"Nous refusons de céder au désespoir", affirme Mgr Nzapalainga
Depuis le début de son déplacement en Afrique, Léon XIV imprime sa marque pastorale. Au Cameroun, accueilli par un bain de foule survolté à Yaoundé, il porte le thème « Terre d’espérance » dans un pays multiconfessionnel à majorité chrétienne. Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, invité de la matinale RCF Notre-Dame, décrypte avec émotion la portée spirituelle de cette visite tant attendue.
Le cardina Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui ©Vatican NewsAmbiance d’effervescence : un peuple unifié autour du Saint-Père
« C’est une grande joie d’accueillir le Saint-Père en terre africaine. Il vient affirmer la foi des chrétiens, rencontrer un peuple enthousiaste, dynamique, qui est en attente de voir son pasteur », confie Mgr Nzapalainga. Sur place, l’ambiance est électrique : « J’ai vu des gens qui ont des pancartes, les drapeaux du Vatican en mer. J’ai vu des gens rassemblés autour, des bistros qui discutent. Depuis quelques jours, c’est l’avenir du Saint-Père qui est à la une ».
Cette effervescence dépasse les chrétiens : « Ce n’est pas seulement les chrétiens qu’on connaît. Il y a les musulmans. Pour eux, le Saint-Père vient avec un message divin. Ils sont donc rassemblés autour de ce message d’espérance ».
C’est la quatrième visite papale au Cameroun après Jean-Paul II en 1985-1995 et Benoît XVI en 2009, elle ravive une fidélité générationnelle, « Une femme avait le Saint-Père qui disait ‘J’avais cinq ans quand le pape était venu et maintenant je veux voir un autre pape.’ Les anciens qui ont rencontré des papes disent : ‘Ça n’arrive pas souvent. Mais quand ça arrive, on ouvre son cœur, on ouvre ses bras pour l’aimer, pour l’accueillir à bras ouverts ».
Importance vitale pour le peuple camerounais : une lumière d’espérance
Pour Mgr Nzapalainga, cette venue est essentielle, « Il vient aussi apporter le message de réconciliation, de paix. Car il vient rencontrer le peuple de Dieu qui est au Cameroun. Un peuple qui a besoin de réconfort. Un peuple qui a besoin qu’on puisse l’aider à affirmer la foi. Un peuple qui aspire à la réconciliation, au dialogue ».
Au-delà de l’accueil chaleureux réservé au pape à Yaoundé, l’archevêque de Bangui souligne surtout la dimension pastorale d’un voyage qui vient rejoindre un peuple éprouvé, mais encore habité. Dans un pays qui est marqué par les tensions politiques, les fractures sociales et la guerre dans les régions anglophones, la visite pontificale prend ainsi une valeur de consolation, mais aussi de relance spirituelle. Elle rappelle que l’Église ne vient pas seulement bénir un peuple.
Le thème «Terre d’espérance » touche au cœur : « Dans un pays où parfois certains pensent que nous sommes dans l’obscurité, il est important d’annoncer un message d’espérance, pour dire que tout n’est pas fini. Dieu a le dernier mot et que Dieu peut susciter des hommes et des femmes pour changer des situations et orienter un avenir. L’espérance ne déçoit pas nos vies ».
Cette lecture est précieuse, car elle replace le voyage du pape dans une perspective chrétienne plus large, celle d’une espérance qui ne relève pas du simple optimisme, mais d’une confiance dans la foi. Pour Mgr Nzapalainga, le Cameroun n’est pas seulement un lieu de passage diplomatique ou médiatique ; c’est un peuple à relever et à accompagner.
L’éminence insiste enfin sur son rayonnement universel : « Cette figure résonne puisque je suis venu avec les autres évêques. [...] Le message qui est livré ici est un message qui concerne toute l’Afrique, pour ne pas dire l’humanité. La paix, c’est le nom de Dieu ». Là encore, le propos dépasse largement le seul cadre camerounais. En insistant sur la paix comme nom de Dieu, le cardinal donne à cette visite une portée théologique.
Léon XIV ne vient pas seulement parler à l’Afrique, il vient rappeler au monde que la paix n’est pas une option parmi d’autres, mais une exigence fondamentale de l’Évangile.


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