Municipales , François Blanchard souhaite « être le maire des solutions pour Poitiers »
Sécurité, mobilité, service public ou encore alimentation dans les cantines : candidat socialiste aux prochaines municipales à Poitiers, François Blanchard détaille les grandes lignes de son programme. Il défend une ligne de « fermeté républicaine » sur la sécurité, un projet de tram-bus pour transformer les déplacements et promet de remettre la proximité au cœur de l’action municipale. Nous le rencontrons au cœur du quartier des 3 cités, lieu de sa réunion publique ce jour là.
François Blanchard candidat socialiste pour la municipalité de Poitiers.RCF Poitou : François Blanchard bonjour, démarrons cet entretien sur le thème de la sécurité qui occupe une place importante de votre programme, quel onstat dressez-vous sur le plan sécuritaire à Poitiers ?
Sur le terrain, lors du porte-à-porte ou sur les marchés, les habitants nous parlent de faits nouveaux : une hausse des violences, qu’elles soient dirigées contre les personnes ou contre les biens. Les statistiques le confirment. Il faut donc apporter des réponses concrètes.
Je veux être le maire des solutions.
Je veux incarner une fermeté républicaine, mais en remettant de l’humain et de la proximité. Mon objectif est de recréer une véritable police de proximité. Aujourd’hui, la police municipale compte 18 agents sur le terrain : nous voulons passer à 45, avec des brigades dans les quartiers, en lien avec les habitants et les acteurs de la prévention.
La police municipale serait-elle armée ?
Nous privilégions un armement intermédiaire, non létal. Il s’agit de protéger les agents et de dissuader certains comportements, tout en restant dans une logique de proximité avec les habitants.
Vous prévoyez aussi une brigade de nuit ?
Oui. Certaines plages horaires ne sont pas suffisamment couvertes alors que des faits surviennent justement à ces moments-là. Il faut que la présence publique soit visible. Cette présence humaine ne passera pas uniquement par la police : nous voulons aussi développer la médiation et soutenir les concierges d’immeubles. Mais la police reste l’incarnation de l’autorité républicaine.
La mobilité est un autre sujet majeur à Poitiers. Quelle est votre vision ?
Les deux grands oubliés des politiques publiques ces dernières années sont les transports publics et les piétons. Nous voulons offrir une solution digne d’une grande ville. Notre projet phare est la création d’une ligne de tram-bus. C’est un tramway sur pneus, cinq fois moins cher qu’un tram classique mais avec la même efficacité. La ligne relierait le Futuroscope, la zone de la République, Poitiers-Ouest, la gare, le centre-ville, le campus et le CHU.
Pourquoi ce projet ?
Il répond à deux enjeux. D’abord faciliter les déplacements des travailleurs, notamment ceux qui se rendent dans les zones d’activité ou au CHU et qui doivent aujourd’hui multiplier les correspondances. Ensuite capter une partie des 2,5 millions de visiteurs du Futuroscope pour les amener vers le centre-ville.
Nous voulons des passages toutes les six à sept minutes et des horaires étendus, afin que ce soit une véritable alternative à la voiture.
Soutenez-vous la gratuité des transports ?
Non. L’enjeu principal est d’avoir une offre fiable et fréquente. Beaucoup d’habitants nous disent qu’à certaines heures, le week-end ou pendant les vacances scolaires, les bus ne sont pas assez présents. Notre priorité est donc d’améliorer le service.
Reviendrez-vous sur la limitation à 30 km/h dans la ville ?
En centre-ville, cela a du sens, car les rues sont étroites. En revanche, sur certains boulevards larges et sécurisés, nous pourrons revenir partiellement sur cette mesure. Nous voulons être pragmatiques et fluidifier la circulation, notamment en améliorant la coordination des feux rouges pour limiter les bouchons et la pollution.
Vous évoquez aussi l’alimentation dans les cantines. Quelles mesures proposez-vous ?
La première étape est déjà de faire respecter la loi EGalim, ( Ndlr: loi de 2018 qui définit à 20% la part des produits issus de l'agriculture biologique dans les menus de restauration collective ) ce qui n’est pas toujours le cas. Mais nous voulons aller plus loin en structurant des filières d’approvisionnement locales grâce à la commande publique. Notre objectif est clair : 100 % de produits bio dans les crèches, pour protéger les enfants des perturbateurs endocriniens, et tendre vers du 100 % bio ou local dans les cantines scolaires au cours du mandat.
Quelle mesure appliqueriez-vous dès votre arrivée à la mairie ?
Le passe-permis. Nous voulons financer jusqu’à 900 euros pour aider les jeunes à passer le permis de conduire. En échange, ils effectueront 50 heures d’engagement citoyen, par exemple dans des écoles, des EHPAD ou des associations. L’objectif est double : faciliter l’accès à l’emploi et redonner du sens à l’engagement collectif.
Vous insistez aussi sur la question du service public. Pourquoi ?
Parce qu’il s’est éloigné des habitants. Ce n’est pas la faute des agents, mais des choix politiques qui ont supprimé des postes sur le terrain. Résultat : des rues ou des espaces verts moins entretenus et des habitants qui ont le sentiment de ne pas être entendus.
Je veux recréer un service public de proximité. Cela passera aussi par une refonte d’EKIDOM, le bailleur social du territoire, afin d’améliorer le suivi des demandes des locataires.
Comment financer ces mesures dans un contexte budgétaire contraint ?
Les finances des collectivités vont se tendre, c’est certain. Notre programme est financé et nous ferons des choix clairs : revenir à l’essentiel.
Par exemple, faire appel à des sociétés privées pour certaines missions coûte parfois plus cher que de les réaliser en interne. Nous voulons aussi limiter le recours aux cabinets de conseil quand les compétences existent déjà dans la collectivité. Chaque euro dépensé devra être utile aux habitants.
Vous avez reçu le soutien d’anciens maires comme Jacques Santrot et de Alain Claeys. Vous inscrivez-vous dans leur héritage ?
Oui, bien sûr. Je m’inscris dans cette histoire politique, mais avec des défis nouveaux à relever. Ce que je veux conserver de cet héritage, c’est la considération des habitants, le dialogue et le sens des politiques publiques.
Le relais est entre de bonnes mains, et notre objectif est simple : apporter des solutions concrètes aux Poitevines et aux Poitevins.


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