Esprit de Noël : les chrétiens de Terre sainte "ont besoin de faire la fête"
Cela fait huit siècles que les franciscains assurent une présence chrétienne dans les Lieux saints. Et viennent en aident aux populations chrétiennes. "Le climat est extrêmement préoccupant", note le nouveau custode de Terre sainte, Frère Francesco Ielpo. Malgré cela, les chrétiens "ont le besoin de faire la fête, les enfants ont le besoin de voir des arbres de Noël allumés..."
Frère Francesco Ielpo est le nouveau custode de Terre sainte, le 18/12/2025©Custodie de Terre sainteFrère Francesco Ielpo est le nouveau custode, c’est-à-dire supérieur, des franciscains de Terre Sainte. Entré à 22 ans dans l’ordre des franciscains, cet Italien a été pendant seize ans directeur d’école en Italie, puis curé de paroisse pendant trois ans. Il vit en Terre sainte depuis 2013 et ne cache pas son "amour pour ce territoire". À l'occasion de la fête de Noël, il nous donne des nouvelles des chrétiens de Terre sainte.
Qu’est-ce que la custodie de Terre sainte ?
Frère Francesco Ielpo, a donc été nommé le 24 juin 2025 pour un mandat de six années. La custodie franciscaine de Terre sainte assure depuis huit siècles la présence chrétienne dans les Lieux saints. Elle a été fondée par François d’Assise en 1217, comme le rappelle son supérieur.
Ils sont 325 franciscains en Terre sainte, de quarante-six pays différents. Ils sont présents en Israël, Palestine, Jordanie, Syrie, Liban et Chypre, mais aussi en Égypte, en Grèce ou à Rome. "Tout ce territoire nous le considérons comme Terre sainte, explique Francesco Ielpo, car c’est le lieu où Dieu s’est révélé."
En plus des lieux, les franciscains s’occupent des "pierres vivantes", ajoute le supérieur, c’est-à-dire "les chrétiens qui vivent à l’ombre des sanctuaires". Des populations auprès de qui les religieux assurent les soins ou l’éducation et assurent les soins. Pour Frère Francesco Ielpo, "rester" est la première façon de les aider. Pour ces chrétiens qui vivent dans des conditions difficiles, voir que des religieux ou des prêtres sont encore là, cela "génère de l’espoir. Souvent, nos couvent, nos lieux de présence de sont des points importants de référence pour les chrétiens locaux."
Le 7-Octobre a absolument changé cette terre, il a changé les peuples qui vivent ici et il a changé les chrétiens du monde entier
Comment vont les chrétiens de Terre sainte en cette période de Noël ?
Deux ans après le 7-Octobre, un cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre dernier. Mais la trêve est précaire dans la bande de Gaza, "le climat est extrêmement préoccupant, décrit le custode de Terre sainte. Et malheureusement on n’a pas terminé de compter tous les morts."
Selon lui "le 7-Octobre a absolument changé cette terre, il a changé les peuples qui vivent ici et il a changé les chrétiens du monde entier." Pour l’heure, avec Noël, il remarque que "les gens ont le besoin de faire la fête, les enfants ont le besoin de voir des arbres de Noël allumés. Et partout, en Galilée, à Jérusalem, à Bethléem tout le monde a ce besoin de retourner à faire la fête."
Actuellement, environ 225.000 chrétiens vivent en Israël et en Palestine. Ils sont environ 50.000 dans les territoires palestiniens. 21.000 à Nazareth 21.000 chrétiens et 13.000 à Jérusalem ou encire 50.000 à Bethléem. Auprès de ces derniers, la custodie de Terre sainte œuvre pour les aider par exemple à obtenir des permis de sortie du territoire. "Nous sommes parvenus à obtenir des permis de sortie pour 25.000 d’entre eux qui peuvent venir à Jérusalem pendant les fêtes."
Frère Francesco Ielpo raconte qu’une mère et ses deux filles de 12 et 14 ans vivant à Bethléem ont pu récemment sortir du territoire. Et pour la première fois voir le Saint-Sépulcre, "alors qu’elles ne vivant qu’à huit kilomètres de Jérusalem ! On se rend compte que dès que ces chrétiens de Bethléem peuvent sortir des territoires grâce à ces permis, ils vont tout de suite au Saint-Sépulcre prier."
Des pèlerinages différents depuis le 7-Octobre
Les pèlerinages en Terre sainte reprennent mais timidement depuis le cessez-le-feu à Gaza. "Malheureusement, les Européens ne viennent pas trop, regrette Frère Francesco Ielpo. Il faut bien prendre conscience que le pèlerinage en terre sainte est sûr, il n’y a pas de danger."
En août dernier, le cardinal archevêque de Marseille, Jean-Marc Aveline, a lancé un appel au retour des pèlerinages. Mais à un nouveau type de pèlerinage. "On ne peut pas penser qu’un pèlerinage aujourd’hui soit comme un pèlerinage hier", abonde le custode de Terre sainte.
Les chrétiens qui font la démarche sont désormais invités à visiter les lieux mais aussi et surtout à rencontrer les différentes communautés qui y vivent. À "ne pas entrer dans le conflit, mais à voir des signes d’espoir qui sont présents. Ceci génère la paix, élargit les horizons. Il est important que les pèlerins viennent avec cet esprit de de solidarité et de dialogue."


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