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Ne soyons pas des chrétiens hibernants, soyons des chrétiens innovants.

Un article rédigé par + Jean-Pierre Batut, évêque de Blois - RCF Loir-et-Cher,  -  Modifié le 23 novembre 2020
Message de Jean-Pierre Batut, évêque de Blois

Nous aurons bientôt un mois de second confinement derrière nous, et nous ne savons pas encore comment nous allons pouvoir fêter Noël. On nous parle aussi d’un risque de crise économique et sociale majeure, et déjà, pour beaucoup, le quotidien est difficile… Bref, notre avenir proche et un peu plus lointain nous paraît très incertain.
Sans nier tout ce qui précède, je vous propose de regarder les choses autrement.
Chaque année, fin novembre et début décembre, la prière de l’Église nous tourne vers l’avenir. Vers ce moment, objet de notre ferme espérance, où « Dieu sera tout en tous » comme le dit saint Paul.
En tant que chrétiens, nous savons que notre monde court vert l’apocalypse ! Mais pour nous ce mot a son véritable sens : « révélation ». Nous attendons la révélation, la manifestation glorieuse de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ.
 Si nous souffrons tellement de l’impossibilité de participer à des assemblées eucharistiques et d’y recevoir la communion, c’est parce que nous en avons faim pour nous-mêmes ; mais c’est aussi parce que, loin d’être une dévotion individualiste, elle nous tourne toujours vers ce but auquel nous sommes appelés : la vie incorruptible des ressuscités avec Dieu et avec nos frères humains, les vivants et les morts. Elle anticipe notre communion universelle dans le banquet céleste.
 Mais cette communion que nous vivons par anticipation dans la liturgie, nous sommes appelés à la construire dans la vie quotidienne dans l’amour du Corps du Christ que sont nos frères et nos soeurs et dans l’attention à leurs besoins.
Je relisais récemment la biographie de Blaise Pascal écrite par sa soeur Jacqueline Périer. À propos des derniers jours de son frère, elle raconte ceci :
Il souhaitait ardemment de communier, mais les médecins s’y opposaient toujours parce qu’ils ne le croyaient pas assez malade pour recevoir la communion en viatique… Voyant une si grande opposition à son désir, il n’osa plus en parler. Mais il me dit : « Puisqu’on ne veut pas m’accorder cette grâce, je voudrais y suppléer par quelque bonne oeuvre, et ne pouvant pas communier dans le Chef, je voudrais communier dans les membres, et pour cela j’ai pensé d’avoir [chez moi] un pauvre malade à qui on rende les mêmes services qu’à moi. Car j’ai de la peine et de la confusion d’être si bien assisté pendant qu’une infinité de pauvres, qui sont plus mal que moi, manquent des choses nécessaires. »
« Ne pouvant communier dans le Chef, je voudrais communier dans les membres » : finalement, Pascal n’aura pas la possibilité d’avoir un pauvre chez lui, ni de se faire transporter à l’hospice pour mourir pauvre parmi les pauvres. Mais la grâce lui sera accordée cependant de recevoir la communion en viatique.
 Que retenir de cela ? D’abord que nous ne faisons pas assez le lien entre le Corps eucharistique du Seigneur et son Corps souffrant dans de nombreux frères et soeurs à qui nous ne faisons pas toujours attention. Quand nous sommes privés du Corps eucharistique comme l’a été Blaise Pascal, nous devons redoubler d’attention au Corps souffrant.
Et puis, je le rappelle : vous pouvez demander la communion au prêtre de votre paroisse ; vous pouvez recevoir le sacrement de réconciliation ; vous pouvez aller à l’église pour prier, seul(e) ou avec deux ou trois autres personnes, en respectant les distances. Vous pouvez célébrer des liturgies domestiques, en particulier des liturgies de la Parole en famille et, bien entendu, la prière familiale avant et après les repas et en fin de journée avec vous enfants… Ne soyez pas des chrétiens hibernants, soyez des chrétiens innovants !
Enfin, en ce moment de l’année où la lumière décroît et où les journées se raccourcissent, soyez des anticipateurs du Soleil de justice qui est le Christ, dans une humanité qui marche dans les ténèbres. Soyez partout des semeurs d’espérance !
 

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