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Lundi Mairie : Alain Carignon, de nouveau candidat à Grenoble, en campagne contre le bilan Piolle

Lundi Mairie : Alain Carignon, de nouveau candidat à Grenoble, en campagne contre le bilan Piolle

Un article rédigé par Tyfenn Desloges - RCF Isère, le 3 mars 2026 - Modifié le 15 mars 2026
Focus sur l'actualité en IsèreLundi Mairie : Alain Carignon, un retour pour résoudre les crises grenobloises

Bien connu des Grenoblois, Alain Carignon, l’ancien maire de Grenoble entre 1983 et 1995, se présente une nouvelle fois aux élections municipales, à la tête d’une liste soutenue par Les Républicains et rejoint par Pierre-Edouard Cardinal, à la tête d’une liste Renaissance et Modem. Extrait de notre rencontre. 
 

Alain Carignon, candidats aux élections municipales à GrenobleAlain Carignon, candidats aux élections municipales à Grenoble

Ce qu'il faut retenir :

  • Temps de lecture : Moins de 10 minutes
  • La priorité pour Alain Carignon ? "Rétablir les finances".
  • Dans la course aux municipales, Alain Carignon est en campagne contre le bilan du mandat précédent.

RCF Isère : Si vous êtes élu en mars, quelle sera votre première mesure ? 

Pour agir, il faut d'abord rétablir les finances puisque la trajectoire financière de Laurence Ruffin, la candidate d'Éric Piolle, c'est l'augmentation d'impôts. Donc il faut bloquer la taxe foncière, ça demande un travail de fond. Il faut immédiatement s'attaquer à l'insécurité endémique, c'est-à-dire développer un réseau de caméras que la région est prête à financer. Il faut rétablir la propreté de la ville, c'est-à-dire avoir une gouvernance unique du service de propreté ville-métropole, de façon à ce que la ville redevienne salubre et que l'espace public soit respecté.

RCF Isère : Aujourd'hui, on le sait, les mairies ont les mains liées par des contraintes budgétaires de plus en plus fortes, alors si vous voulez baisser la taxe foncière, où est-ce qu'on trouve les financements ? 

Non mais les mairies, vous dites, sont liées par des contraintes financières... Oui, mais la taxe foncière de Grenoble est la plus élevée de France, donc il y en a qui sont plus en difficulté que d'autres à cause de leur propre gestion. Si Grenoble est dans cette situation, c'est la résultante de la gestion de la majorité actuelle que Laurence Ruffin veut reconduire. Cette majorité a trouvé en 2014 3 000 salariés, elle les a portés à 4 000, tout en créant la métropole qui a 2 000 salariés. Donc les dépenses de fonctionnement sont totalement inefficaces pour les services rendus ont conduit à cette situation. Nous allons réorganiser cela en mutualisant ville et métropole, en supprimant les doublons, de façon à faire des économies de dépenses de fonctionnement.

RCF Isère : Qu'est-ce que vous voulez faire pour plus de sécurité dans Grenoble ? 

La sécurité, c'est un trépied. Il y a la police nationale, il y a la justice et il y a la ville. Depuis 12 ans, la ville est absente. Qu'est-ce que ça signifie s'y attaquer ? Ça signifie par exemple faire comme toutes les villes, avoir un réseau de caméras de vidéoprotection. Le procureur de la République a dit qu'il n'en restait plus que vingt d'utiles à Grenoble. Il faut 350 caméras à peu près, financées par la région. Mais ces caméras, il faut quelqu'un qui les regarde. Donc nous créerons un PC opérationnel 24 heures sur 24, de façon à ce que lorsqu'il y a un incident sur la voie publique, soit la police nationale, suivant le degré d'incident, soit la police municipale, interviennent.
Ensuite, il faut des policiers, il n'y en a plus. Il reste 25 policiers municipaux opérationnels à Grenoble. À partir de 2027, nous embaucherons 50 policiers par an pour avoir un effectif de 200 au total qui permettra d'avoir une police municipale qui ressemblera à ce qui se passe dans toutes les autres villes.

