Municipales 2026 : pourquoi l’attractivité des territoires sera au cœur du scrutin
Transports, logements, écoles, dynamisme économique… Derrière le mot "attractivité" se joue une bataille essentielle des municipales 2026. Comment les maires peuvent-ils rendre leur territoire plus attractif ? Quelles sont leurs véritables marges de manœuvre ? Analyse avec Aurélia Troupel, politiste à l’Université de Montpellier dans ce quatrième épisode de notre série sur les élections municipales.
Les transports, enjeux d'attractivité et des municipales en 2026 © CJL1Attirer ou retenir : un défi stratégique pour les communes
Dans les programmes des candidats aux municipales 2026, le terme "attractivité" revient avec insistance. Mais pour Aurélia Troupel, maître de conférences en science politique à l’Université de Montpellier et membre du Cepel, derrière cette formule souvent utilisée comme un slogan se cachent des réalités très concrètes.
L’attractivité renvoie à une forme de marketing territorial. Il s’agit de savoir ce qui rend un territoire capable d’attirer ou de retenir des habitants.
En réalité, la notion englobe l’ensemble des politiques publiques locales. Rendre un territoire attractif, c’est maintenir une école ouverte, préserver un commerce de proximité, proposer une offre de transport adaptée, faciliter l’accès au logement ou encore soutenir l’activité économique. Autrement dit, c’est agir sur les conditions de vie quotidiennes.
Des réalités très différentes selon la taille de la commune
Toutes les communes ne disposent pas des mêmes leviers. Aurélia Troupel prend l’exemple du maire d’une grande ville comme Montpellier, qui préside en plus une métropole : il bénéficiera de moyens financiers et administratifs bien supérieurs à ceux d’un maire rural. "Tout dépend de la taille de la commune, de ses ressources et de son positionnement au sein de l’intercommunalité", souligne Aurélia Troupel.
Dans un village, l’enjeu est souvent de maintenir ou de faire revenir une population plus jeune afin de préserver l’école et les services publics, tout en permettant aux habitants âgés de rester sur place. À l’inverse, une grande ville confrontée à une forte croissance démographique doit gérer la pression sur le logement, les infrastructures scolaires et les transports. La politiste poursuit avec l’exemple de Montpellier, qui accueille environ mille nouveaux habitants chaque mois. Cette dynamique oblige à anticiper l’urbanisation, à développer les mobilités et à coordonner les politiques publiques avec les communes voisines.
Logement et mobilité, piliers de l’attractivité
L’attractivité territoriale se joue en grande partie sur la question du logement et des déplacements. Lorsque les nouveaux habitants ne trouvent pas à se loger dans la ville-centre, ils s’installent dans les communes périphériques. Cela suppose de renforcer les transports en commun, de créer de nouvelles infrastructures scolaires et d’anticiper les besoins en équipements publics.
En zone urbaine, la mobilité s’organise autour de pôles multimodaux où l’on peut laisser sa voiture pour emprunter tramway, bus ou vélo. L’objectif est de fluidifier les déplacements tout en limitant l’usage de l’automobile. Dans les zones rurales ou périurbaines, la situation est plus complexe. Les transports en commun y sont moins fréquents, parfois inexistants, et les investissements peuvent paraître disproportionnés au regard du nombre d’usagers potentiels.
Ce décalage alimente un développement à deux vitesses entre espaces urbains et territoires ruraux, notamment en matière d’infrastructures ferroviaires ou de transition vers la mobilité électrique.
Les maires ne décident pas de tout. Certaines grandes infrastructures, comme une autoroute ou une ligne ferroviaire, relèvent de l’État ou de la Région. Même si un maire s’y oppose, sa capacité d’action reste limitée lorsque le projet est jugé d’intérêt national. En revanche, son pouvoir est plus réel à l’échelle de l’intercommunalité. C’est là que peuvent être mis en place des services concrets comme un bus à la demande, une zone d’activité économique ou un plan local d’urbanisme commun. Autrement dit, l’attractivité se joue souvent à plusieurs mains, et rarement seul dans son bureau de mairie.
Un choix politique structurant pour 2026
Au fond, la question de l’attractivité interroge le modèle de développement que les habitants souhaitent pour leur territoire. Faut-il encourager la croissance démographique ou préserver un équilibre plus stable ? Comment concilier développement économique et transition écologique ? Quelle place donner aux mobilités durables dans des espaces peu denses ?
Autant de débats qui traversent la campagne des municipales 2026. L’attractivité n’est pas qu’un argument électoral : elle conditionne l’avenir démographique, économique et social des communes, qu’elles soient rurales ou urbaines.


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