Maison natale de Saint-Bernard : un projet à 4,6 millions d’euros pour redonner vie à un lieu oublié
Dominant la colline de Fontaine-lès-Dijon, la maison natale de Saint-Bernard traverse les siècles dans un silence presque discret.
Derrière ses murs fermés au public depuis des décennies, un vaste projet de restauration veut transformer ce patrimoine méconnu en lieu culturel, spirituel et touristique ouvert à tous.
Reste désormais à réunir les financements nécessaires pour lancer pleinement le chantier.
®photo Christophe LAPOSTOLLE-maison natale de St BernardMaison natale de Saint-Bernard : un patrimoine historique méconnu en Bourgogne
La silhouette du bâtiment ne paie pas forcément de mine. Pourtant, derrière les façades de la maison natale de Saint-Bernard se cache près d’un millénaire d’histoire. Sur la colline de Fontaine-lès-Dijon, là où promeneurs, pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle et sportifs se croisent quotidiennement, peu imaginent que ce lieu a vu naître l’une des grandes figures spirituelles et politiques du Moyen Âge européen. « C’est une maison oubliée », reconnaît volontiers François-Xavier Verger, président de la toute jeune association La Maison Natale de Saint-Bernard, créée en 2025 pour porter le projet de renaissance du site.
Le lieu porte pourtant les traces de toutes les époques. À l’origine, une forteresse médiévale confiée à Tescelin le Sor, père de Saint Bernard. Puis, au fil des siècles, le château devient sanctuaire, monastère et lieu de pèlerinage. Des chapelles royales du temps de Louis XIII côtoient aujourd’hui des bâtiments du XIXe siècle construits pour célébrer le huitième centenaire de la naissance du saint bourguignon. Un ensemble architectural complexe, constitué d’escaliers, de bâtiments accolés et de niveaux multiples, devenu difficile à exploiter et progressivement déserté depuis une cinquantaine d’années.
Une restauration devenue indispensable
Car si les chapelles et la basilique sont encore utilisées pour le culte, une grande partie des bâtiments est aujourd’hui désaffectée. À l’intérieur, les traces du temps sont visibles : huisseries dégradées, infiltrations ponctuelles, anciennes bibliothèques abîmées, espaces inaccessibles au public. La commune de Fontaine-lès-Dijon a néanmoins permis d’éviter le pire grâce à d’importants travaux sur les toitures réalisés il y a une vingtaine d’années. Le site est désormais hors d’eau, mais pas totalement hors d’air. Avant toute ouverture au public, une vaste remise en état est indispensable.
®Christophe LAPOSTOLLE-bibliothèque futur auditorium
®Christophe LAPOSTOLLE
®Christophe LAPOSTOLLE - chambre dite "de l'évêque"
®Christophe LAPOSTOLLE - au plafond d'une des chapellesUn projet culturel et spirituel autour de Saint-Bernard
Le projet imaginé par le diocèse de Dijon et porté par l’association veut justement transformer ce patrimoine en un véritable lieu de vie. L’objectif est multiple : créer un parcours muséographique consacré à Saint-Bernard et à son influence dans l’histoire européenne, restaurer les chapelles historiques, aménager un auditorium dans l’ancienne bibliothèque des moines. Le projet prévoit aussi de créer une librairie, une cafétéria, des espaces d’accueil et même quelques chambres destinées aux pèlerins et visiteurs de passage.
Huit salles d’exposition doivent prendre place dans la tour médiévale, avec un contenu scientifique élaboré avec des universitaires, chercheurs du CNRS et spécialistes du monde cistercien. Le numérique et les dispositifs accessibles aux personnes en situation de handicap feront également partie du projet.

L’ambition est aussi de rendre le site totalement accessible. Un ascenseur, des plans inclinés et des équipements adaptés doivent permettre d’obtenir à terme le label Tourisme & Handicap. « L’hospitalité doit être pour tout le monde », insiste François-Xavier Verger. Un défi technique dans un bâtiment conçu au fil des siècles, où les escaliers s’enchaînent d’un niveau à l’autre.

4,6 millions d’euros à réunir pour sauver la maison natale de Saint-Bernard
Reste désormais la question essentielle : le financement. Le coût global du chantier est estimé à plus de 4,6 millions d’euros. Le diocèse de Dijon prévoit d’en financer environ un tiers, tandis que des aides publiques seront sollicitées auprès de l’État, de la Région et de fonds européens, notamment pour l’accessibilité et la restauration patrimoniale.
Mais une grande partie du projet repose sur les dons.

Une convention a été signée avec la Fondation du Patrimoine afin de lancer une première collecte de 600 000 euros destinée à financer le gros œuvre, les huisseries et les réseaux essentiels. Les premiers dons ont déjà été enregistrés.

Début des travaux prévu en 2026 pour une ouverture en 2028 ou 2029
Si les financements suivent, les premiers travaux pourraient débuter dès la fin de l’année 2026 avec les opérations de désamiantage et de dépollution du site. Les architectes estiment ensuite la durée du chantier entre deux et trois ans. L’objectif affiché est une ouverture à l’horizon 2028 ou 2029.
Pendant toute la durée des travaux, les chapelles devraient rester accessibles aux fidèles et aux pèlerins. Une manière de maintenir vivant ce lieu qui, depuis près de mille ans, continue d’attirer les regards vers l’horizon… jusqu’au Mont-Blanc, lorsque le ciel est dégagé.



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