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Municipales à Bordeaux : le handicap, grand oublié des programmes ?

Municipales à Bordeaux : le handicap, grand oublié des programmes ?

Un article rédigé par Simon Reveau - RCF Bordeaux, le 11 mars 2026 - Modifié le 11 mars 2026

Le handicap encore écarté de la politique ? C’est le constat de Benoît Pelaprat, président des conseils nationaux à la vie sociale de Paris et Bordeaux à LADAPT, l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. À quelques jours du premier tour des élections municipales, le dimanche 15 mars, force est de constater que le handicap est une nouvelle fois oublié. Mobilité, fiabilité et sécurité sont les grands enjeux pour les personnes en situation de handicap.

Benoît Pelaprat espère une reconnaissance du handicap des politiques à l'avenir.Benoît Pelaprat espère une reconnaissance du handicap des politiques à l'avenir.

Le 9 juillet 2000, Benoît Pelaprat est victime d’un grave accident de voiture. Considéré comme mort et plongé dans le coma, il s’en sort finalement avec un lourd traumatisme crânien. Reconnu avec un handicap à 80 %, il milite aujourd’hui pour une meilleure reconnaissance des personnes en situation de handicap. Mais se déplacer à Bordeaux avec un handicap reste un véritable défi. Entre les trottoirs étroits, les rues encombrées par les poubelles et le manque d’accessibilité pour les fauteuils, les travaux à mener sont colossaux. Parmi les nombreux problèmes, la question de la mobilité arrive en tête.

Un problème de mobilités

À la veille des élections municipales, nombreux sont les candidats bordelais qui souhaitent réformer les transports et les mobilités. Mais parmi eux, aucun ne propose réellement de mesures spécifiques pour les personnes en situation de handicap. « Les candidats, je ne peux pas dire qu’il y en a un qui sort plus du lot que les autres. J’aimerais qu’ils prennent leur courage à deux mains pour être davantage à l’écoute des personnes en situation de handicap, car nous, on se sent exclus », confie Benoît Pelaprat.


Car ce n’est une surprise pour aucun Bordelais : aux heures de pointe, les transports en commun sont saturés. Les tramways sont bondés, les bus également. Les personnes atteintes d’un handicap disposent pourtant d’une carte leur permettant d’accéder à des places réservées. « Les bus sont surchargés et certains prennent les places des personnes handicapées, c’est très compliqué », souligne-t-il.

Un problème de fiabilité

Pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite, Transports Bordeaux Métropole (TBM) a mis en place les Mobibus. Ces bus fonctionnent sur réservation dans les 28 communes de la métropole. Une idée inclusive et utile sur le papier, mais dans la réalité, ces bus accusent parfois un retard considérable, ou pire : ils ne passent pas. « Avec les Mobibus, on a énormément de mal à prévoir des rendez-vous ou des sorties. On a toujours peur qu’ils ne passent pas », explique Benoît Pelaprat.


Autre problème : TBM a tenté d’ouvrir ce service aux personnes âgées ainsi qu’aux personnes en situation de handicap. Mais cette solution s’est révélée compliquée à gérer. « En tant que personnes en situation de handicap, nous pouvons parfois avoir certains comportements liés à notre situation. Pour des personnes qui ne comprennent pas, cela peut surprendre, voire provoquer des tensions. Les Mobibus devraient être réservés uniquement aux personnes à mobilité réduite », estime-t-il.

Un problème de sécurité

Avec ces nombreuses difficultés, la sécurité des personnes en situation de handicap peut être mise à mal. En moyenne, 80 % des handicaps sont invisibles. Une réalité qui entraîne parfois des incompréhensions de la part des personnes valides. « Je prenais un bus surchargé et j’ai sorti ma carte pour avoir une place, sans m’asseoir immédiatement. Un jeune m’a alors agressé en me disant : “Tu es handicapé d’où toi ? Tu m’as fait chier pour prendre ma place alors assieds-toi.” », raconte-t-il.


La sécurité est au cœur des municipales et des programmes des candidats, mais force est de constater que la question du handicap est une nouvelle fois peu évoquée. Pourtant, en tant que personne en situation de handicap, Benoît Pelaprat explique ne pas toujours se sentir rassuré lorsqu’il se déplace dans Bordeaux.

Un problème de reconnaissance

Ce que dénonce par-dessus tout Benoît Pelaprat, c’est le manque de reconnaissance des candidats aux municipales de Bordeaux. Et cela commence dès la compréhension de leurs programmes. « Parfois, les programmes sont déjà incompréhensibles pour des personnes valides, alors imaginez pour une personne en situation de handicap », explique-t-il.


Benoît Pelaprat réclame davantage de reconnaissance et plus de moyens pour permettre aux personnes en situation de handicap d’aller voter. « On a les mêmes droits que tout le monde, mais pourtant on se sent constamment oubliés. Nous, on le vit mal », déclare-t-il. Benoît Pelaprat poursuit son combat et espère davantage de visibilité pour le handicap dans la société, notamment dans les politiques publiques.

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