RCF Isère : Le logement, c'est aussi une des préoccupations premières des ménages, avec là aussi des coûts qui augmentent. Qu'est-ce que vous souhaitez proposer aux Grenoblois sur cette thématique ? 

Là aussi, c'est un bilan catastrophique, il y a 6 000 logements vides à Grenoble, la moitié dans le logement social, l'autre moitié dans le logement privé. Les politiques conduites aboutissent au fait que plus personne ne veut aller habiter dans des quartiers ghettoïsés et que les propriétaires privés écrasés d'impôts, écrasés de règles, comme le blocage des loyers, ou le permis de louer, ne louent plus leur appartement. Donc il faut à nouveau faire en sorte que les quartiers dans lesquels on atteint jusqu'à 30% de logements sociaux vides soient revalorisés. Ça passe évidemment par le rétablissement de la sécurité, de la propreté, la vente des HLM rénovés aux locataires qui veulent l'acheter de façon à créer des copropriétés qui permettent de revaloriser ces quartiers, et pour la partie des propriétaires de bloquer l'augmentation de la taxe foncière, de supprimer les permis de louer qui bloquent et qui empêchent un certain nombre d'entre eux de louer pour recréer de la fluidité dans le logement.

RCF Isère : La dernière fois que vous étiez maire, vous avez été condamné pour abus de biens sociaux, corruption et subordination de témoins. C'est un argument qui est utilisé par vos adversaires politiques contre vous aussi. Qu'est-ce que vous avez envie de dire aux Grenoblois à ce propos ? 

D'abord que c'est vrai, effectivement. Cela étant, il y a une trentaine d'années de cela. Surtout, ce que je dis aux Grenoblois, c'est que je n'ai jamais été condamné pour un préjudice moral ou financier à l'égard de la ville de Grenoble. Cette demande, qui était celle des partie civiles, qui étaient des partie civiles politisés, a toujours été refusée. Et aujourd'hui, moi, j'ai un passé judiciaire, mais Éric Piolle et l'équipe actuelle ont un présent judiciaire et un avenir judiciaire, puisqu'il y a deux affaires en cours concernant l'équipe actuelle, un soupçon de versement d'argent du maire à sa première adjointe en espèce, et une plainte qui est déposée contre l'actuelle adjointe à la culture.

RCF Isère : RCF est un média chrétien. Ces dernières années, il y a eu des tensions, des débats autour de la laïcité à Grenoble, une montée de l'antisémitisme et de l'islamophobie. Dans ce contexte, comment apaiser le dialogue à Grenoble ? 

Il faut bien sûr maintenir le dialogue entre les religions, il faut maintenir l'apaisement. Et je dirais que cette municipalité, en donnant des signes à l'égard de l'islamisme politique, par exemple, quand Éric Piolle a défendu le burkini dans les piscines municipales, je pense qu'il attise en quelque sorte les conflits entre les communautés. Il soutient des franges extrémistes, parce qu'évidemment, le burkini n'est absolument pas une demande des musulmans, c'est une revendication de l'islamisme politique, pour prendre cet exemple concret. Je pense qu'il faut revenir à une municipalité qui reste respectueuse du civisme que nous devons partager, et de la laïcité qui est notre bien commun. Revenir à un apaisement, et absolument récuser ces tentatives politiciennes, que d'ailleurs Laurence Ruffin ne condamne absolument pas aujourd'hui, et dont elle est donc solidaire. 
 

Retrouvez l'interview complète dans notre podcast : Ici 

Également candidats à Grenoble : Laurence Ruffin tête de liste de Oui Grenoble, candidate de l’union de la gauche ; Alan Brunon de la France Insoumise ; Romain Gentil est le candidat de Place publique, Equinoxe et le Parti radical de gauche; Valentin Gabriac représente le Rassemblement National; Hervé Gerbi Horizon; Thomas Simon est candidat de la liste citoyenne Grenoble Alpes Collectif; Baptiste Anglade du NPA révolutionnaire et Catherine Brun de lutte ouvrière.

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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