« Nous ne sommes pas abandonnés » : après l'accord avec l'Iran, les chrétiens de Terre Sainte gardent l’espérance
Le président américain Donald Trump a signé un accord avec l’Iran afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Signé au château de Versailles, ce texte prévoit un cessez-le-feu immédiat ainsi que la fin définitive du conflit. Monseigneur William Shomali, évêque auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem, réagit à cet accord fraîchement signé ainsi qu’à la situation des chrétiens du Moyen-Orient, témoins directs des violences qui continuent de frapper la région.
Vieille ville de Jérusalem © Pexels Après la signature d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, des négociations doivent s’ouvrir, dans un délai de 60 jours, afin de parvenir à un accord de paix définitif. Alors que la paix à venir s'annonce fragile, la France et l'Europe joue un rôle important dans ce conflit pour Monseigneur William Shomali.
L'évêque auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem, interviewé par RCF Notre Dame, appelle à la solidarité mondiale, à la prière et à la paix. Mais comment garder la foi dans un tel contexte ?
« Les accords ne sont pas toujours respecté »
L’accord signé entre Donald Trump et l’Iran prévoit la fin définitive des conflits qui sévissent au Moyen-Orient depuis le 28 février. Mais la violence des conflits, et l’instabilité des cessez-le-feu peuvent nous laisser dubitatifs quant à la fiabilité de cet accord.
Monseigneur William Shomali affirme justement que « les expériences du passé ont montré que les accords ne sont pas toujours respectés ». « Il suffit d'un petit détail de désaccord pour faire tomber à l'eau tout ce qui a été signé », poursuit-il. Tout dialogue ou accord est envisageable, mais certaines conditions sont requises. « Il faut qu’il y ait une bonne intention des deux parties belligérantes » et « des États qui parrainent ces négociations », détaille-t-il.
Ces États doivent être en mesure de représenter un point d’équilibre, en faisant preuve d’impartialité, pour garantir la mise en place d’un accord légitime : « Je voudrais que l’Europe fasse partie de ce parrainage », souligne Monseigneur Shomali. Pour lui, la France détient depuis longtemps un rôle de protection envers les chrétiens de la Terre Sainte et du Moyen-Orient. Son rôle a désormais diminué, mais Mgr Shomali considère que « la France reste consistante en elle-même, en travaillant pour une paix selon les résolutions des Nations Unies ». Toutefois, il est nécessaire que « cette influence soit mise en pratique » pour être effective, détaille l'évêque auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem.
Comment garder la foi malgré la guerre ?
« Les chrétiens, comme tous les Palestiniens, ont subi les répercussions d’une guerre qu’ils n’ont pas voulue », déclare Monseigneur William Shomali. Désormais, ceux-ci souffrent d’attaques militaires fréquentes, mais aussi d’une situation économique très mauvaise et de l’absence de tourisme.
La situation des chrétiens du Moyen-Orient et de la Terre Sainte est aujourd’hui instable, voire menacée. Monseigneur Shomali dénonce « les crachats contre le clergé » ou encore « les attaques physiques » portées envers les chrétiens de Jérusalem.
Alors, comment garder la foi dans un tel contexte ? « Parce que nous croyons en Dieu, qu’il ne nous laisse pas », soutient-il. Mais c’est aussi la solidarité internationale qui permet aux chrétiens sur place de ne pas perdre espoir.
L’aide humanitaire, absolument essentielle, leur permet aussi de se savoir entendus et soutenus. Monseigneur Shomali affirme que « l'aide et la solidarité concrète de nos amis en Europe, en France et dans les États-Unis nous donnent une certitude : que nous ne sommes pas abandonnés ».
Cette solidarité mondiale nous donne beaucoup d’espérance
Être chrétien, c’est aussi accorder son pardon. D’après Monseigneur Shomali, le pardon est possible, même après des dégâts aussi considérables. « L'Europe, qui a subi une guerre, deux guerres même, avec 80 millions de victimes, a créé l'Union européenne basée sur le pardon des choses du passé », argumente-t-il.
L’histoire des guerres passées est pour lui l’exemple qu’il existe « des hommes et des femmes qui croient au pardon comme vertu humaine mais aussi comme vertu surnaturelle, divine ».


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