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​Macron et le mélange des genres
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​Macron et le mélange des genres

RCF,  -  Modifié le 7 novembre 2018
Chaque mercredi François Ernenwein vous propose son regard sur la politique.
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Que penser du périple d’Emmanuel Macron dans l’est et le nord de la France ?

Il ne faudrait pas mégoter en reprochant au président de la République son projet grandiose d’ «itinérance mémorielle » qui a débuté avec Debussy et Beethoven dimanche soir en la cathédrale de Strasbourg. Pour ce centenaire de l’armistice de 1918, le chef de l’État a voulu marquer les esprits dans un hommage hors norme de la mémoire de toutes les victimes de ce conflit et dans une célébration de la paix pendant sept jours pleins. En ces temps troublés en Europe, le message distillé n’est pas superflu. Il sera élargi à l’ensemble du monde lors des célébrations du 11 novembre qui rassembleront 70 chefs d’Etat et de gouvernement. Dont Donald Trump et Angela Merkel présents sous l’Arc de triomphe à Paris.

Mais ce voyage présidentiel vers le nord et l’Est du pays comporte aussi une autre dimension, beaucoup plus actuelle dans la défense et l’illustration de la politique conduite depuis 15 mois.
Une tentative de redresser la barre ?

En tout cas, une opération de reconquête d’une opinion modérément convaincue des vertus des choix faits depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Les doutes sont particulièrement sensibles dans les territoires éloignés des grandes zones métropolitaines, largement privilégiées au nom de la rationalité et du dynamisme économiques. Si on mesure les effets concrets de cette politique, il y a aujourd’hui, pour beaucoup de Français, quelques bonnes raisons de s’inquiéter. C’est précisément à ces inquiétudes qu’Emmanuel Macron va tenter de répondre. Là encore, il a raison. Il aura, là aussi, recours à des symboles forts comme ce conseil des ministres décentralisé à Charleville-Mézières. Mais il y a là, on l’a vu dès lundi en Lorraine, une forme de confusion dans les messages adressés aux Français. En un jour et un seul , le chef de l’Etat a , en même temps, honoré les Poilus et défendu sa politique. Ce sera d’ailleurs le scénario de toute cette semaine.

De Morhange à Pompey, le chef de l’Etat s’est recueilli devant le monument dédié «aux soldats tombés glorieusement» au mois d’août 1914. «100 ans après, leur sacrifice nous oblige à défendre la paix», proclame la plaque commémorative dévoilée à cette occasion. L’après-midi du même jour a été consacré à saluer l’esprit de «réinvention et de reconstruction» du Grand Est, une région frappée par la désindustrialisation.

Le chef de l’Etat sera -t-il  entendu ?

Ce double message a évidemment du sens et chacun de ses termes est important. Mais que retiendra-t-on de ce long périple ? La dimension mémorielle ou l’ambition économique et éventuellement sociale ? Lorsqu’on souhaite être entendu et compris, il est parfois préférable de faire simple. Il y a un temps pour honorer les héros ou les victimes et un temps pour défendre sa politique. Il n’est pas sûr que cela puisse être les mêmes.

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