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Municipales 2026 : Comment les communautés religieuses se préparent-elles à élire leurs futurs maires ?

Municipales 2026 : Comment les communautés religieuses se préparent-elles à élire leurs futurs maires ?

Un article rédigé par RCF Alsace - RCF Alsace, le 9 mars 2026 - Modifié le 12 mars 2026

Comment les communautés religieuses s’informent-elles avant une élection ? Comment se rendent-elles aux urnes pour celles qui ne sortent habituellement pas de leur couvent ? Trois communautés au contexte différents témoignent.

 

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Si la politique anime de manière visible les discussions dans l’espace public, cette dernière se vit différemment dans le cadre des espaces clos, où la parole se partage autrement. C’est le cas notamment au cœur des communautés religieuses. Plongée au coeur de trois congrégations, trois contextes, trois expériences différentes.

Pas de réunions dédiées

Il y a deux choses dont on ne parle pas en communauté pour éviter de se disputer : la politique et la liturgie.” Cette affirmation lancée sur le ton de la plaisanterie, le frère Patrick Dominique Link la vit pourtant concrètement  au couvent des Dominicains à Strasbourg dont il est le prieur. “Dans l'ordre dominicain, on est assez indépendant. Les questions de vote restent donc très personnelles.” Les discussions entre frères restent d’ailleurs limitées pendant cette période de carême durant laquelle se tiennent les élections municipales, puisque le silence est de mise à table le midi, moment clé pour se retrouver. Et si la discrétion a tenu bon jusqu’à présent, le prieur imagine que “ça va commencer à s'agiter un peu” lors de la réception des tracts des candidats à quelques jours du scrutin, d'autant plus que la capitale alsacienne présente 12 listes

Les questions de vote restent très personnelles.

Même impression de mesure à quelques kilomètres au sud, au sein de la clôture des Dominicaines à Orbey dans le Haut Rhin. Dans l’unique boite au lettre du monastère, les propositions la deuxième liste est arrivée il y a quelques jours, après que l'un des candidats soit venu "en voisin" la remettre au couvent. “On lit les tracts et on en discute de manière informelle pendant les temps communautaires. mais cela ne fait pas le sujet d’une réunion importante. Les enjeux ne sont pas extraordinaires ni vraiment politiques dans la commune,” justifie la prieure sœur Blandine. "En revanche, dans le cadre d’autres élections, comme les présidentielles, on en parle davantage.” 

En parler avec les sœurs âgées et les sœurs dites étrangères

Dans la communauté des sœurs de Saint-Joseph de Saint-Marc à Gueberschwihr, le sujet a été abordé en décembre par la Provinciale, responsable de la congrégation en France. “Elle nous a rappelé que ça allait arriver et qu’il serait bon de nous informer. Cela a fait ensuite un bon sujet de discussion à table !", sourit soeur Sophie. 

Cela a fait un bon sujet de discussion à table !

Pour compléter les informations lues dans les journaux, les religieuses bénéficient de sources de première main : “Nous avons beaucoup de relations avec les gens du village. Nous pouvons même discuter avec certains candidats à la sortie de la messe. Nous sommes très intégrées dans la vie du village, à 2 km de chez nous, et le village est intégré dans la vie du couvent.” 

La vie du village est intégrée dans la vie du couvent.

Cette conscience politique est d’autant plus développée que la communauté compte également quelques sœurs plus jeunes venues d’autres pays, comme l’Inde, qui ne peuvent pas voter.Elles ne votent ni dans leur pays d’origine ni ici. Cela nous attriste, mais nous, nous ne les considérons pas comme étrangères et elles prennent part aux discussions que nous pouvons avoir au sujet de ces élections. Et nous, nous sommes concernées par la situation de ce qui se passe chez elles. Ce qui leur arrive dans leur pays, c’est notre affaire.”

Quels critères pour élire le prochain maire ? 

Avec une large majorité d'aumôniers en hôpital  au sein de sa communauté, le prieur dominicain estime que le vote des religieux devrait se porter sur l'attention vis à vis du prochain. “Lorsqu'on va à l'hôpital, on rencontre effectivement un peu le tout-venant, y compris des gens très pauvres qui n'ont rien. Cela oriente forcément notre vision de la société, explique frère Patrick Dominique Link. Je pense que c'est communautaire et tout simplement chrétien."

À plus petite échelle, dans le village de Gueberschwihr, sœur Sophie du couvent Saint Marc espère, elle, continuer à entretenir des liens avec la municipalité, associée lors de différents projets entrepris au Couvent. “C'est très important pour moi que ce soit une personne intègre et puis surtout un respect de ce que nous sommes : Nous avons donné notre vie pour la cause du Christ, pour la cause de l'amour des personnes, pour le bien des personnes. Il serait bon que le prochain maire respecte cela.” Quant aux Dominicaines, elles semblent moins se soucier de l'influence directe du conseil municipal sur leur communauté que sur les habitants à en croire la prieure d'Orbey : "Nous attendons surtout du futur conseil municipal qu’il maintienne un climat positif et convivial dans la commune." 

Le jour J, comment se rendre jusqu'au bureau de vote? 

En ville c'est plus facile, mais à la campagne, ces deux dimanches demandent une certaine organisation, comme pour le monastère Saint Jean-Baptiste d'Unterlinden à Orbey où les soeurs vont sortir exceptionnellement de leur clôture. "Nous sommes à 7km de Orbey. On essaye de regrouper les personnes qui vont voter en le moins de voiture possible. Mais s'il y a des sœurs qui ont des impossibilités à ce moment-là, elles peuvent y aller par leurs propres moyens dans la journée”, rapporte sœur Blandine.

Moins astreinte par la clôture, le Couvent de Gueberschwihr a toutefois organisé des procurations. Et c'est soeur Sophie qui s'en est occupée. A 82 ans, la religieuse qui vit depuis un an dans la communauté qui accueille une vingtaine de sœurs en grande partie âgée a fait venir deux gendarmes de Rouffach pour qu'ils puissent établir la procédure en bonne et due forme pour celles qui ne se déplacent plus et qui pourront ainsi exprimer leur voix, au même titre que n'importe quel autre citoyen. 

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