Maladie de Charcot : Au Puy-en-Velay Soline Wenger repart sur le Chemin de Saint-Jacques
A 45 ans, Soline Wenger marche contre le temps. Ce samedi 28 mars 2026, elle a repris le chemin de Saint-Jacques de Compostelle depuis les marches de la Cathédrale du Puy-en-Velay, avec un objectif aussi simple qu'immense : avancer tant que son corps et la maladie de Charcot le lui permettent. Entourée de plus de 200 amis et personnes anonymes touchées par son histoire, elle s'est lancée dans un périple de 3 semaines de marche sur les sentiers de la Haute-Loire et du plateau de l'Aubrac.
Malgré la maladie de Charcot, Soline Wenger repart sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle depuis les marches de la Cathédrale du Puy-en-Velay @RCF 2026Un combat contre le temps
En janvier 2026, Soline Wenger a déjà relié Lyon au Puy‑en‑Velay, première étape de ce pèlerinage qu’elle s’est promis d’accomplir. Une marche hivernale, parfois dans le froid et la grisaille, mais vécue comme une victoire intime à chaque arrivée d’étape. Jour après jour, elle a découvert le rythme des pèlerins, la fraternité des rencontres en chemin, la force du silence et de la prière. À l’époque, elle était parti pour se prouver que malgré la maladie elle pouvait encore accomplir de grandes choses.
Atteinte de la sclérose latérale amyotrophique, plus connue sous le nom de maladie de Charcot, Soline voit peu à peu ses muscles s’affaiblir. Elle connaît le pronostic, les limitations qui vont s’imposer un jour, le fauteuil roulant qui finira sans doute par s’imposer, les gestes simples qui deviendront impossibles. Au lieu de se replier, elle a choisi de transformer ce compte à rebours en cheminement. Tant que ses jambes la portent, elle marchera. Tant qu’elle le peut, elle gravira les côtes, descendra les chemins caillouteux, traversera les villages, avec ce mélange de fragilité et de détermination qui frappe tous ceux qui la croisent.
En se lançant sur la voie de Saint‑Jacques, Soline ne cherche ni l’exploit sportif ni la performance. Son projet est d’abord intérieur et son combat collectif. Au fil des kilomètres et des douleurs musculaires qui la ralentissent elle s'appuie sur sa Foi et la prière "ce sera pour moi une Semaine Sainte marchante cette année" nous a-t-elle confié quelques jours avant son départ. Chaque étape est aussi l'occasion de rencontres, notamment avec d'autres malades qu’elle porte ensuite dans ses prières et sur son sac à dos où sont accrochées des coquilles marquées du prénom de celles et ceux qui ne peuvent pas marcher avec elle. Marcher, pour elle, c’est aussi marcher pour eux.
Soline Wenger sur les marches de la Cathédrale Notre Dame du Puy entourée de ses proches et des élus de la ville du Puy-en-Velay
Soline Wenger va vivre la Semaine Sainte sur le Chemin de Saint Jacques et les sentiers de Haute-Loire
Soline Wenger a prié dans la Cathédrale du Puy et devant la Vierge Noire
Soline accroche des coquilles avec les noms de proches et de personnes malades qu'elle va porter dans la prière le long du cheminUne nouvelle session jusqu'à Figeac
Ce nouveau départ depuis Le Puy-en-Velay marque une deuxième « session » de marche, comme une saison 2 de son chemin vers Compostelle. Elle sait qu’elle ne pourra peut‑être pas tout faire, pas tout de suite, pas comme les autres, "malheureusement je sens que les symptômes avancent" explique Soline Wenger qui s'inquiète "j'ai beaucoup d'appréhension à cause de ma jambe gauche qui boite de plus en plus" mais fidèle à son tempérament elle reste pleine d'Espérance et scrute chaque signe positif "je ne sais pas si c'est le poids des chaussures de randonnée mais j'ai l'impression que ça va mieux avec. Que je boite moins. Même si le neurologue était un peu sceptique, moi ça me fait du bien".
Elle peut aussi compter sur le soutien de ses proches et notamment d'amis lyonnais venu marcher les premiers kilomètres à ses côtés comme Etienne "on est là pour lui témoigner de notre soutien, de notre amour et vivre ce moment fort avec elle et sa famille" ou encore Bérangère "je suis une amie très proche de Soline et des enfants. Je suis là pour lui témoigner de notre amour et lui donner du courage pour la marche". Des encouragements qui font du bien à Soline "il y a une mobilisation au Puy qui est très impressionnante et à laquelle je ne m'attendais pas" et voir certains visages connus l'a particulièrement touchée "il y a des personnes qui ont marché sur le Chemin de Saint Jacques avec mes parents qui sont venus aujourd'hui. Et cela m'a beaucoup ému".
UN PARCOURS DE FOI QUI "IMPRESSIONNE" MGR YVES BAUMGARTEN
Ce courage face aux épreuves, la jeune maman de 4 enfants le puise dans sa Foi. En partant aujourd'hui elle va vivre ces premiers jours de marche en pleine Semaine Sainte "je ne sais pas si c'est un chemin de croix qui s'annonce pour moi. Mais ça va être très porteur pour la prière et cela va me porter jusqu'à la veillée Pascale. je pars avec beaucoup d'Espérance". Pour Mgr Yves Baumgarten, évêque du Diocèse du Puy, l'expérience vécue par Soline est un beau témoignage de Foi "Quand on avance vers le Seigneur on ne sait pas très bien où il veut nous emmener. Mais on sait qu'il nous guide sur un bon chemin et que pas à pas on découvre jusqu'où on peut aller" et de faire un parallèle avec les défis que rencontrent chaque croyant "c'est la confiance en Dieu. On ne sait pas vraiment où cela va nous mener. Mais on sait que le Seigneur ne nous laissera pas tomber".
L'évêque du Puy qui s'est aussi dit impressionné par le courage de Soline "quand on sait qu'elle est malade, qu'elle va marcher dans le froid et sous la pluie, ça m'impressionne car je ne sais pas si je serais capable de faire ce qu'elle fait". Et au delà de la performance physique Mgr Yves Baumgarten a aussi été touché par sa force spirituelle "la foi m'impressionne toujours et je vois dans cette capacité à affronter les épreuves un signe de la vitalité de l'Eglise d'aujourd'hui".
