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Faire durer la joie de Noël, avec Mgr Emmanuel Gobilliard

Faire durer la joie de Noël, avec Mgr Emmanuel Gobilliard

RCF, le 26 décembre 2023  -  Modifié le 28 décembre 2023
L'Invité de la Matinale Mgr Emmanuel Gobilliard, Noël au coeur des crises

 

Comment faire durer la joie de Noël ? Alors que le temps de Noël se poursuit, Mgr Emmanuel Gobilliard nous rappelle que la fête de la naissance du Christ n'est pas l'histoire d'une seule journée. Ce n'est pas non plus un événement isolé. Pour l'évêque de Digne, on peut célébrer Noël à chaque instant de notre vie...

 

"Noël, c'est accueillir Dieu au cœur d'un monde qui souffre", Mgr Emmanuel Gobilliard ©Antoine Merlet / Hans Lucas "Noël, c'est accueillir Dieu au cœur d'un monde qui souffre", Mgr Emmanuel Gobilliard ©Antoine Merlet / Hans Lucas

 

L'évêque du diocèse de Digne, Mgr Emmanuel Gobilliard, prend la parole le lendemain de Noël pour rappeler la signification de cette fête chrétienne. Alors que cette année, le monde a connu son lot de souffrances et de violences, comment rester dans la joie de Noël ?

 

De l'urgence de fêter Noël

Peut-on passer une fête joyeuse malgré les violences et les guerres qui s'abattent dans le monde ? "Oui !" répond Mgr Emmanuel Gobilliard avec enthousiasme, avant d'ajouter : "Noël est vraiment une urgence. Noël, c'est accueillir Dieu au cœur d'un monde qui souffre." Précisant ce que Noël n'est pas, à savoir "une fête de consommation" et de "joie factice", l'évêque du diocèse de Digne nous rappelle son sens véritable : celle d'être une fête de la "fragilité", de la "pauvreté" et de la "souffrance".

Durant cette période, "c'est le Seigneur qui vient s'investir et qui vient habiter nos réalités douloureuses", raconte-t-il. Dans le diocèse de Digne, Mgr Emmanuel Gobilliard explique avoir accordé une importance particulière aux personnes âgées en Ehpad : "Ils sont jésus, ils sont la présence de Dieu sur notre terre avec leur fragilité, leur souffrance et leur solitude. Et Noël, c'est aussi pouvoir dire tout ça."

Dans notre monde déchristianisé, qui s'éloigne de ces traditions festives, bien que nous ayons sans doute tous fêté Noël hier, l'essentiel de cette célébration réside dans le fait de "porter l'urgence de la fraternité", explique-t-il. Selon Mgr Emmanuel Gobilliard, la nécessité de cette fraternité peut s'exprimer de différentes manières à Noël : à travers la parole avec les prières, les chants par exemple. Mais aussi à travers les gestes tels que l'acte de charité, le fait d'accorder de l'attention aux plus pauvres. Et même plus largement, à travers le métier que l'on exerce ou à travers sa manière de vivre. "La vie chrétienne, c'est de sortir de notre confort, de notre maison et parfois de nos idées aussi, pour aller à la rencontre de ce que vit l'autre profondément. Et ça c'est ce que je peux appeler la véritable fraternité", énonce-t-il.

 

Noël... et après ?

Après avoir passé de bons moments et mangé des bons repas en famille ou entre amis, que se passe-t-il le lendemain de Noël ? "Le lendemain de Noël, pensons au moins à ceux qui n'ont pas pu vivre cette fête parce qu'ils vivent des situations familiales difficiles ou parce qu'ils sont seuls", rappelle l'évêque du diocèse de Digne. Noël n'est pas à considérer comme un évènement "isolé", ajoute-t-il. "Nous célébrons en réalité Noël dans notre vie au quotidien, dans ses aspérités et ses souffrances", précise-t-il. Pour tout ceux qui ont pu vivre un moment heureux pendant cette fête, il s'agirait de prolonger cette joie dans la rencontre avec les autres que nous ferons et ce, tout au long de l'année.

Mgr Emmanuel Gobilliard nous rappelle à juste titre que la célébration de Noël, caractérisée par cette pensée fraternelle, se fait en réalité tous les jours. "À chaque célébration de l'eucharistie par exemple, c'est Noël d'une certaine manière car Dieu se rend présent dans un morceau de pain", raconte-t-il. Noël n'est donc pas l'histoire d'une seule journée, bien au contraire. En effet, notre calendrier liturgique prolonge sa célébration jusqu'au 2 février, au moment où la crèche sera retirée.

"Et après, on entre dans un autre temps puisque mi-février, on rentre dans la période du carême où on pense encore à la pauvreté et aux personnes seules." Ces précieuses paroles nous rappellent l'essence même de ce qu'est Noël : une fête qui nous remémore cette nécessité de se tourner vers autrui. "Une nécessité qui se trouve en quelque renouvelée dans chacune de nos célébrations liturgiques et  eucharistiques", affirme Mgr Emmanuel Gobilliard.

 

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