"Marine Le Pen est quand même gagnante", pour le politologue Luc Rouban
Après avoir confirmé sa candidature à la présidentielle de 2027 sur TF1, Marine Le Pen veut faire de sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires un nouvel élément pour son récit politique. Pour le politologue Luc Rouban, cette décision pourrait finalement jouer en sa faveur.
Invitée du 20h de TF1, Marine Le Pen a annoncé sa candidature à la présidentielle © TF1 - Capture d'écran YouTubeLe mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen. Elle a été condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an sous bracelet électronique, à 100.000 euros d’amende ainsi qu’à une peine d'inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis, déjà couverte depuis le jugement en première instance. La présidente du groupe RN à l’Assemblée Nationale est donc éligible pour la présidentielle 2027. Une possibilité qu’elle a confirmée sur TF1 : « Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle ».
Invité du 18/19 de l'été sur RCF Notre Dame, Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS et au CEVIPOF, estime que cette condamnation peut aussi être un atout politique pour Marine Le Pen. « Elle est quand même gagnante, parce que, dans le fond, elle se présente comme la candidate qui s'est battue contre vents et marées, contre le système, contre l'oligarchie, et qui maintient le cap malgré tout », analyse-t-il.
Une condamnation utilisée comme argument électoral
Cette décision de justice place déjà un thème au centre de cette campagne : le lien entre les responsables politiques et les institutions. Pour Luc Rouban, Marine Le Pen peut retourner cette condamnation en argument électoral en se présentant comme une candidate qui poursuit son combat malgré les obstacles, une forme de "trumpisation" de la vie politique française. « Cette condamnation sera utilisée contre le RN et contre elle, mais elle, elle peut l'utiliser pour elle en disant « Malgré tout, je me bats quand même ».
Pour Luc Rouban, il ne faut pas surestimer l’impact de cette condamnation sur l’électorat RN. « Il est fidèle, il s’élargit, c’est le premier électorat de France aujourd’hui » rappelle-t-il. Selon lui, ces électeurs attendent avant tout « une transformation profonde de la politique en France », au-delà de la seule question judiciaire.
La justice face à la défiance des français
L’affaire dépasse toutefois le cas de Marine Le Pen. Elle interroge plus largement la place de la justice dans le débat politique. Luc Rouban rappelle que l’institution judiciaire reste l’une des moins bien évaluées par les Français en termes de confiance. Une défiance particulièrement présente chez une partie des électeurs de droite et d'extrême droite qui reproche à la justice d'être « partiale, trop politisée, trop gauchisante ».
Mais le chercheur souligne également « l’attachement des Français à l’État de droit ». Selon lui, la décision de la cour d’appel illustre une séparation entre le rôle du juge et celui des électeurs. Sur la question de savoir qui doit décider de l’éligibilité d’un responsable politique condamné, une majorité de Français estime que cette décision relève de la justice, et non des citoyens.


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