Maison des femmes à Talant : s’extirper des sables mouvants de la violence
Surveillance, insultes, violences physiques, sexuelles ou économiques : le continuum des violences faites aux femmes est un gouffre dont il est difficile de sortir seule.
À Talant, la Maison des femmes s'érige comme une main tendue. Bruno Bègue, médecin légiste et responsable de la structure, décrypte ce dispositif.
©Christophe LAPOSTOLLE - Bruno Bègue, médecin légiste et responsable de la maison des femmesFéminicides, un constat alarmant…
En France, les féminicides ne sont que la face émergée d'un iceberg glaçant : plus d’une centaine de femmes tombent chaque année sous les coups d'un conjoint ou ex-conjoint.
Pourtant, le danger commence bien avant. « C'est un continuum bien plus large qui part de la surveillance et des insultes jusqu'à la privation d'autonomie financière », rappelle Bruno Bègue.
L'auteur de ces violences cycliques agit comme un « terroriste dans son propre foyer », instaurant la peur par l'inconstance.
Face à ce chaos, les victimes finissent par perdre confiance en leur propre jugement.
À la Maison des femmes, l'objectif premier est de réparer cette image d'elles-mêmes brisée.
L'auteur de ces violences cycliques agit comme un terroriste dans son propre foyer
Talant : un tremplin vers l'autonomie
La Maison des femmes de Talant c’est un partenariat entre le CHU de Dijon, la mutualité française de la clinique Bénigne Joly, l'ARS, la CPAM et de nombreuses associations. Depuis juillet, 130 femmes ont déjà poussé la porte de la structure. Ce « guichet unique » permet aux femmes d'éviter le traumatisme de devoir répéter leur histoire à chaque interlocuteur grâce à un logiciel partagé entre spécialistes.
Chaque matin, jusqu'à trois femmes sont accueillies en hôpital de jour. Le parcours est pluridisciplinaire :
Médecin légiste pour les prescriptions et certificats
Infirmière pour les bilans de santé
Psychologue pour en parler
Assistance sociale pour l'ouverture de droits, la création d'un compte bancaire autonome ou l'accès à l'Aide d'Urgence Universelle de la CAF.
Le premier contact est crucial. Véronique Privelle, secrétaire médicale, est le premier visage que rencontrent ces femmes. Son rôle est essentiel pour rassurer et débanaliser la violence. « Quand les patientes sont jeunes, cela me marque particulièrement », confie-t-elle. Beaucoup ne réalisent l'ampleur de ce qu'elles subissent qu'une fois entourées de ces professionnels.
L'investissement dans ces structures est aussi un choix de société majeur. Selon le réseau Re#start dont fait partie la MDF de Talant, 1 € investi dans une Maison des femmes rapporte 5 € à la société, en évitant entre autres, des arrêts maladie.
Ce « guichet unique » permet aux femmes d'éviter le traumatisme de devoir répéter leur histoire à chaque interlocuteur

« On vous croira et on vous prendra en charge »
La Maison des femmes n'est pas un service d'urgence, mais une structure de prise en charge sur rendez-vous.
Le signalement au procureur n’est pas systématique ; l’autonomie des victimes est primordiale.
Prendre rendez-vous : 03 80 66 93 00
Mail : asso.mdf21@gmail.com
Instagram : @assomaisondesfemmes21
Journée portes ouvertes le 11 mars


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