Municipales 2026 à Strasbourg : une alliance entre Ecologistes et Insoumis
A Strasbourg, Jeanne Barseghian, la maire sortante, semble en difficulté à l’issue du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, arrivée derrière Catherine Trautmann (PS) et Jean-Philippe Vetter (LR). L'alliance avec le candidat de la France Insoumise Florian Kobryn, 4e du premier scrutin avec 12% des voix, lui est apparu comme la condition pour garder les clefs de la mairie.
Au centre, Jeanne Barseghian, maire sortante ; au centre administratif de Strasbourg au soir du 1er tour. A sa droite Floriane Varieras, sa 4e de liste. RCF Alsace La tête de liste du parti Écologiste est arrivée en troisième position ce dimanche. Avec 19,7% des voix, elle reste coincée derrière le Républicain Jean-Philippe Vetter (24,2%) et la socialiste Catherine Trautmann (25,9%). Une situation que n’avait pas vu venir les sondages qui prédisaient un duel entre les deux anciennes maires de Strasbourg.
Parmi les trois autres listes maintenues d’office au second tour, "Strasbourg, fière et solidaire", menée par l’insoumis Florian Kobryn, se distingue. Et si, jusqu'aux résultats du premier tour, le candidat avait, a plusieurs reprises, tendu sa main afin de former une union de la gauche antifasciste dans le but "d'empêcher que la ville ne tombe dans les mains de la droite et du PS" : la maire sortante, n'y avait jamais vraiment répondu. C'est finalement ce lundi soir, 48 heures après les résultats, que les deux candidats ont pris la décision de
prolonger l’union qui était celle du nouveau front populaire
Une fusion pour « que Strasbourg reste à gauche »
En libérant donc 16 sièges sur 42 pour les Insoumis, Jeanne Barseghian assure se répartir la mairie, si élection, en respect des scores des deux listes. Certaines conditions se sont jointes à cette alliance, notamment du côté LFI, en imposant certains "non négociables" de leur programme initial comme la gratuité des transports en commun pour les moins de 25 ans, ou encore la suspension du jumelage de Strasbourg avec la ville israélienne de Ramat Gan.
Une annonce qui n’a pas fait l’unanimité parmi certains colistiers de la maire sortante, en particulier les cinq membres du parti Place Publique. Ces derniers ont d’ailleurs annoncé, avant même la prise de parole des deux partis, leur retrait de la liste écologiste, estimant qu’une telle alliance allait à l’encontre de leurs principes. Dans la foulée, Génération Ecologie les a suivi. Dans un communiqué, Didier Raas, co-référérent du parti en Alsace, a déclaré :
On ne peut pas combattre les adversaires de la démocratie en faisant alliance avec une force politique qui cultive la brutalité et l’antisémitisme.
Des militants à demi conquis
Pour certains militants, la fusion semble logique. “On n’a jamais fermé la porte à une alliance avec Jeanne Barseghian”, rappelle Maxime, militant LFI depuis dix ans. “J'espère qu’on pourra se retrouver sur une base de programme commun” poursuit-il, posté sur son vélo, près du Romulus, le restaurant où Florian Kobryn avait donné rendez-vous à ses soutiens. Non loin de là, aux Tontons flambeurs, repère des écologistes pour ce premier tour ; Thomas, 24 ans, nourrit le même souhait. “On peut s’entendre et mon souhait le plus grand est que Strasbourg ne revienne pas en arrière et reste à gauche”, explique-t-il. Jérôme, 41 ans, fidèle électeur vert, complète : “Au niveau local je vois une convergence sur beaucoup de points. Une alliance ne me choquerait pas.”
D'autres soutiennent une alliance par confiance en leur parti. C’est le cas de Sylvain, 27 ans, sympathisant insoumis. “N’importe quel choix qui sera fait, sera un choix responsable et réfléchi en fonction du contexte. Je sais que je les suivrai”, détaille-t-il. Quelques tables plus loin, Gabin et Justin, profitent aussi de la soirée. “On veut battre la droite et l'extrême droite qui montent en ce moment donc il faut prendre ses responsabilités”, commente Justin, 25 ans, qui se dit prêt à “mettre des choses de coté” pour cela. “Je préfère faire barrage et faire quelques concessions plutôt que d’avancer vers l’extrême droite”, renchérit, Gabin, 16 ans, pas encore en âge de voter.
Une main tendue aux antécédents complexes
Jusqu’alors, Jeanne Barseghian semblait peu encline à répondre favorablement. Elle avait ouvertement fait part de désaccords “sur le fond et sur la forme” avec les Insoumis, dans une interview donnée à nos confrères des DNA. Depuis, les deux candidats affirment être "alignés" grâce à une nuit de négociations "longue et intense".
En acceptant la fusion, la candidate Ecologiste s’inscrit ainsi parfaitement dans la lignée de son parti au niveau national. Marine Tondelier, cheffe de file des Verts, appelle en effet depuis plusieurs semaines à une réunion des gauches. “J’appelle toutes les forces de gauche à la désescalade. La vie quotidienne de millions de Françaises et de Français est en jeu”, écrivait elle récemment dans un post sur le réseau social X (anciennement twitter).


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