JavaScript is required
Accueil
Lundi Mairie : Allan Brunon met la focale sur les quartiers populaires

Lundi Mairie : Allan Brunon met la focale sur les quartiers populaires

Un article rédigé par Tyfenn Desloges - RCF Isère, le 11 mars 2026 - Modifié le 15 mars 2026
Focus sur l'actualité en IsèreLundi Mairie : Allan Brunon, remettre la focale sur les quartiers populaires

En 2020, à Grenoble, la France Insoumise avait fait le choix de prendre part à l'union de la gauche, derrière la figure d'Eric Piolle. Pour ces municipales, la gauche part divisée, et le candidat LFI fait cavalier seul pour "Faire mieux pour Grenoble", selon le nom de sa liste. Extrait de l'interview d'Allan Brunon, tête de liste Insoumis. 

Allan Brunon, candidat La France InsoumiseAllan Brunon, candidat La France Insoumise

Ce qu'il faut retenir :

  • Temps de lecture : 10 minutes
  • Allan Brunon est le candidat de la France Insoumise. Pas question de se rallier à Laurence Ruffin, le mouvement est indépendant.
  • Sa priorité ? Redonner des moyens aux quartiers populaires.

RCF Isère : Quelle est votre priorité pour la ville ? 


D'abord, c'est rétablir des politiques publiques à la hauteur dans les quartiers populaires qui ont été abandonnées par la politique d'Éric Piolle pendant près d'une décennie. Par conséquent, nous avons vocation à remettre des services publics dans les quartiers populaires, à y rétablir une offre de santé à la hauteur et à réinjecter des moyens pour faire en sorte que les infrastructures qui auparavant accueillaient la jeunesse soient remises en ordre. Parce que dans les quartiers populaires, on y a fermé par exemple dans le quartier Mistral Le Plateau. On a mis en difficulté à la Villeneuve l'association Osmose qui faisait de l'aide aux devoirs pour les jeunes… Ce n'est pas acceptable dans un contexte où les habitants des quartiers populaires sont de plus en plus difficulté.

RCF Isère : Dans votre programme la première thématique, c'est "Faire mieux pour une ville protectrice et accessible". Ville protectrice, ça passe aussi par la sécurité, et presque tous vos adversaires parlent de mettre plus de policiers, plus de caméras de surveillance. Vous, c'est quoi votre positionnement là-dessus ? 


D'abord, ces gens qui parlent de l'insécurité au quotidien ont un bilan. Monsieur Carignon n'a permis de résoudre aucun problème lorsqu'il était au pouvoir dans ce pays, c’est le bilan d'une droite qui a fait en sorte de mettre 3 millions de procédures en attente dans les mains des officiers de police judiciaire de ce pays. C'est cette droite-là qui mène une politique agressive qui a abouti depuis la mort de Zyed et Bouna à 162 personnes qui ont été tuées dans les mêmes conditions par une police violente, par une police qui pour un certain nombre de ses policiers est bien évidemment raciste.
Il y a des problèmes d'islamophobie dans la police, il faut les résoudre et ça passe notamment par une police mieux formée et en tout cas la police municipale de Grenoble n'aura pas vocation à prendre en charge ce qui relève de la responsabilité de la police nationale, qui doit être dotée de moyens, qui a l'arme à feu, qui est en capacité d'assurer la lutte contre la criminalité organisée. C'est faux de dire que le maire et sa police municipale iront résoudre les problèmes de criminalité organisée. 

Il y a tout un tas de problèmes à résoudre, 30 % du temps de la police est consacré à la lutte contre le trafic de stupéfiants et résultat des comptes, pendant ce temps-là, on ne traite pas les problèmes de violences intrafamiliales, on ne traite pas les problèmes de violences sexistes et sexuelles. 90.000 femmes qui subissent des viols dans ce pays ce n'est pas supportable. 
Mais je pense qu'il faut résoudre le problème avec les experts qui nous apportent des réponses. La Cour des comptes dit que la caméra de vidéosurveillance sert à la résolution d'1 à 2 % des délits, moi je préfère donc investir dans des moyens humains et je préfère investir dans des effectifs de médiateurs. Donc nous nous allons investir dans de la prévention, mettre en place des éducateurs de rue, remettre des gardiens-concierges dans les halls d'immeubles et nous pensons que nous résoudrons les problèmes par de la présence humaine et du dialogue avec la police nationale qui doit enfin prendre en compte ses compétences.

