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[Matinale spéciale présidentielle] À Fessenheim, entre colère et espoirs
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[Matinale spéciale présidentielle] À Fessenheim, entre colère et espoirs

Un article rédigé par Géraud BOUVROT - RCF Alsace, le 25 mars 2022  -  Modifié le 25 mars 2022
Bienvenue chez vous ! · RCF Alsace À Fessenheim, entre colère et espoirs face à la relance du nucléaire

À l'heure où Emmanuel Macron souhaite relancer le programme nucléaire de la France, et construire des réacteurs de nouvelle génération sur le territoire, les habitants de Fessenheim comprennent encore moins la fermeture de leur centrale en 2020. Une décision irréversible, actée par le même président qui opère un volte-face aujourd'hui sur cette technologie.

En 2020, les deux réacteurs de la centrale nucléaire se sont éteints pour toujours © Géraud Bouvrot En 2020, les deux réacteurs de la centrale nucléaire se sont éteints pour toujours © Géraud Bouvrot

Il y a toujours des voitures sur le parking de la centrale EDF, mais beaucoup moins qu'il y a encore deux ans. La moitié des 700 agents a déjà quitté le site, depuis qu'il ne produit plus d'électricité, et les autres s'attachent au démantèlement, qui devrait durer une quinzaine d'années au moins. Sur le fronton, des banderoles : "Fessenheim la sacrifiée", ou encore "Faute historique", symboles de cette fermeture récente, qui n’est pas encore passée pour Alain Besserer est délégué syndical Force Ouvrière.

 

Pour nous c'était une vraie mort, d'autant plus injuste qu'on se rend compte aujourd'hui qu'on aurait bien besoin d'énergie, et d'énergie décarbonnée.

 

Ils sont nombreux parmi les agents, les prestataires ou encore les habitants du village, à regretter cette décision politique. Pour Denis Haegy par exemple, menuisier sur le site depuis 30 ans, le revirement récent d'Emmanuel Macron est comme un nouveau coup de couteau dans la plaie.

L'accueil de la centrale © Géraud Bouvrot

André Hatz, lui, demandait la fermeture de la centrale depuis des années. Président de Stop Fessenheim et opposant historique au nucléaire, il se réjouit de l'arrêt des deux réacteurs, demandé également par des opposants venus d'Allemagne et de Suisse, très proches de la centrale. Mais il se méfie de la suite, et de certains projets que pourrait accueillir le bassin d'emploi. Parmi ces derniers, un "technocentre" pourrait bien refondre des métaux radioactifs issus de centrales venues de toute l'Europe.

 

Avec ce centre, seraient mis sur le marché des aciers faiblement radioactifs, pour votre fourchette ou votre sommier par exemple.

 

Ce projet, le maire Claude Brender n'y est pas opposé, d'autant que les métaux refondus serviraient plutôt à d'autres industries nucléaires. Mais même si cela se réalise, l'important n'est pas là selon lui. Son projet, c'est de réimplanter des réacteurs nucléaires à Fessenheim, et en particulier des SMR (Small Modular Reactors), ces petits réacteurs chers au président de la République.

Claude Brender au micro de Géraud Bouvrot © Pauline de Torsiac

L'histoire de Fessenheim et de l'atome n'est pas finie. Quoi qu'il arrive, il y a encore 20 ou 25 ans de démantèlement, et dans ces 25 ans moi je suis persuadé qu'il y aura à nouveau une production d'électricité nucléaire à Fessenheim.

 

À retrouver en haut de cette page, notre reportage complet à Fessenheim, réalisé par Pauline de Torsiac et Géraud Bouvrot.

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