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Municipales 2026 : à Strasbourg, un candidat d'extrême-gauche se retire

Municipales 2026 : à Strasbourg, un candidat d'extrême-gauche se retire

Un article rédigé par RCF Alsace - RCF Alsace, le 26 février 2026 - Modifié le 27 février 2026

Ancien porte-parole du mouvement antifasciste la Jeune garde, Cem Yoldas retire sa candidature au siège de maire de la capitale alsacienne. Il dit être victime de menaces de l'extrême droite dans un contexte national et local particulièrement tendu. 

Cem Yoldas ancien candidat aux municipales de Strasbourg le 16 janvier 2026, dans le cadre d'une série d'entretiens avec tous les candidats strasbourgeois diffusés sur RCF AlsaceCem Yoldas ancien candidat aux municipales de Strasbourg le 16 janvier 2026, dans le cadre d'une série d'entretiens avec tous les candidats strasbourgeois diffusés sur RCF Alsace

Un de moins dans la compétition. Cem Yoldas, tête de la liste Strasbourg c'est nous, a annoncé retirer sa candidature le 25 février au soir, veille de la date limite du dépôt des listes. La décision a été prise pour "protéger ses colistiers et colistières de l'extrême droite", affirme l'ancien porte parole de la Jeune Garde, collectif antifasciste dissolu l'été dernier par le Conseil des ministres. 


Ciblé par des menaces de mort

L'ex candidat, notamment soutenu par le NPA-Anticapitaliste, a expliqué que sa seconde de liste - liste dont la composition devait être entièrement dévoilée lundi prochain- ainsi que lui-même, ont reçu des menaces de mort. “S'il ne s’agissait que de moi, si c'était une élection législative, nous serions allés jusqu’au bout mais notre liste [compte] 67 personnes et la responsabilité nous oblige a nous retirer”, a-t-il déclaré durant son discours. 


L'adresse exacte de son lieu de travail a par ailleurs été publié sur les réseaux sociaux par Virginie Joron, la candidate RN locale. "Elle le fait avec deux intentions : essayer de me mettre en difficulté face à mon employeur [et] permettre à des miliciens d’extrême droite de me localiser et de me viser dans une action violente”, estime Cem Yoldas. L'ancien candidat a cependant précisé qu'il n'avait, pour l'instant, été victime d'aucune violence physique suite à cette révélation. Il entend porter plainte contre la députée européenne ainsi que contre les personnes identifiées lui ayant envoyé des menaces de mort.


Le spectre de la mort de Quentin Deranque s'invite dans la campagne locale

Cette annonce s'inscrit dans un contexte national hanté par le meurtre de Quentin Deranque, militant d’extrême droite, lors d’une rixe avec des groupes antifascistes le 14 février à Lyon. L’extrême droite s’est depuis saisie de ce drame pour cibler l’ensemble des forces de gauche. “La mort de M.Deranque est un drame, a d'ailleurs déclaré Cem Yoldas, mais il n’est pas acceptable qu’un fait divers permette la criminalisation de l’antifascisme et normalise le rassemblement national". 


L'ancien candidat s'est exprimé pour la première fois sur les faits de violences à l'encontre de partisans nationalistes pour lesquels il sera jugé à l'été. Une vidéo de cet affrontement ayant eu lieu en 2023 rue des Veaux à Strasbourg, circule sur les réseaux sociaux depuis des mois. Le principal intéressé a dénoncé "une manœuvre du ministre de l’intérieur dans le cadre de la procédure de dissolution de la Jeune garde". Il a estimé s'être uniquement "défendu" contre des militants d’extrême droite, en sortie de manifestation. Dans le cas où sa culpabilité serait confirmée dans cette affaire, le militant antifasciste a déclaré qu'il porterait sa condamnation comme une ''médaille''.


Aucune consigne de vote

Alors que sa liste, Strasbourg c'est nous, était créditée à 5% au plus haut des sondages, sa tête de liste n'a donné aucune consigne de vote : "Les électeurs et électrices sont assez grands pour faire le choix qu’ils souhaitent”. De leur côté le candidat LFI Florian Kobryn ou encore la tête de liste du Mouvement populaire indépendant (MPI), Fahad Raja Muhammad ont manifesté leur regret de la pression exercée sur leur ancien concurrent.

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