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Municipales 2026 en Normandie : les enseignements du premier tour

Municipales 2026 en Normandie : les enseignements du premier tour

Un article rédigé par Bénédicte Buisson - RCF Normandie, le 16 mars 2026 - Modifié le 17 mars 2026
L'actu normandeLes résultats du premier tour des municipales 2026 en Normandie

Une faible participation, la progression du Rassemblement national, et des surprises à Alençon et Cherbourg… On fait le point sur les enseignements de ce premier tour des Municipales en Normandie avec le politologue Cyril Crespin. 
 

La ville d'Alençon concentra l’attention pour le second tour, tout comme Cherbourg-en-Cotentin ©RCF OrneLa ville d'Alençon concentra l’attention pour le second tour, tout comme Cherbourg-en-Cotentin ©RCF Orne

Dimanche 15 mars avait lieu le premier tour des élections municipales. Pour le politologue normand, Cyril Crespin, trois enseignements sont à retenir après ce premier tour : le faible taux de participation, la progression du Rassemblement national pour un scrutin local et la prime aux sortants.

Une abstention record

Les observateurs politiques le prévoyaient. Les Normands, comme les Français, se sont peu déplacés au bureau de vote. Au soir de ce premier tour, le taux de participation définitif est de 56,96 % en Normandie. Un taux de participation, certes plus important qu’en 2020 (44,9 %), au lendemain de l'annonce du confinement, mais en baisse de 7 points par rapport à 2014. Dans le détail, c'est le département de l'Eure qui affiche le taux de participation le plus bas, 54,54 % (contre 64,46 % en 2014). Ce recul de 10 points se retrouve également dans la Manche et dans l'Orne. Le taux de participation est de 57,78 % dans la Manche (contre 67 % en 2014) et de 58,19 % dans l'Orne (contre 68,44 % en 2014). En Seine-Maritime, 56,11 % des inscrits sont allés voter (contre 61 % en 2014) et dans le Calvados 58,18 %. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce manque de mobilisation : le changement du mode de scrutin, 7 communes sur 10 ne présentaient qu’une seule liste en Normandie, et le contexte international qui a largement occupé l’espace médiatique ces dernières semaines.

Une prime aux sortants

Autre leçon de ce premier tour, « il y a clairement eu une prime au sortant, des maires sortants ont été confortés dans leur territoire », analyse Cyril Crespin. Ainsi, à Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol obtient 45,13 % des voix, devançant nettement la candidate Horizons Marine Caron, qui a rassemblé 24,76 % des suffrages. Au Havre, Édouard Philippe, qui avait nationalisé le scrutin, en annonçant que son élection à la mairie validerait sa candidature à l’Élysée, bénéficie d’une avance de près de 10 points devant le candidat communiste Jean-Paul Lecoq. À Caen, le maire sortant Aristide Olivier arrive largement en tête avec près de 49 % des voix devant le candidat de gauche Rudy L’Orphelin (21%).

La vague sous-marine du Rassemblement national

Cyril Crespin note également une percée du Rassemblement national. « Jusqu’ici, son nom voulait tout dire, Front national, Rassemblement National, c’était un mouvement national qui ne vivait que par les élections nationales, européennes, législatives. Ces dernières années, il réussissait de meilleurs résultats aux régionales et aux départementales, mais butait sur les élections municipales. » Pour le premier tour de ces élections, le parti d’extrême droite comptait 27 listes en Normandie, dont 10 dans l’Eure. Si jusque-là les grandes villes lui échappaient, de par leur sociologie, le mouvement affiche cette fois de très bons scores dans des villes moyennes, comme dans des grandes villes. Il double son score à Rouen, arrive en deuxième position à Alençon et réalise près de 8 % à Caen.  

« C’est la démonstration qu’il y a bien une vague sous-marine, elle est moins visible qu’aux élections législatives, mais il y a bien un terreau qui se forme dans les villes moyennes comme dans certaines grandes villes. La semaine prochaine, il y aura une cohorte de conseillers municipaux. » Ces nouveaux conseillers municipaux pèseront aux prochaines élections sénatoriales. 
 

Alençon et Cherbourg, deux villes à surveiller au prochain tour

Deux villes ont créé la surprise hier dans l’Orne. Flers qui bascule dès le premier tour à droite. Et à Alençon, la liste de la majorité sortante est très en difficulté, derrière Sophie Douvry, candidate divers droite, et Oscar Piloquet, candidat du Rassemblement national, ce qui rend le deuxième tour complètement incertain.  

Autre surprise de ce premier tour, les résultats à Cherbourg-en-Cotentin, fief de la gauche depuis 1977. Benoît Arrivé, le maire sortant socialiste, est devancé de 4 points par Camille Margueritte, la candidate de la droite et du centre. « Elle a une avance qui est plutôt confortable, mais c’est à la fois sa force et sa faiblesse, les réservoirs sont assez faibles. La gauche va devoir s’unir si elle veut conserver la ville. La bascule de Cherbourg à droite serait une grosse surprise. »

Les candidats qui se maintiennent au second tour ont jusqu’à ce mardi 17 mars 18 h pour déposer leur candidature en préfecture. Seules 69 communes normandes sont concernées par un second tour : 9 dans l’Eure, 24 en Seine-Maritime, 16 dans le Calvados, 8 dans l’Orne et 12 dans la Manche. 
 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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