plutôt que de chercher à l’écarter. Le prêtre insiste également sur l’importance de la rencontre physique après les années de pandémie. Pour lui, les festivals permettent de recréer des liens entre générations et entre personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées
autrement. 

"Les jeunes catholiques doivent aller aux festivals, et ceux qui vont aux festivals... à l’Église"

C’est finalement cette rencontre que Padre Guilherme veut favoriser. Il refuse de considérer le monde de la musique électronique et celui de l’Église comme deux univers nécessairement incompatibles.

Son message s’adresse donc autant aux croyants qu’à ceux qui ne le sont pas. "Les jeunes catholiques doivent aller davantage aux festivals. Et les gens qui vont aux festivals... doivent aller davantage à l’Église", lance-t-il.

À Maredsous, le pari était précisément de faire se rencontrer ces deux mondes. Le festival, organisé les 28 et 29 août, mêle concerts, musique actuelle, spiritualité et moments de prière au cœur de l’abbaye. Padre Guilherme en était la figure de proue pour cette première journée.

Pour lui, l’enjeu n’est donc pas de transformer la musique électronique en outil de prosélytisme. Il s’agit plutôt de se rendre présent là où sont les gens, avec leur culture et leurs codes. "Nous devons être là", insiste-t-il. Une manière, à sa façon, de faire vivre une conviction qu’il résume simplement : ne pas attendre que les autres viennent à l’Église, mais aller à leur rencontre.

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