Fin de vie : « Les critères sont flous et se contredisent les uns les autres », dénonce Magali Jeanteur
Magali Jeanteur alerte sur le projet de loi sur la fin de vie examiné au Sénat. Cette médecin co-fondatrice du collectif "Les Éligibles et leurs aidants", dénonce un texte qu'elle juge flou, rapide dans son calendrier, et porteur de risques majeurs pour les personnes les plus vulnérables.
Magali Janteur est médecin, aidante, et co-fondatrice du collectif Les Éligibles. DR« Je pense qu'on ne prend pas le temps [...] et surtout, les Français ne sont pas au courant qu'il n'y a pas eu de pédagogie par rapport au peuple », estime Magali Jeanteur. Selon elle, le projet de loi engage des choix éthiques majeurs sans que les citoyens en mesurent pleinement les implications concrètes. Invité de la matinale RCF Notre Dame, elle appelle à ralentir le processus législatif et à ouvrir une véritable discussion collective sur ces questions de société.
Des critères et des délais jugés flous
« Les critères sont flous et se contredisent les uns les autres », pointe Magali Jeanteur, à propos du projet de loi sur la fin de vie. Ainsi, la coexistence de notions comme "stade avancé" et "pronostic vital engagé" est incompatible. « Le pronostic vital engagé, c'est entre quelques heures et deux jours, alors qu'un stade avancé peut aller jusqu'à des mois, voire des années », souligne-t-elle.
Son mari est atteint d'un syndrome d'enfermement depuis près de trente ans. Ce polytechnicien de formation est pourtant pleinement conscient, et pourrait donc entrer dans le champ des personnes éligibles.
« Le médecin est quasiment seul à décider », dénonce Magali Jeanteur, pointant une collégialité "insuffisante". Les délais sont aussi très courts. « Entre deux et quinze jours pour instruire la demande », dénonce-t-elle, alors que la décision est évidemment irréversible. Elle rappelle qu' « une demande d'aide à mourir est très labile » et peut disparaître en quelques jours si la personne est soulagée.
Soins palliatifs avant tout
Magali Jeanteur insiste avant tout sur la nécessité de renforcer l'accès aux soins palliatifs. « En France, plus de 180 000 personnes meurent sans accès aux soins palliatifs », avec des inégalités territoriales fortes.
Le risque est donc de créer un déséquilibre entre les deux dispositifs. « Dans certains territoires, il n'y aura pas accès aux soins palliatifs, et dans d'autres, les patients auront surtout accès à l'aide à mourir », alerte la médecin. La demande de mort pourrait devenir plus simple et plus rapide que l'accompagnement thérapeutique.


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