Municipales en Bretagne : la prime au sortant s’applique, mais pas partout
Les trois quarts des maires sortants, ou successeurs désignés, l’ont emporté lors des élections municipales de 2020. Suite à ce premier tour du 15 mars 2026, certains en Bretagne ont déjà pu vérifier, ou contredire ce chiffre. Analyse.
Mairie de Quimper © Christophe PluchonAu niveau national, 63 % des maires sont candidats à leur réélection pour ces municipales selon le Cevipov. Chacun d’entre eux espère bénéficier de la prime au sortant, cette probabilité plus élevée d’être élu grâce au statut de maire. En Bretagne, le premier tour laisse apparaître différents scénarios.
Victoire sans équivoque
Aux élections municipales de 2020, trois-quarts des maires sortants ou successeurs désignés ont remporté le scrutin local en France. Une prime au sortant vérifiée, souvent expliquée par un fort lien de proximité et la stature du maire qui confère une popularité difficile à égaler.
Exemple de cette popularité à Guingamp. Seul un tour aura suffi à Philippe Le Goff pour être élu face à deux listes concurrentes. Avec 60 % des voix, le premier édile divers gauche repart pour un troisième mandat. En 2020, il l’avait déjà emporté dès le premier tour. "Quand on gagne avec ce score-là, ça veut dire que, un, on a la confiance des électeurs, et de deux , on doit continuer à œuvrer pour la ville et les habitants", commentait-il ce dimanche soir.
En position de favoris
Si cette prime au sortant n’est pas forcément un tremplin pour l’emporter au premier tour, c’est potentiellement une belle option vers la victoire. À Quimper, la maire Isabelle Assih, avec sa liste d’union à gauche, termine ce premier scrutin avec 14 points d’avance sur son concurrent divers droite, "C'est totalement inédit pour une ville comme Quimper, qui a beaucoup été dans l'alternance droite-gauche", analyse-t-elle. Malgré une possible quadrangulaire au second tour, ses 46 % la positionne au statut de favorite.
Même situation à Rennes, où Nathalie Appéré obtient 34 % des voix, 12 points devant son premier concurrent de l'Union du centre.
La défaite ou presque
Mais si la prime au votant bénéficie à certains, le(s) mandat(s) passé(s) ne profite pas à d'autres. À Brest, François Cuillandre, maire de gauche depuis 2001, s’est fait doubler à droite ce dimanche 15 mars. Son concurrent Stéphane Roudaut le dépasse de 7 points, avec 30% des voix.
Plus dramatique, le scrutin à Ploërmel a renversé le maire sortant. Patrick Le Diffon, en poste depuis 2014, a vu son adversaire de l’opposition prendre 59 % des voix dès le premier tour. Malgré les trois sièges obtenus au conseil municipal avec 20 % des voix, le premier édile a décidé de se retirer de la vie politique locale, après ce qu’il considère comme “un séisme, une sanction”. Il compte conserver son mandat de conseiller régional.




