Violence après la victoire du PSG : « On ne fait plus société », alerte le sénateur communiste Pierre Ouzoulias
Les images font froid dans le dos. Après la victoire du PSG face à Arsenal, 57 policiers ont été blessés, 780 personnes interpellées, dont 480 dans la capitale. Abondamment commentée, ce phénomène de violence traduit une rupture du vivre ensemble. Invité de la matinale RCF Notre Dame, le sénateur communiste et vice-président du Sénat Pierre Ouzoulias s'inquiète du délitement de ce lien social.
Pierre Ouzoulias, archéologue, historien et homme politique français ; conseiller départemental et sénateur des Hauts-de-Seine,Un mort et des centaines d'interpellations. Après la victoire du PSG en Ligue des Champions, les images de violence ont choqué. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias y voit d'abord un « besoin général de violence », et non pas un simple fait divers. « Pourquoi des jeunes prennent prétexte d'un match de football pour aller dans la rue et tout casser ? », interroge-t-il. « Il y a une augmentation de la violence partout. Pas seulement en France », constate le vice-président du Sénat.
Une « violence de classe » ?
Pour lui, les scènes de débordements après la victoire du PSG ne sont pas un hasard. C'est une rupture sociale. « Il y a une forme de haine vis-à-vis d'une société à laquelle on n'a plus le droit d'accéder », avance-t-il, pointant les cibles des émeutiers : magasins de luxe, Champs-Élysées, policiers. « Cette forme de violence est due, je pense aussi, à une forme d'exclusion », explique-t-il. « Dans mon vocabulaire marxiste, il y a quelque chose d'une violence de classe », ajoute-t-il.
Une société qui ne fait plus projet
C'est aussi le reflet d’une société plus divisée. Pour Pierre Ouzoulias, la violence reflète quelque chose de plus profond. « On ne fait plus de société », lâche-t-il. « On a oublié ce que c'était que la République. Ce qui nous manque, c'est un projet collectif », poursuit-il.
Cette disparition d'un projet commun ne date pas d'aujourd'hui. Les religions et les grandes idéologies politiques ont disparu. « L'Église catholique et le Parti communiste ont eu pendant très longtemps un projet collectif », rappelle le sénateur. Cadres qui se sont aujourd'hui effondrés. « Le projet collectif est par essence un projet qui est totalitaire », soutient Pierre Ouzoulias. Que reste-t-il quand le collectif disparaît ? L'individu, seul ? Il s'agit de défendre « le caractère fondamental de l'humain ». Quelle place veut-on encore laisser à l'Homme ? Jusqu'où peut-on aller sans le perdre de vue ? « Il faut retrouver la place de l'homme dans la société », affirme-t-il.
Fin de vie, GPA, secret de confession : des lignes de fracture
Pierre Ouzoulias se dit favorable à l'aide active à mourir, mais insiste sur la liberté individuelle en conscience. « C'est le moment de vérité de l'individu face à sa conscience seule », estime-t-il. En ce qui concerne la GPA, il acte un désaccord absolu. « C'est la marchandisation du corps de la femme. Et ça nous est insupportable ! », s'exclame le communiste, se distinguant de la doctrine d'autres partis politiques de gauche.
Même logique sur le secret de confession dans les débats autour des violences faites aux mineurs. Le sénateur reconnaît une tension. « Je comprends très bien la nécessité de maintenir ce culte. Mais face à des exactions sur les enfants, il y a aussi l'obligation de les protéger », affirme-t-il.
Sur l'intelligence artificielle enfin, le politologue se montre tout aussi ferme. « Bien sûr qu'elle n'est pas neutre », assure-t-il. Le pouvoir pris par les grandes plateformes, notamment sur les droits d'auteur inquiète Pierre Ouzoulias qui défend une régulation stricte. « Ce n'est pas les géants de la tech qui vont faire le droit », lance-t-il.


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