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Marche pour Jésus : « L'Évangile est dans l'actualité de notre société », lance Gilbert Léonian

Marche pour Jésus : « L'Évangile est dans l'actualité de notre société », lance Gilbert Léonian

Un article rédigé par Alexis Mercier - RCF, le 5 juin 2026 - Modifié le 5 juin 2026
L'Invité de la MatinaleMarche pour Jésus : "il y a une grande soif spirituelle dans notre société", pointe Gilbert Léonian

De 5 000 participants avant le Covid à 50 000 l'an dernier. La Marche pour Jésus ne cesse de grandir et de rassembler les chrétiens dans une joyeuse ambiance. Parrainé cette année par le footballeur Olivier Giroud, ils sont des dizaines de milliers à marcher de façon coordonnée dans une quinzaine de villes de France. De Brest à Marseille, de Lille à Strasbourg… Catholiques, protestants, évangéliques, tous unis pour le Christ. Pour Gilbert Léonian, président de la Marche pour Jésus en Île-de-France, cette progression traduit la fin d'un « complexe d'infériorité »

Le pasteur Gilbert LÉONIAN est pasteur retraité de l'Église évangélique arménienne, président de la Marche pour Jésus Île-de-France. Crédits : Pierre-Hugues Dubois / DRLe pasteur Gilbert LÉONIAN est pasteur retraité de l'Église évangélique arménienne, président de la Marche pour Jésus Île-de-France. Crédits : Pierre-Hugues Dubois / DR

Chants de louange, drapeaux, t-shirts "Jésus t'aime" : des dizaines de milliers de chrétiens sont attendus samedi dans une quinzaine de villes françaises pour la « Marche pour Jésus ». Les organisateurs espèrent faire encore mieux que les dernières années, ce samedi en France.

Un succès croissant

Lancées à Londres en 1987, ces manifestations ont peu à peu gagné du terrain à l'international grâce au dynamisme croissant des Églises évangéliques. Pour Gilbert Léonian, président de la Marche pour Jésus en Île-de-France et invité de la matinale RCF Notre Dame, l'évolution positive de cet évènement reflète un changement plus profond. « Pendant trop longtemps, les chrétiens, nous avons été isolés dans les quatre murs de nos églises. Nous avions un complexe d'infériorité », explique le pasteur. Aujourd'hui, « Jésus nous montre que c'est fini le complexe d'infériorité », assure-t-il.

La marche n'est pas une protestation, ni une démonstration de force. Elle est avant tout une manière d'assumer publiquement sa foi, et de faire passer un message. « On n'est pas pour dominer, on est là pour servir », résume le président de la marche en Ile-de-France.

Une foi qui sort de la discrétion 

Face à une société largement sécularisé, les chrétiens ressentent-ils le besoin d'être davantage visible ? « Il y a une grande soif spirituelle dans notre société », répond Gilbert Léonian. Selon lui, les croyants ont longtemps considéré que le message chrétien ne concernait que les pratiquants. « Non. L'Évangile est dans l'actualité de notre société », insiste l'ancien pasteur de l'Église arménienne. 

Cette volonté d'occuper davantage l'espace public n'est pas nouvelle. Depuis plusieurs années maintenant, les processions, pèlerinages ou rassemblements chrétiens regagnent de l'intérêt. Le pèlerinage de Chartres a encore battu un record cette année avec près de 20 000 participants. De même pour les Journées mondiales de la jeunesse à Lisbonne en 2023 qui avaient attiré des dizaines de milliers de Français. Les baptêmes progressent également dans plusieurs diocèses français : plus de 13 000 adultes et 8 000 adolescents ont été baptisés à Pâques 2026 ; un niveau jamais atteint selon les chiffres de la Conférence des évêques de France. 

« Nous ne sommes pas un rouleau compresseur »

L'objection, Gilbert Léonian l'a déjà entendu. « On n'est pas contre, on est pour », estime-t-il. Le pasteur refuse d'ailleurs toute idée de confrontation. « Nous ne sommes pas un rouleau compresseur », affirme-t-il. Il préfère mettre en avant un témoignage fondé sur « l'amour, la paix, la joie, le vivre-ensemble, la guérison intérieure et la réconciliation »

Cela change de l'image souvent militante associée aux manifestations de rues. Face à la question de savoir si la Marche pour Jésus peut être comparée à une forme de « Christian Pride », Gilbert Léonian répond nettement : « Pas du tout ».

Le pari de l'unité chrétienne 

Autre élément mis en avant dans cette marche : l'unité des différentes doctrines chrétiennes - catholiques, protestants, évangéliques et orthodoxes. « On a des différences doctrinales, de piété, d'expression de la foi », reconnaît Gilbert Léonian. Mais pour le président de la marche, l'essentiel n'est pas là : « nous sommes unis autour de la personne centrale qu'est Jésus-Christ »

La présence croissante de catholiques dans les cortèges illustre cette évolution. En 2025, l'archevêque de Paris, Laurent Ulrich, avait reçu les organisateurs de la marche avec plusieurs évêques franciliens. Cette année à Paris, deux cortèges catholiques partiront même aux côtés des autres participants. Cette présence aurait été difficile à imaginer lors des premières éditions, longtemps portées principalement par le milieu évangélique. 

En 2026, c'est déjà différent. La participation catholique représente 20 % des marcheurs selon les organisateurs. Cette diversité en fait l'un des principaux atouts de la marche. « Il y a toutes les couleurs, toutes les cultures et toutes les sensibilités du monde chrétiens », souligne le président. 

Alors, cette visibilité retrouvée se limitera-t-elle à une journée de mobilisation ? Au contraire, marque-t-elle l'installation d'un christianisme plus assumé dans l'espace public français ? Pour Gilbert Léonian, l'enjeu de la Marche pour Jésus va plus loin que ça : « Les chrétiens se sont rendu compte que finalement, on a un message à apporter à notre société, il se résume en un mot : Jésus-Christ ».

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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