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Municipales 2026 : les enseignements du second tour en Alsace

Municipales 2026 : les enseignements du second tour en Alsace

Un article rédigé par Marie Lucie Walch - RCF Alsace, le 23 mars 2026 - Modifié le 25 mars 2026
Emission exceptionnelle · RCF AlsaceMunicipales 2026 en Alsace : le 2e décryptage des résultats

Catherine Trautmann reprend la mairie de Strasbourg 25 ans après son dernier mandat, une commune haut-rhinoise passe au Rassemblement National, Mulhouse élit une liste indépendante alliée à une candidate Renaissance. Le point sur ce qu'il faut retenir du second scrutin des élections municipales. 

PixabayPixabay

44 communes en Alsace ont découvert hier le nom de leur nouveau maire, avec des surprises pour certains, et des airs de déjà vu pour d’autres… 

Une liste centriste sans étiquette à Mulhouse

Première surprise : alors que Mulhouse présentait une quinquangulaire au second tour, un inédit, c’est l’une des deux listes citoyennes en lice qui l'a remporté avec 24% des voix. Michèle Lutz, la maire sortante et ancienne LR, est arrivée seulement en 4e position. Frédéric Marquet a su profiter d’une alliance avec la centriste Lara Million. Mulhouse tourne donc la page à 16 ans de gouvernance municipal à droite.

Dans le reste de la France, le nombre des listes citoyennes et participatives ont atteint un nouveau seuil : 682. Pour Murielle Fabre, secrétaire de l'Association des Maires de France (AMF) et maire de Lampertheim (67), ce chiffre n'indique cependant pas une mobilisation citoyenne plus forte qu'avant. "Aujourd'hui, il y a un engouement dans certaines communes, mais pas de manière globale pour le politique, affirme-t-elle. Il suffit de regarder le taux d'abstention qui est 6 points plus haut que celui de 2014 pour ces élections. On s'attendait à mieux. Il faut aussi regarder le nombre élevé de communes qui ont présenté une seule liste au premier tour. Il faut donc nuancer cette tendance. "

Le Rassemblement National s'implante en Alsace

Pour la première fois, une liste du Rassemblement national a été élue en Alsace. La candidate RN Raphaële Schober a remporté la mairie de Wittelsheim avec 34,6% des suffrages, soit 17 voix de plus que le maire divers droite sortant Yves Goepfert. En 2017 déjà, cette ville minière du bassin potassique du Haut Rhin de plus de 10 000 habitants avait voté à  56,37 % pour Marine le Pen lors des élections présidentielles.

Durant les législatives de 2022, le parti à la flamme avait par ailleurs enregistré le plus grand nombre de voix de son histoire en Alsace avec plus de 340 000 votes au second tour. Et en 2024, la 8e circonscription du Bas Rhin élisait son 1er député RN, Théo Bernhardt. Plus récemment dans cette campagne Virginie Joron, la malheureuse candidate du Rassemblement national à Strasbourg a annoncé vouloir ouvrir une antenne locale pérenne. À Colmar, une candidate RN, Nathalie Aubert, a passé le premier tour avec plus de 15% des voix, 25 ans après qu’une liste d'extrême droite ne se soit présentée aux municipales dans la Petite Venise du Haut Rhin. Le parti de Jordan Bardella s'est aussi présenté pour la première fois à Lingolsheim et a réussi à décrocher 3 sièges dans l'opposition.

"Sur les municipales, on ne voit pas exactement la même dynamique, tempère Sébastien Michon, sociologue en science politique au CNRS d'Alsace. Le vote sur étiquette nécessite tout de même une implantation locale pour les élections municipales. Le RN s'implante, certes, mais ses dirigeants espéraient certainement mieux."

Le Rassemblement National s'implante, certes, mais ses dirigeants espéraient certainement mieux.

L'abstention persiste et signe dans les quartiers populaires

A l'inverse, cette lente progression du RN a pu être moteur de participation pour certains électeurs selon Sébastien Michon." L'abstention est assez importante élection après élection, à l'exception des présidentielles de 2022 et des législatives de 2024. Il y a beaucoup d'abstention dans les quartiers populaires et les villes assez pauvres. Le risque d'une victoire du rassemblement national avait certes mobilisé dans les quartiers populaires, mais l'élection d'après, tout semble oublié. Au premier tour à Strasbourg, certains bureaux de vote dans ces lieux affichaient seulement 30% de participation, contre 75% ailleurs. Il y a encore du travail à mener pour convaincre d'aller voter."

Les barons de la politique alsacienne font leur retour

Pour ce qui est du déjà-vu, certaines figures phares ressurgissent. C'est le cas à Kayersberg-Vignoble où l’écologiste Henri Stoll est de retour au poste de maire. Cela faisait 10 ans qui l'avait quitté après l'avoir occupé pendant deux décennies. A Haguenau, la liste du maire sortant, Claude Sturni arrive en première position avec 51% des suffrages, de même qu’à Colmar où Eric Straumann rempile pour un deuxième mandat. "En réélisant ces personnalités, on a l'impression que les Alsaciens ont besoin d'être rassurés. Il n'y a pas tellement eu de place aux jeunes", commente Yolande Baldeweck , journaliste et observatrice de la vie politique alsacienne depuis plusieurs années.

Ces figures rassurent.

Mais c’est dans la capitale de l’Alsace que le come-back le plus spectaculaire s’est joué : 25 ans après son deuxième mandat, la socialiste Catherine Trautmann revient à la mairie de Strasbourg pour la troisième fois, avec 37% des voix. Un score qui dépasse la seule logique du report de voix escompté par son alliance avec la liste du candidat centriste Pierre Jakubowicz face à la fusion entre les listes écologistes et insoumises sous la houlette de la maire sortante. "Les électeurs ont suivi la démarche de Catherine Trautmann qui a fait une campagne très personnalisée. Ce n'est donc pas une simple addition des voix."

Fin de la municipalité verte à Strasbourg

Ce retour met donc fin à l’élan vert mené par l'écologiste Jeanne Barseghian durant 6 ans dans la capitale européenne. Catherine Trautmann  s’affiche en effet en rupture avec la gouvernance de la maire sortante contre laquelle elle s’est opposée durant le mandat précédent. 

Pour autant, la maire socialiste a affirmé se préoccupé des questions climatiques. Elle souhaite entreprendre une révision du plan climat de la capitale de l'Alsace et réduire la circulation sur la M35, l'autoroute qui longe Strasbourg.

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