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Ni spirituel, ni religieux, le discours du Président aux Bernardins
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Ni spirituel, ni religieux, le discours du Président aux Bernardins

RCF,  -  Modifié le 11 avril 2018
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« Mesdames et Messieurs les représentants des cultes, Monseigneur… » : un Président qui remercie les évêques, en France, c’est un événement. Et donc un sujet de polémique. D’un côté, on crie au crime de lèse-laïcité ; de l’autre, on se félicite de la préoccupation spirituelle du chef de l’État. Et des deux côtés, on a tort.

Certains, confondant laïcité et athéisme, refusent à l’État tout implication religieuse, y compris celle qui consiste à répondre à une invitation de la part des évêques de France. Ainsi confondu avec l’athéisme, le principe de laïcité exigerait que la foi soit reléguée dans la seule sphère privée et qu’elle soit totalement exclue du domaine de la culture et du social, comme si croire était une chose réservée à l’intimité, aux alcôves et aux chapelles, sans aucune existence ni incidence culturelles et sociales.

A cela, le Président Macron oppose une réponse des plus habiles. Et c’est là le point essentiel de son discours. Il affirme vouloir « braver les sceptiques ». Et demande aux catholiques de faire de même. « Braver les sceptiques » : qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire braver les dogmatiques. Tous ceux qui refusent le dialogue.

Braver les sceptiques, c’est braver les anti, les ultras, ceux qui, chez les catholiques, s’opposent au temporel, au monde tel qu’il est et tel qu’il va. Loin de se rapprocher de l’Église, le Président Macron demande à l’Église de s’éloigner des dogmatiques, de tous ceux qui, dans ses rangs, sont contre – contre l’euthanasie, contre le mariage homosexuel, contre la GPA… Le Président parle certes de la flamme, de l’ardeur des hommes de foi, mais il ne dit rien de ce qui, pourtant, est indissociable de leur foi, à savoir la doctrine de l’Église sur la vie, sur la mort, et donc sur toutes les questions dites de bioéthique.

Le Président ne concède rien, ne cède sur rien. Les racines chrétiennes de l’Europe ? Inutile d’en reparler. Les questions éthiques ? Il n’en est pas même fait mention.

N’allons donc pas crier ni au crime de lèse-laïcité, ni à la spiritualité d’Emmanuel Macron. Dans un cas comme dans l’autre, c’est exagéré. Dans un cas comme dans l’autre, c’est faux. 

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