RCF Isère : Dans les précédentes candidatures, La France Insoumise faisait partie de l'Union de la Gauche. Pourquoi, cette année, ne pas s'être allié à Laurence Ruffin pour cette campagne ? 


D'abord parce que La France Insoumise n'est fiancée à personne, ni mariée à personne. C'est un mouvement libre qui a vocation à s'étendre à toutes les élections et à permettre aux Grenoblois de voter pour un programme de rupture.
Je tiens quand même à rappeler à Madame Ruffin que nous sommes en tête à toutes les élections dans cette ville. En 2017, Jean-Luc Mélenchon est en tête. En 2022, Jean-Luc Mélenchon est en tête. En 2024, La France Insoumise est en tête aux élections européennes. Ça fait beaucoup de fois qu'on est en tête. Donc ce que je veux dire, c'est que La France Insoumise est une force politique considérable qu'il faut la respecter, qu'il faut la respecter dans la bataille municipale, qu'il faudra la respecter demain dans la bataille métropolitaine parce qu'on entend courber l’échine devant personne. Il y a des habitants qui ont fait confiance à La France Insoumise.
Plus de 24 000 électeurs en 2022 pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, c'est beaucoup, et il faut que ces électeurs soient représentés. 
Donc on part tout seul parce qu'on est un grand mouvement, ample, qui a vocation à gouverner la France. Pour nous les municipales, c'est le premier round de cette gouvernance, pour en finir avec ces politiques qui sont des politiques qui se mettent en place contre les plus fragiles. Donc on assume aussi que l'élection municipale est pour nous un terrain fertile à faire prendre en considération les besoins de transition qui arrivent devant nous.

RCF Isère : Vous êtes invité sur RCF, c'est un média chrétien. La ville est en relation avec le Conseil interreligieux et là aussi, ces dernières années, il y a eu des tensions, des débats autour de la laïcité à Grenoble. Il y a eu aussi une montée de l'antisémitisme et de l'islamophobie comme vous l'avez mentionné. Dans ce contexte, comment est-ce que la mairie, la municipalité peut apaiser ce dialogue interreligieux à Grenoble ?

Écoutez, moi, je ne pense pas, déjà, que c'est le rôle d'un maire d'apaiser un dialogue interreligieux. Les instances qui ont pour compétence de le faire, je pense, le font très bien. 
Moi, par contre, en tant que militant antiraciste, du droit à l'autodétermination des peuples, je regarde ce qu'il se passe et bien évidemment, nous ne permettrons pas que des propos, des incitations à la haine, du mépris insupportable pour les communautés religieuses dans cette ville puissent avoir lieu et nous participerons, bien évidemment, dans le respect des règles liées à la laïcité, au dialogue et à la concertation entre les différents acteurs, parce que nous estimons que tout le monde a le droit à la liberté, qu'elle soit de conscience ou à la liberté du culte.
Et bien évidemment, vous l'avez rappelé, il y a des actes antisémites qui ne sont pas supportables. La France insoumise les condamne et bien évidemment a eu l'occasion de se prononcer dessus. Il y en a eu à Grenoble, nous avons été dans les premiers à réagir. Il y a aussi des actes islamophobes qu'il faut condamner. 


Il y a des partenariats qui déshonorent la ville, notamment avec la ville de Rehovot, en Israël. Ça, il ne faut pas non plus l'oublier. Ce n'est pas supportable que Monsieur Piolle ait courbé la tête face à Rehovot et bien évidemment aux demandes du CRIF, qui a formulé des demandes pour faire en sorte d'abonder dans Grenoble des propos instillant à la haine des Palestiniens. Et donc nous, nous disons que si demain nous arrivons au pouvoir, nous allons dissoudre, par exemple, ce jumelage avec Rehovot, parce qu'il y a un génocide qui est en cours à Gaza, toujours aujourd'hui, et que ce n'est pas supportable.

Retrouvez l’interview dans sa totalité ICI 

Également candidats à Grenoble, Laurence Ruffin, tête de liste de “Oui Grenoble”, Alain Carignon pour “Réconcilier Grenoble”, Romain Gentil, tête de liste de “Grenoble Capitale Citoyenne”, Valentin Gabriac candidat de “Grenoble Capitale des Alpes”, Thomas Simon pour la liste citoyenne “Grenoble Alpes Collectif”, Hervé Gerby de la liste “Nous Grenoble”, Baptiste Anglade pour le NPA, Catherine Brinde de Lutte Ouvrière et Geneviève Krzyzak du Parti des Travailleurs. 

Focus Isère
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Focus sur l'actualité en Isère
Focus Isère
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Pour aller plus loin

Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.