« On a un cap à passer de manière sociétale » : le tribunal judiciaire de Lille s’organise pour répondre aux suites de l’affaire Lyhanna
Inventaire, criblage, traitement des procédures : le tribunal judiciaire de Lille a annoncé hier sa nouvelle organisation pour le traitement prioritaire des infractions sexuelles commises sur mineurs. Elles sont au nombre de 1 648 dans le ressort du parquet lillois.
Pour le procureur de la République de Lille, cette nouvelle organisation dans le traitement prioritaire des infractions sexuelles commises sur mineurs n’est pas seulement un changement de politique pénale ©DR« Il n’y a pas un magistrat qui ne soit dans la réaction pour qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais. » Le tribunal judiciaire de Lille a présenté, hier, sa nouvelle organisation pour le traitement prioritaire des infractions sexuelles commises sur mineurs. Un nouveau fonctionnement qui fait suite au décès de la jeune Lyhanna.
L’organisation se décline en trois volets. « On a une opération d’inventaire, une opération de criblage et une opération de traitement des procédures », détaille Samuel Finielz, procureur de la République de Lille.
L’opération d’inventaire a été réalisée ces dernières semaines. Ce sont 1 648 affaires de violences sexuelles sur mineurs, toujours en cours d’enquête, qui ont été répertoriées dans le ressort du tribunal judiciaire de Lille. « Un chiffre assez important et qui peut être amené à évoluer », commente le magistrat.
57 dossiers urgents
« La deuxième chose qui nous préoccupe est de procéder à la priorisation de ces dossiers », poursuit le représentant du parquet de Lille. C’est l’objectif de l’opération de criblage, actuellement en cours. Le procureur de la République explique son fonctionnement :
Le parquet et les services de police et de gendarmerie ont établi une grille mise en place par très peu de tribunaux judiciaires en France et qui permet de donner un niveau de priorisation aux 1 648 dossiers.
Les degrés de priorisation vont de 1 à 4 selon plusieurs critères, dont celui de la dangerosité du mis en cause. « Cette question n’était pas traditionnellement ni suffisamment prise en compte », argumente Samuel Finielz.
Parmi les quatre cents affaires déjà criblées, lors de « dix-neuf journées de travail consacrées à l’examen des procédures », 57 ont été classées comme dossiers de priorisation de niveau 1. Ces derniers seront ainsi tous traités dans un délai d’un mois. Les autres dossiers, classés aux niveaux de priorisation 2 à 4, devront être traités, eux, sous six mois.
« Vingt-quatre autres demi-journées de travail sont programmées jusqu’au 10 juillet » pour finaliser cette phase de criblage. « On met tout en œuvre pour pouvoir traiter ce stock d’affaires, on essaie de se remettre à niveau. Après, l’objectif est de s’installer dans le traitement du flux des affaires », développe le magistrat.
12 gardes à vue
En ce qui concerne le troisième volet de la nouvelle organisation, l’opération de traitement de ces affaires, douze gardes à vue ont eu lieu la semaine dernière. Quatre informations judiciaires ont été ouvertes et trois comparutions à délai différé ont été décidées.
Pour le procureur de la République de Lille, cette nouvelle organisation dans le traitement prioritaire des infractions sexuelles commises sur mineurs n’est pas seulement un changement de politique pénale :
On a un cap à passer de manière sociétale. Je souhaite qu’on le passe avec les victimes et qu’on tire les leçons de ce que tout un chacun a pu constater.


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