Notre-Dame de Paris : la bataille des vitraux est relancée
La polémique enfle à nouveau au sujet des vitraux contemporains de Notre-Dame de Paris. Alors que le permis d’autorisation des travaux vient d’être affiché, l’association Sites et Monuments a annoncé lancer un recours. Julien Lacaze, président de l’association, explique les raisons de son opposition.
Les futurs vitraux contemporains de Notre-Dame de Paris au Grand Palais © RCF Notre DameUne cathédrale classée au monument historique
Le projet de vitraux contemporains souhaité par Emmanuel Macron et l'archevêque de Paris Mgr Laurent Ulrich en 2023, est une nouvelle fois au cœur d’une controverse. La dépose des vitraux de Viollet-le-Duc des chapelles sud est désormais imminente. Ils vont être remplacés par le travail de l’artiste contemporaine Claire Tabouret.
La cathédrale Notre-Dame est intégralement classée au titre des monuments historiques et les vitraux profitent de ce classement.
Julien Lacaze s’oppose à la dépose de six des sept vitraux d’Eugène Viollet-le-Duc qui ornent les baies du bas-côté sud de la nef de Notre-Dame. “La cathédrale Notre-Dame est intégralement classée au titre des monuments historiques et les vitraux profitent de ce classement.” Le président de l’association appelle à respecter le statut légal de l’édifice. “Un monument classé, tout ce qui a un intérêt d'histoire ou d'art, qui est à l'intérieur d'un monument classé, est en principe préservé, et donc il va falloir démontrer que les restaurations de Eugène Viollet-Duc ne sont pas de simples restaurations, mais ont intrinsèquement un intérêt d'art ou d'histoire.”
Une obstination d’Emmanuel Macron
Une pétition, lancée en décembre 2023, a été signée par 335 000 personnes, au motif que l’œuvre de l’architecte Viollet-le-Duc est classée et forme un tout avec les chapelles. La commission nationale du patrimoine et de l’architecture s’est d'ailleurs opposée à deux reprises au démontage des vitraux du XIXe siècle.
On aurait pu créer une nouvelle strate historique, en quelque sorte, celle du XXIe siècle, qui n'aurait pas nui aux précédentes strates historiques.
Julien Lacaze regrette l’obstination de l’exécutif car il existait une solution de conciliation. Celle de créer des vitraux contemporains pour les beffrois de la cathédrale, huit au total, qui sont aujourd’hui encore dépourvues de vitraux. “On aurait pu créer une nouvelle strate historique, en quelque sorte, celle du XXIe siècle, qui n'aurait pas nui aux précédentes strates historiques.”
Un marqueur fort après l’incendie de la cathédrale
Après l’incendie de Notre Dame le 15 avril 2019 ce projet de vitraux contemporains dans les beffrois aurait pris tout son sens selon Julien Lacaze. C’est en effet le lieu où les pompiers ont empêché la contagion de l’incendie. “Les langues de feu de la Pentecôte auraient été parfaites en ce lieu, donc on ne peut que le regretter. Après, nous, on va argumenter avec le Code du patrimoine, le statut légal de l'édifice, et nous verrons bien si nous sommes suivis par le juge administratif ou pas.”
Les langues de feu de la Pentecôte auraient été parfaites en ce lieu, donc on ne peut que le regretter.
La commande de nouveaux vitraux, gérée par l’établissement public Rebâtir Notre-Dame, représente un investissement de 4 millions d’euros financés par l'Etat.


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