Nucléaire : quel est le rôle du Saint-Siège face à l’escalade des armements ?
Le traité de désarmement nucléaire New Start entre les États-Unis et la Russie, signé en 2010, a expiré jeudi. Dans ce contexte, le pape Léon XIV met en garde contre une escalade de la course à l'armement, dans la continuité de l’engagement de ses prédécesseurs, alors que des pays comme le Pakistan, l’Inde ou l’Iran cherchent à développer l’arme nucléaire.
Rôle du Saint-Siège dans le gestion de l'arme nucléaire. Crédits: Pixabay. L’opposition diplomatique du Saint-Siège à l’usage du nucléaire existe depuis l'apparition de l'arme atomique. "C'est vraiment dans la continuité depuis Pie XII et l'apparition de cette arme ", détaille l'historien Jean-Baptiste Noé. Malgré ses limites, l’influence du Vatican sur la scène internationale a permis des résultats. "Les Etats ne vont pas se mettre à restreindre leur armement parce qu'il y a eu une déclaration du pape, mais il n'empêche que la diplomatie pontificale tient à cet aspect-là ", pointe-t-il.
Un objectif : restreindre la prolifération de l’arme meurtrière
Les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France ont obtenu la puissance atomique avant la signature du traité de non prolifération en 1968. Les autres états privés de l’arme ont été confrontés à un choix de taille. “Il y a des pays qui ont renoncé à l'avoir. L'Argentine à une époque avait un programme nucléaire et puis elle a arrêté ”, confirme l’historien.
Au sein de l'Église catholique, les dialogues autour des armes de guerre permettent de définir moralement les droits et les limites de leur utilisation. "Il y a l'idée que les armes ne peuvent pas être employées contre des civils, et personnes qui ne sont pas partie prenante de la guerre ", affirme Jean-Baptiste Noé. Tout est question de justesse et de réponse face à des situations délicates. "Ce qui est condamné dans l'arme nucléaire, c'est que ça engendre des dégâts immenses, et donc ce n'est absolument pas proportionnel ", constate l’historien.
Une stratégie diplomatique de fond et opérationnelle
Depuis la signature du traité, la stabilité internationale tient en partie sur une politique de dissuasion. Le sous-entendu international est valide tant qu’il n’est pas brisé. "Le Saint-Siège a toujours été opposé à cette idée d'équilibre de la terreur ", explique Jean-Baptiste Noé. Pour prévenir les risques de cette entente, le pape Léon XIV exhorte à la pérennité du traité de désarmement nucléaire et condamne moralement l'utilisation de cette politique dissuasive.
"Le pape juge plus urgent que jamais de remplacer la logique de la peur et de la méfiance par une éthique partagée ", explique-t-il. "C'est une diplomatie qui ne se voit pas et qui est très discrète, mais qui a contribué ", pointe-t-il, "le Saint-Siège contribue à faire adopter un centre de traités, qui sont d'ailleurs souvent assez respectés par les pays ", conclut-il.


Toute l'année, la rédaction nationale de RCF vous tient informés de l'actualité de l'Église et des mouvements chrétiens.




