Municipales 2026 à Strasbourg : Les propositions des candidats face aux tensions sur le marché du logement social
Strasbourg comptait 54 000 logements sociaux en 2023 selon le site de la Ville et de l’Eurométropole. Avec près de 30 000 demandes pour y accéder et seulement 12% d'attributions satisfaites, le besoin de logements à bas prix semble être devenu une nécessité pour les plus modestes. Face à cette crise, les candidats et candidates prétendant à la mairie strasbourgeoise, annonce des constructions, réhabilitations, voire, la création de nouvelles entités institutionnelles.
PixabayRénovation thermique, politiques de construction ambitieuses et mobilisation du parc vacant, sont autant de propositions communes à plusieurs listes à Strasbourg. Pour faire face à la crise du logement, certaines, ont décidé de penser des mesures spécifiques au parc social.
Jeanne Barseghian tient à l'encadrement des loyers
Comme les Socialistes et Insoumis, la candidate Ecologiste, Jeanne Barseghian, souhaite encadrer les loyers. Une réponse à la hausse de ces derniers, constatée depuis plusieurs années. Selon l'Observatoire local des loyers du Bas-Rhin, le loyer médian a augmenté de plus de 5% entre 2021 et 2023 à Strasbourg. Cet observatoire, créé sous l'impulsion du ministère en charge du logement et s'appuyant notamment sur l'agence départementale d'information sur le logement (ADIL), établissait le loyer médian de la ville à 11.1 €/m² en 2024. Une hausse parmi les plus conséquentes sur l'ensemble de la France. Par ailleurs, en cas de second mandat, la maire actuelle, souhaite construire 3000 nouveaux logements par an, dont 1250 dédiés au parc social 200 aux étudiants,150 en bail réel solidaire (le terrain reste propriété d'un organisme foncier solidaire) et 100 logements adaptés aux seniors.
Jean-Philippe Vetter souhaite investir les logements vacants
Légèrement moins ambitieux, Jean-Philippe Vetter, le candidat Républicain, entend rénover 1500 logements par an dont un tiers serait dédié à l’habitat social. Sa liste, Aimer Strasbourg, souhaite également réutiliser les logements vacants, sans pour autant les flécher nécessairement au social. Cette proposition commune à plusieurs candidats, fait écho aux près de 8000 domiciles vides dénombrés dans le parc privé en 2024 selon LOVAC, un outil open source de l’État. Parmi eux, 45% seraient inhabités depuis plus de deux ans.
Catherine Trautmann a recours à la loi
A l'image de ses concurrents, le parti socialiste souhaite investir les logements vacants ; mais cette fois, dans un but social. “Il faut voir comment on peut [réutiliser] des logements vides en logements sociaux”, commentait il y a quelques jours, Laure Pain, troisième sur la liste PS. Le parti à la rose compte également sur le droit de préemption de la mairie, pour compléter l’offre de logement social. La loi permet en effet pour une commune, de devenir l’acheteur favori d’un bien, si ce dernier est située en zone de préemption.
La France Insoumise multiplie les mesures
Le programme de Florian Kobryn porte plus de mesures dédiées aux logements sociaux que ses opposants. Le candidat Insoumis souhaite construire un nombre supérieur de logements sociaux que celui demandé par l’Etat, sans cependant avancer de chiffre précis. “Le taux de 25 % de logements sociaux s’applique aux communes dont la population est au moins égale à 1 500 habitants dans l’unité urbaine de Paris et 3 500 habitants dans le reste du territoire”, indique l’Agence Nationale pour l’Information sur le Logement (Anil). Le conseiller à la CEA entend “demander aux bailleurs sociaux de s’engager dans la baisse des loyers pour les ménages les plus fragiles et conditionner les subventions à une action sur le sujet”, comme le mentionne son programme. Enfin, l’accès au logements sociaux sera favorisée aux personnes les plus mal logées grâce à un système de quotas.
La candidate du Rassemblement national donne la préférence aux "strasbourgeois"
L'eurodéputée Virginie Joron, tête de liste du RN, entend "prioriser l’accès aux logements sociaux aux Strasbourgeois", d'après ce que confie à RCF Alsace son n°2, l'UDR David Saglamer. Ils n’ont cependant pas donné davantage de précisions sur le nombre de logements sociaux ou leurs critères exacts d’attribution.
Utiles pour Strasbourg propose une innovation institutionnelle
Le site du candidat Mohamed Sylla ne référence pas d'objectifs chiffrés sur la construction de logements sociaux. Pour autant, la liste Utiles pour Strasbourg, souhaite lutter contre “l’opacité de l’attribution des logements sociaux” en désignant un référent municipal "Logement social et transparence". Son rôle consisterait notamment à centraliser les signalements citoyens, saisir l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) “en cas de dysfonctionnements avérés” et établir un rapport annuel public sur le logement social dans la ville.
Pierre Jakubowicz s'appuie sur la rénovation de la M35 pour proposer plus de logements
Le candidat centriste estime que l’Eurométropole manque de 30 000 logements. Une pénurie à laquelle il souhaite répondre par la construction avec en ligne de mire, 3000 toits en l’espace de six ans. Le conseiller municipal d'opposition, qui réunit autour de sa candidature les partis Horizons, Modem et Renaissance, mise également sur la réutilisation de l’ancienne autoroute 35. "Je lancerai une réflexion dès le début du mandat prochain sur l’évolution de la M35 : son recouvrement ou enfouissement partiel [pourrait] libérer plusieurs dizaine d'hectares”, a-t-il annoncé au micro du podcast spécialisé Igloo on Air. Réinvestir cet espace permettrait selon lui de bâtir 15 000 à 20 000 logements. Pierre Jakubowicz n'a cependant pas précisé si ceux-ci seraient dédiés au social.
Fahad Raja Muhammad n'a pas dévoilé l'ensemble de son programme
Fahad Raja Muhammad, tête de liste du Mouvement Populaire Indépendant, n'a pas exposé l'ensemble de son programme. Les mesures sur le logement déjà connues et répertoriées sur son site, prévoient d' "accélérer massivement la construction et la rénovation" et d'inclure obligatoirement un parking souterrain ou "en superstructure" pour chaque nouveau projet immobilier.
Les listes sans mesures spécifiques
Les partis d'extrêmes gauche comme le parti Lutte Ouvrière porté par Louise Fève ou le NPA-Révolutionnaire mené par Clément Soubise ne défendent pas de propositions spécifiques aux logements sociaux, mais un programme de lutte plus vaste. Tandis que la liste Strasbourg pour les jeunes et les travailleurs d'Eva Lacote, et Vision Collective 67 de Jean Thierry Gangloff n'ont pas encore fait connaitre leurs positions sur le sujet.
