Municipales 2026 : les commerçants du Puy-en-Velay demandent des engagements aux candidats
Les artisans et commerçants du Puy-en-Velay distribuent, à tous les candidats aux municipales, un Livre Blanc pour redynamiser et faire revenir les clients dans le centre-ville. Dans ce document d’une vingtaine de pages, ils font des propositions autour de 5 axes. L’ambition est de « faire de ce prochain mandat, le mandat du commerce et de l’artisanat ».
Des artisans/commerçants membres du groupe de travail sur le Livre Blanc ©Martin Obadia - RCF Haute-LoireCe n’est pas un programme politique, car les commerçants du Puy-en-Velay ne sont pas candidats, mais ça pourrait y ressembler. Ils envoient actuellement un Livre blanc aux candidats aux élections municipales dans la cité ponote pour que chacun mette le commerce de centre-ville au cœur de leur campagne et de leur futur mandat. Ils ne veulent pas être « exclus des décisions des 6 prochaines années » explique Antoine Wassner, président de la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) de Haute-Loire.
Les commerçants veulent être des « partenaires actifs des politiques publiques locales » selon Hacène Djerdi, président de l’office de commerce et de l’artisanat de l’Agglomération du Puy-en-Velay. En clair, être associés aux réflexions de la future municipalité et ne pas découvrir les actions au moment où elles sont dévoilées. Les participants à ce document demandent aux candidats de prendre des engagements.
Faire venir et revenir les clients en centre-ville
Ce Livre Blanc se veut être un « outil stratégique d’aide à la décision, issu du terrain » affirme Hacène Djerdi. Il vise à délivrer un « message positif » pour inciter les clients à venir et revenir en centre-ville et ne pas être dans une critique des décisions comme cela a été le cas pendant plusieurs années. Et le président de la CCI de lancer « venez acheter local. Il y a du lien social à travers une ville. Le commerce est une chance, une ville sans commerce perd son charme ».
Ce document est construit autour de 5 axes. Il est le résultat du travail d’un groupe de commerçants et artisans avec « l’expérience du terrain » et des nouveaux qui peuvent apporter de nouvelles idées et de nouveaux points de vue. Ils se sont rencontrés une dizaine de fois dans une approche « pragmatique et opérationnelle ». Ce travail a été complété par une étude de marché réalisée par les étudiants de l’ISCI (Institut supérieur commerce & industrie) de la CCI au Puy-en-Velay sur le commerce du centre-ville. Ce Livre Blanc « montre une nouvelle vision du commerce » selon ses rédacteurs.
Améliorer le stationnement et se renforcer sur le numérique
Le numérique prend une place toujours plus prégnante dans la vie de tous les jours. Certains commerçants du Puy-en-Velay n’ont pas encore totalement pris le pli de cette évolution. Une des ambitions est de renforcer la digitalisation des boutiques. Cela peut passer par un travail avec l’intelligence artificielle ou le développement de nouveaux services comme les consignes intelligentes. Elles permettraient aux clients de récupérer leurs achats en dehors des heures d’ouverture.
La mobilité et notamment le stationnement restent des freins à la venue des clients en centre-ville. Le Livre Blanc propose d’optimiser l’existant avant de créer de nouveaux parkings. Par exemple, ouvrir toute l’année la partie sablée du Breuil, revoir la signalétique des parkings et avoir une politique tarifaire stable et incitative. Les commerçants estiment qu’elle change trop régulièrement. Hacène Djerdi dit aussi vouloir « avoir un phare en centre-ville » à travers la création d’un parking à étage, boulevard de la République. « Forcément les gens viennent en voiture. La ville sans voiture ce n’est pas possible en territoire rural » affirme Antoine Wassner. Les commerçants rappellent que 30% des clients au Puy-en-Velay viennent d’Ardèche et de Lozère. Le Livre évoque aussi le développement des mobilités douces.
Une expérience client « premium » et une identité territoriale
Les commerçants projettent aussi de « reconquérir le cœur des altiligériens » en offrant une expérience client « premium ». Il s’agit là d’un axe prioritaire selon eux. Cela passe par une montée en gamme de l’accueil et du service, une amélioration de l’éclairage et des équipements sonores mais aussi par un travail sur des boutiques vides car « les dents creuses tirent la rue vers le bas » explique Hacène Djerdi. Recensement, intervention d’artistes, aides au remembrement, les rédacteurs fourmillent d’idées.
Cet axe repose sur une meilleure collaboration entre municipalité et acteurs du centre-ville avec par exemple une réflexion concertée sur les animations (dégustations, démonstrations, etc…) pour « défendre le métier et avoir une discussion ouverte » entre commerçants/artisans et clients. Parmi les vecteurs de dynamisme, la création de city game, un escape game dans toute la ville, une semaine du commerce de proximité plus marquée en proposant une immersion des étudiants et des jeunes dans les boutiques pour comprendre le travail en magasin. Cette démarche permettrait aussi de faire de la pédagogie sur leur rôle en tant que consommateurs.
Les artisans de ce Livre Blanc souhaitent également valoriser une identité territoriale « forte ». Ce projet passerait par la mise en valeur du patrimoine, des produits locaux et des savoirs faires à travers la création d’une marque territoriale. Pour assurer une qualité, une expérience et renforcer la confiance envers les échoppes, un label pourrait être créé et apposé sur les vitrines. La formation et l'accompagnement des artisans et commerçants est aussi un enjeu pour que personne ne reste isolé.
L’ensemble des propositions est chiffré entre 9 et 15 millions d’euros. Certaines actions découlent directement des commerçants, d’autres de la municipalité. « Si les élus ne sont pas là, ça ne marchera pas », conclue Hacène Djerdi.
