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Lozère Gourmande : quand l'artisanat du terroir se mesure et se savoure

Lozère Gourmande : quand l'artisanat du terroir se mesure et se savoure

Un article rédigé par VB - RCF Lozère, le 25 juin 2026 - Modifié le 25 juin 2026
Le reportage de la semaineLozère Gourmande, les meilleurs produits du département, l'intégrale

Boucher charcutier, fromager, confituriers... La Chambre des Métiers et de l'Artisanat de Lozère récompense chaque année ses meilleurs artisans. Rencontre avec trois lauréats du concours Lozère Gourmande.

Lozère Gourmande, un concours qui récompense les meilleurs artisans du département © Frederick HanckeLozère Gourmande, un concours qui récompense les meilleurs artisans du département © Frederick Hancke

En Lozère, tenir un commerce artisanal n'est pas une mince affaire. Les distances sont longues, la clientèle dispersée, le personnel qualifié difficile à trouver. Dans ce contexte, le concours Lozère Gourmande, organisé par la Chambre des Métiers et de l'Artisanat, joue un rôle qui dépasse la simple récompense : il valorise ceux qui s'accrochent, qui innovent, qui transmettent. Cette année, trois artisans primés ont accepté de raconter leur métier et leur engagement.

Paul Faucher : cent ans de boucherie, et toujours l'envie de se surpasser

La maison Faucher, à Marvejols, fêtera l'an prochain son centenaire. Trois générations de bouchers charcutiers traiteurs, bientôt quatre : le fils de Paul doit reprendre l'entreprise en 2027. Une continuité rare, dans un métier où les fermetures se multiplient.

Cette année, Paul Faucher est récompensé pour sa saucisse au roquefort, ses pâtés de campagne, et ses couennes farcies, qu'il décrit comme "un produit de création, amélioré à partir des vieilles habitudes alimentaires des campagnes". L'idée ? Ce morceau de couenne que les anciens glissaient dans la soupe, revisité et élevé au rang de spécialité charcutière.

Présent au concours depuis ses débuts, il ne cache pas ce que la compétition lui apporte. "La concurrence est nécessaire et saine. C'est ce qui nous motive à nous surpasser." Et quand il voit des jeunes s'installer et réussir dans un département où trouver un repreneur tient parfois du miracle : "C'est génial."

Jean-Pierre Julien : l'art de valider l'innovation par le concours

Jean-Pierre Julien dirige Duo Lozère et la SARL Fromagers de Lozère, deux structures fondées respectivement en 2007 et 2012. Cette année, il présente deux nouveautés au concours : un fromage au lait de brebis, de texture proche du pérail, à croûte fleurie ; et un fromage au lait de vache, proche d'un camembert rustique dans sa texture et son goût.

Pour lui, le concours remplit une fonction précieuse : valider de nouveaux produits avant de les lancer pleinement. Les médailles obtenues se traduisent ensuite concrètement : un sticker sur le produit, en vente au Malzieu près de la fromagerie, et des consommateurs qui cherchent précisément les références récompensées. "Chacun peut déguster au stade d'affinage qu'il préfère", précise-t-il.

Il repart également primé pour ses confitures, médaille d'or pour la rhubarbe et les quatre agrumes, ainsi que pour ses biscuits au roquefort et sa pâte de fruits.

Laurent et Catherine Deparpe : la confiture au chaudron, et le goût du risque

Au Massegros, sur le causse des gorges du Tarn, Laurent et Catherine Deparpe ont repris La Sauvagine il y a sept ans. Depuis, une règle simple : toutes les confitures sont fabriquées artisanalement, au chaudron, à la cuillère en bois. Et chaque année, un nouveau produit au concours.

"On aime changer, on aime prendre des risques", explique Catherine. Cette année, pâte de fruits framboise, confiture de châtaigne, framboise et orange amère figurent parmi leurs produits primés. En boutique, les touristes de passage cherchent de plus en plus les références récompensées, et les ventes suivent.

Quant à la compétition entre artisans lozériens ? Laurent en sourit : "On se connaît tous, de toute façon." C'est peut-être là le secret de Lozère Gourmande : moins une compétition qu'une communauté. Celle d'artisans qui partagent un même territoire difficile, un même attachement au geste juste, et la conviction que bien faire — ici, maintenant, avec ce que la Lozère offre — vaut la peine.

Le reportage de la semaine © RCF Maguelone Hérault
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le reportage de la semaine
Le reportage de la semaine © RCF Maguelone Hérault
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