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National 1 : « Si Saumur avait été dans le cas de Bordeaux, nous aurions déjà été rétrogradés »

National 1 : « Si Saumur avait été dans le cas de Bordeaux, nous aurions déjà été rétrogradés »

Un article rédigé par Florian Perray - RCF Anjou, le 20 août 2026 - Modifié le 21 août 2026
L'invité de RCF Anjou« Si Saumur avait été à la place de Bordeaux, on serait déjà relégué »

À quelques jours de la reprise du National 1, l’OFC Saumur ne connaît toujours pas avec certitude le noms de tous ses futurs adversaires. En cause : la situation des Girondins de Bordeaux, dont l’exclusion des championnats nationaux est contestée devant le tribunal administratif ce jeudi 20 août. Une situation déstabilisante pour les autres clubs de N1, notamment le président de l’OFC Saumur, Stéphane Montanier.

La saison de N1 commence ce samedi pour l'OFC Saumur ©OFC SaumurLa saison de N1 commence ce samedi pour l'OFC Saumur ©OFC Saumur

Alors que le championnat de National 1 doit reprendre ce week-end, l'avenir des Girondins de Bordeaux reste suspendu à une nouvelle décision de justice. Après l'avis défavorable rendu par le CNOSF, les Bordelais ont saisi le tribunal administratif de Paris en référé pour tenter de contester leur exclusion des championnats nationaux.

Une situation qui a des conséquences bien au-delà de la Gironde. Dans le groupe B du National 1, où évolue l'OFC Saumur, les clubs ont dû composer avec les incertitudes liées à la composition définitive du championnat. Dix présidents de clubs, dont Stéphane Montagnier, ont d'ailleurs signé un communiqué pour protester contre cette situation.

 

RCF Anjou : Stéphane Montagnier, est-ce que Bordeaux bénéficie d'un traitement de faveur ?

Stéphane Montagnier : Je ne sais pas. Des fois, ça peut laisser cette impression, effectivement. Mais, moi le premier, j'ai envie que ce club évolue à très haut niveau. Le voir ici, aujourd'hui, ça fait mal au cœur. Mais il y a des règles et il faut qu'elles soient respectées. Je comprends tout à fait la DNCG qui les impose.

 

Si Saumur avait été à la place de Bordeaux, on aurait déjà été rétrogradé 

 

Si Saumur avait été dans la même situation, pensez-vous que les instances du football auraient été aussi patientes ?

Non, du tout. On aurait déjà été rétrogradés depuis longtemps. Mais ça, pareil, peut-être que je peux le comprendre. On a envie que Bordeaux reste. Peut-être que les instances font un peu plus d'efforts. Vous préférez voir Bordeaux à haut niveau ou un club comme Saumur ?

 

On ne prête qu'aux riches, en gros. On pourrait résumer ça comme ça ?

SM : Oui...

 

Quand on nous chamboule les dates, ça fait plus de travail pour nos bénévoles 

 

Vous avez signé, il y a quelques jours, un communiqué avec neuf autres présidents de clubs de National 1 pour protester contre cette situation. Le fait de ne pas connaître la composition définitive du championnat peut déstabiliser votre saison ?

Oui, c'est un peu déstabilisant effectivement. Nous sommes déjà un petit club donc tout s'anticipe : les déplacements, les autocaristes, les hôtels… Quand tout est modifié, c'est forcément plus compliqué pour nous. On n'est pas très structuré, on n'a qu'une assistante à mi-temps. Donc, quand on nous chamboule les dates ou les horaires, ça fait un peu plus de travail pour nos bénévoles.

 

Est-ce que cela peut, selon vous, remettre en cause l'égalité sportive ?

Oui, sûrement. C'est compliqué pour tout le monde. Après, je vois bien, suite à mes propos sur Bordeaux, qui étaient pour moi plutôt respectueux pour un club de cette envergure, que les gens réagissent. Quand il y a un club dans une grande ville qui a existé et qui a fait rêver les plus petits comme les plus grands, certains se disent : « Ce n'est pas très grave, du moment que notre club reste. »

 

Vous faites donc attention à ce que vous dites désormais ?

Non. Enfin, je fais attention à ce que je dis, mais j'ai toujours dit ce que je pensais. Effectivement, dans la formulation, l'interprétation peut être mal perçue par certaines personnes, notamment les amoureux du football et des grands clubs.

 

On a beaucoup parlé de Bordeaux. Parlons maintenant de Saumur. À quoi ressemble la gestion financière d'un club de National 1 ?

Il y a différentes vitesses. Nous, nous sommes parmi les plus petits budgets de cette catégorie. Donc, c'est un peu compliqué. Il est compris entre 700 000 et 800 000 euros par an. Et ça, c'est pour l'ensemble du club et pas uniquement pour l'équipe première, alors que la plupart des équipes contre lesquelles nous jouons ont des budgets de 1,2 ou 1,5 million d'euros uniquement pour leur équipe phare.

 

Vous devez donc compter chaque sous dépensé ?

On fait attention à tout, mais les joueurs qui viennent chez nous le savent et le comprennent. Vous avez des clubs qui viennent en avion, qui viennent en bus et qui prennent l'hôtel. Nous, on fait souvent les déplacements aller-retour au maximum en minibus pour essayer d'économiser. Ça fait partie de la famille saumuroise : on compte ses sous.

 

Cette année, on devrait être un peu plus à l'aise 

 

Sportivement, Saumur a connu des dernières saisons difficiles, avec des maintiens obtenus notamment grâce à des décisions administratives et financières. Quel est l'objectif cette année ?

L'objectif est clairement d'aller chercher le maintien grâce à nos résultats sportifs. Mais il y a une différence par rapport aux autres années. Les saisons précédentes, parce qu'on avait pas assez d'arbitres officiels au sein du club, nous n'avons pas eu le droit de recruter de joueurs mutés. C'était très compliqué, puisqu'on faisait évoluer soit des jeunes du club, soit des joueurs qui avaient déjà évolué à ce niveau mais qui n'avaient pas de club la saison précédente. Il y avait aussi des joueurs anciennement blessés ou sans club.

 

Cette saison, vous avez donc davantage de possibilités de recrutement ?

Oui. Maintenant, nous avons retrouvé nos six joueurs mutés et nous avons pu recruter. Je pense qu'on sera un peu plus à l'aise que les saisons précédentes.

 

Le premier match de l'OFC Saumur a lieu ce samedi 22 août, à domicile, face au Tarbes Pyrénées Football. Coup d'envoi à 18 heures.

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité de RCF Anjou
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